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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 09:34

Techouva de Caïn

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/la_teshouva_de_cain/cours_1

Face A

Parce que Caïn ayant pris conscience qu’il y a une morale, que « yesh din ve yesh dayan » - il y a une loi morale et il y a un juge, alors il est affolé et il pense à ce qu’on appelle la justice immanente, c’est-à-dire la vengeance naturelle de la justice qui fonctionnerait comme une loi de la nature.

 

Il y a une Souguiah très célébre dans le Talmud de Jérusalem dans Massekhet Yoma

[Yerushalmi Makot 2 :6] :

שאלו לחכמה חוטא מהו עונשו אמרו להם חטאים תרדף רעה שאלו לנבואה חוטא מהו עונשו אמרה להן הנפש החוטאת היא תמות שאלו לקודשא בריך הוא חוטא מהו עונשו אמר להן יעשו תשובה ויתכפר לו.

 

On a demande à la Sagesse ‘Hokhmah : « celui qui a fauté quel sera son statut ? »

La Sagesse leur a répondu : « le mal engendre le mal, il rencontrera le malheur » (Proverbes 13:21) : midah kenegued midah…

 

On a demandé à la Névouah – la prophétie : « Hanefesh ha’hoté mah dino ? »

« celui qui fauté quel est son statut ? »

La prophétie a répondu par un verset dont le Pshat est relié à notre contexte : « la personne qui a fauté mourra » (Yechezkel 18:4):

On ne peut tricher avec la prophétie, on ne peut pas ruser ni rien cacher, elle répond : la mort du Nefesh. C’est une nuance pour la Kaballe, il ne s’agit pas de toute l’âme !

 

Ensuite on a demandé à la Torah :

« celui qui fauté quel est son jugement ? »

« qu’il apporte un sacrifice korban et il sera expié ».

Il y a déjà un ‘hidoush par rapport à la Névoua et par rapport à la ‘Hokhmah.

 

On a demande à Dieu: ‘hoté mah dino ?

« celui qui fauté quel est son jugement ? »

Et Il répond : « Qu’il se repente et il sera expié ».

 

Voilà les 4 niveau du problème, et on voit bien que Caïn est aux prises avec le 1er niveau :

Et il dit [4:14]: וְהָיָה כָל-מֹצְאִי, יַהַרְגֵנִי

« s’il en est ainsi quiconque me trouvera me tueras. »

La vengeance de la justice immanente : « l’oeil était dans la tombe » ...etc.

 

C’est toute cette sensiblité-là qui va être évacuée par la suite du récit et surtout par notre Midrash.

 

Donc Dieu va donner à Caïn un sursis qui est signalé påar le verset suivant, le verset 15, et celui-ci est signalé par un signe que Dieu met sur le front de Caïn.

Et d’après le Midrash ce signe est le mot de Emet.

C’est dire que l’objet du sursis c’est que le temps de l’histoire, auquel Caïn sera donné, fera la preuve si Caïn a été assassin ou autre chose. Peut-être était–il justicier ? C’est un autre problème...

 

Et alors il faut que cela soit mis en jeu dans une histoire. A la fin de cette histoire, toujours, 7 générations c’est un temps d’histoire, il y aura un jugement dernier qui révèlera si à l’origine Cain était vraiment coupable où Shogueg - irresponsable.

 

Et finalement on apprend à la fin du sursis, à la 7ème génération que le dernier descendant des 7 générations, Touval-Caïn - en grec c’est Vulcain le forgeron dans la mythologie grecque – devient le 1er fabricant des armes : il fabrique la première arme qui était le 1er arc et ses flêches.

 

L’histoire racontée par le Midrash raconte que la première flêche tirée par Touval-Caïn est arrivée sur le front de Caïn effaçant la lettre Alef du mot de Emet : il est donc resté Met et il en est mort.

 

Cela veut dire que la 1ère arme a tué le 1er assassin. Cela montre que Caïn était en fin de compte coupable puisque la génération qu’il fonde va aboutir à la société guerrière et vendeuse d’armes.

C’est très inquiétant pour la société contemporaine. Elle est fondée sur la suppression du frère : cf. le mythe romain de Romus tuant Rémulus... allant jusqu’à Marcel Dassault.

 

A Caïn est donné un sursis, il est protégé, et voici notre verset [4:16] :

וַיֵּצֵא קַיִן, מִלִּפְנֵי יְהוָה; וַיֵּשֶׁב בְּאֶרֶץ-נוֹד, קִדְמַת-עֵדֶן

Vayetse Kayin milifney Adonay vayeshev be'erets-Nod kid'mat-Eden.

 

Vayetsé Qaïn milifné Hashem.

Et Caïn sorti de devant Hashem.

Toute l’exégèse du Midrash va porter là-dessus.

Un des commentateurs de Midrash va dire : que signifie que Caïn soit sorti de devant HM ?

Y avait-il un temple où Dieu se révèle ? Et que Caïn a quitté le Temple ?

Etaient-ils dans un Maqom ou un Bayit Pratit une maison particulière dans laquelle ils se seraient rencontrés ? Est-ce que Dieu lui parle du Ciel ? Et alors que signifie qu’il sortit de devant Dieu?...

 

Alors retenez les trois mots

וַיֵּצֵא קַיִן, מִלִּפְנֵי יְהוָה

Vayetsé Qaïn milifné Hashem 
Et Caïn sortit de devant Hashem.

 

Le nom employé par la Torah pour désigner Dieu dans ce contexte c’est Hashem et non Elohim, nous y reviendrons.

 

וַיֵּשֶׁב בְּאֶרֶץ-נוֹד, קִדְמַת-עֵדֶן

vayeshev be'erets-Nod kid'mat-Eden

Et il séjourna à Erets Nod à l’est d’Eden

 

Il y a sur ces deux mots-là un cours entier. Erets Nod – Nod c’est Nad – Erets Nod cela veut dire la terre des nomades. Et voyez la contradiction des termes : Vayeshev béErets Nod : séjourner et nomades. C’est très fort en hébreu.

 

קִדְמַת-עֵדֶן

Qidmat Eden

Certains traduisent  A l’est d’Eden .
D’autres traduisent: Dans l’antérieur, ce qu’il y avait avant Eden.

 

Quoiqu’il en soit c’est là où se trouvait Adam harishon par les récits précédents.

Le Midrash va apprendre de ce verset que Caïn a fait Teshouvah.

 

Midrash :

« D’où est-il sorti ? »

Rabbi Youdan au nom de Rabi Abou Amar 1er enseignement :

Yfshil dvarim laa’hora veyatsa

Yfshil signifie : suspendre, décrocher.

Nous avons une autre Guirsa, une autre recension du terme Yifshil

Midrash Vayiqra Rabba Parshat 10 « Yifshil begadil na’hor » et cela voudrait dire « il s’est déguisé »

il a rejetté des paroles derrière lui, il a fait fait de ce qu’il avait entendu de Dieu…

veyatsa

et il est sorti de devant Dieu

 

Comme quelqu’un qui ruse devant la volonté supérieure de Dieu - littéralement cela veut dire : comme quelqu’un qui vole la confiance de celui devant qui il était. Le verbe signifie ici tromper quelqu’un – lui voler sa confiance.

 

Cela veut dire qu’en réalité, il aurait dû accepté le statut du nomade et de l’exilé comme sanction, et la Gmara de Yoma va beaucoup insister sur le fait que l’exil comme sanction, c’est la sanction de la faute de Caïn à l’origine. C’est-à-dire par exemple Sinat ‘hinan – la haine gratuite - le fait de ne pas supporter l’autre uniquement parce qu’il est l’autre.

(Ne mettez aucune implication, ni morale ni politique dans cet enseignement parce que chaque chose s’explique dans son propre contexte.)

 

Pour le dire sous une autre forme : On pourrait expliquer le plaidoyer et l‘aveu de Caïn de la manière suivante : Comment Caïn plaide-t’il pour lui-même ? On l’accuse d’être assassin et il répond : ani lo rotséa’h – je ne suis pas un assassin  lu en deux mots ani lo rotsé a’h = je ne veux pas de frère ! Il avoue finalement sa faute…

 

[Pour la 1ère faute quelque chose d’analogue, c’est que le grand désordre Balagan qu’il y a dans le monde a commencé avec le 1er homme Ba La Gan : dès qu’il est entré dans le jardin Ba LaGan, il y a eu le Balagan. Celan nous donne un exemple du Lashon Haqodesh qui est une langue pleine d’humour. J’ai appris de mon maitre que Rou’ah haqodesh cela veut dire humour. La langue française a senti quelque chose de ce genre : l’humour ils appelent cela l’esprit. Les Grecs appellaient cela le sel…]

 

Voilà donc la 1ère explication du Midrash :

Que signifie qu’il est sorti de devant Dieu ? Cela veut dire qu’il a coupé les ponts.

Dieu lui a dit : tu vas être exilé et ce sera la sanction de ta faute. L’exil est la sanction de la Sinat ‘Hinan.

 

Du point de vue de l’enseignement du Talmud on a cherché quel a été la faute d’Israël au temps du 2ème temple, et on n’a pas toruvé : ni idolâtrie, ni meurtre, ni débauche comme au temps du 1er temple détruit à cause des trois fautes fondamentales. Tout le temps de la prophétie, les Prophètes tonnent contre cela. Il semble qu’on soit un peu revenu au temps de la prophétie !

On arrive au temps des Tannaïm du Talmud et tout cela a disparu, il y avait des Tsadikim  mais sans amour entre eux. Donc l’exil a commencé.

Nous sommes soumis à une épreuve typique dans la société juive.

On raccroche au temps du 2ème temple et il est donc normal qu’on hérite des dossiers qu’il faut arriver à résoudre...

 

Retour au Midrash :

וַיֵּצֵא קַיִן, מִלִּפְנֵי יְהוָה; וַיֵּשֶׁב בְּאֶרֶץ-נוֹד, קִדְמַת-עֵדֶן

vayeshev be'erets-Nod kid'mat-Eden.

 

Première  thèse: il a coupé les ponts et a fait le contraire de ce que Dieu lui demandait.

 

2ème enseignement :

Rabi Eleazar au nom de Rabi Shimon : yatsa ké mafriss vé-iméramé béBoro

Il y a plusieurs midrashim sur ces termes Mafriiss et méramé…

Je vous cite un des Méfarshim rincpaux qui dit ceci : il est sorti à grandes enjambées (mafriss - comme mafriss parsa) comme un marcheur (le juif errant…).  

Vé himramé : et comme rusant- trompant béBoro son Créateur : il ne va pas faire ce qu’il devrait faire mais il va faire comme si... et il s’en va pour réaliser le « tu seras errant » mais il le fait en ruse et ne se considère pas du tout comme exilé : il fait semblant et s’installe dans l’exil !

On a là une préfiguration extraordinaire du juif errant.

 

3ème enseignement :

Au nom de Rabi Yits’haq : Yatsa saméa’h : il est sorti de cet entretien Samea’h heureux, très en joie. il sort d’une entrevue avec Hashem alors il ne peut qu’être Samea’h. A charge d’expliquer ce qu’il y a dans cette joie : la Teshouvah est possible ! 

 

Ce 3ème piroush est très ‘Hassid : s’il était vraiment Lifney Hashem il ne peut qu’être Samea’h ! S’il était Lifney Elohim on peut comprendre la panique... C’est la Midat HaDin, le fonctionnement sourd et aveugle des lois du déterminisme impitoyable...

Devant Elohim c’est la panique décrite précédemment. Mais pas Lifney Hashem devant Celui qui est Dieu. Devant Dieu comme Père du monde - c’est ce que signifie le terme de Créateur  - alors c’est la Sim’ha. Devant Dieu en tant que Juge du monde - Elohim - alors là c’est la crainte.

 

En termes de sensibilité hébraïque il ne faut pas oublier que c’est le Père qui est le Juge ! Dès qu’on s’en aperçoit, la Sim’ha revient…

 

C’est très ‘Hassid, lorsque le ‘Hassid dit « Ribono Shel Olam » on entend « Papa ! ».

Quand le Mitnagued le dit, « RRRibono shel Olam » ce n’est pas le cas, on entend « oï vavoï !»

 

D’après un verset où Dieu parle à Moïse de Aharon :

Après l’épisode du buisson ardent où Dieu lui indique la venue de son frère suite à son refus pour cause de pas savoir parler... et même qu’il est heureux de te rencontrer.

הִנֵּה-הוּא יֹצֵא לִקְרָאתֶךָ, וְרָאֲךָ וְשָׂמַח בְּלִבּוֹ

Shemot 4 :14 « Il te verra et il sera heureux en son coeur »

Aaron était le grand-prêtre. Le jour où cela arrivera que le grand rabbin rencontre Herzl et sera heureux en son cœur…

 

3ème enseignement : Il est sorti Samea’h (joyeux).

 

Parenthèse : on étudie cela dans le Zohar, ainsi que dans le Shla’h de façon plus simple, que Moïse et Aharon sont le Guilgoul de Hevel et Qaïn.

Alors cette rencontre entre Moïse et Aharon va être le Tiqoun, la rédemption  pour Hevel et Qaïn et cette fois sans Sinat ‘Hinane : Qaïn reconnait que c’est Hevel qui est le berger. 

Qaïn était l’ainé et Hevel était le cadet comme Mosheh était le cadet.

Le Tiqoun c’est que l’ainé reconnait que le vrai ainé c’est le cadet.

 

Le Zohar en parlant du problème entre Jacob et Esäu, Jacob étant le véritable 1er né, explique que le vrai Békhor c’est celui qui reconnait qu’il y a quelqu’un au-dessus de lui. Celui qui se prend pour le Békhor n’est pas le vrai Békhor : Essav s’est pris au sérieux en se croyant le 1er par manque d’humour : Réshit Goyim Amalek…

 

En réalité le vrai Békhor (aîné) c’est celui qui sait que quelqu’un est devant lui. 

Le Zohar l’explique à sa manière ainsi: Bet 2 Kaf  20 Resh 200 Bekhor est le second en tout  et sait qu’il y a quelqu’un avant lui: Alef-Youd-Qouf.

 

Le véritable Békhor c’est Jacob, cela se dévoile à la sortie d’Egypte avec le verset [Ex. 4:22]:

בְּנִי בְכֹרִי יִשְׂרָאֵל Béni békhori Israël dit à la sortie d’Egypte.

Le Midrash explique et cela est repris par le Zohar à sa manière que on saura que c’était Jacob et pas Esaü qui était vraiment l’ainé, à la sortie d’Egypte lorsque Dieu parle à Pharaon : « pas ton premier né mais Mon 1er né... »

 

L’Egypte a incarné la tendance de civilisation de Caïn : Rappelez vous la différence des offrandes. Relisez ce que dit la fin de la Génèse à propos de la civilisation égyptienne : on y apprend que les prêtres possédaient la terre : Pharaon possédait toute la terre sauf Admat Hakohanim alors que la Torah va révéler une législation opposée à cela. Dafka, le Kohen est celui qui ne possède pas la terre, il est le berger. C’est au bilan de la civilisation caïnique que se révèle que le véritable 1er né c’est Jacob, c’est à dire Israël. בְּנִי בְכֹרִי יִשְׂרָאֵל

 

Aharon rencontre Moïse et est Samea’h (joyeux).

Le Midrash ne joue pas sur des analogies formelles de mots analogues mais suit un enseignement très important. Puisque Hashem lui a parlé alors il sait que le repentir est possible, et alors il est heureux.

 

Dès que l’homme reconnait que son Créateur c’est Hashem qui est Elohim alors la rencontre avec le Créateur Hashem ne peut pas ne pas être dans la joie. Sinon il rencontre Dieu Elohim à travers le masque de la nature et la nature c’est le déterminisme impitoyable : il n’y a pas de Teshouvah possible et c’est la panique de la tragédie décrite précédemment .

 

« Il rencontra Adam harishon » alors que Caïn est en joie.

Il lui demande : Mah naassa bé dinkha ? qu’est-ce qui a été fait dans ton jugement ?

 

Nous avons là deux problémes remarquables :
- la faute de Adam c’est la faute par rapport à Dieu Bein Adam lamaqom,
- la faute de Qaïn c’est la faute par rapport à l’autre créature Bein Adam la’havero .

 

Jusque-là Adam n’envisage pas l’enventualité du repentir possible :

Amar lo - Il lui a dit : « Assiti Tshouvah - j’ai fait teshouvah – véniparshati ».

On retrouve le mot de pshkhah – compromis. Je vous signale qu’il y a certaines recensions du Midrash où il y a véparshti en place de véniparshati, mais cela reste forme la plus courante.

(Les Mefarshim, en particulier rashi explique l’auitre Guirsa).

 

On s’arrête ici un peu : Que signife Pshakha par rapport à la Teshouvah ?

La réponse la plus simple : Avec la Midat HaDin il n’y a pas de Psakhah compromis possible. La Psharah est possible devant Haqadosh BaroukhHou.

 

L’homme dans son éveil à la conscience de soi, cherchant à se connaitre dans son monde, se connait dans un monde déterminé. S’il n’y a pas de révélation alors, en particulier pour notre problème, il se connait dans la solitude et se connait dans la perdition. Pourquoi y-a-t’il un drame ? C’est parce que l’homme n’es pas un être de nature. S’il l’était, l’homme ne serait pas du tout préoccupé par le remord ou autre chose. Il n’y aurait pas de tragédie s’il était un être de nature.

Mais voilà qu’il a une conscience d’être mixte, pas que nature, et qu’il prend conscience de son monde comme étant la nature. Et alors il peut être croyant, à la manière déiste ou théiste, mais le visage de Dieu est un Dieu surnaturel mais se définissant par rapport à la nature (Elohim), c’est à dire que la Teshouvah n’y est pas possible. Il faut que Hashem se dévoile à lui comme Hashem pour que se dévoile que la Teshouvah soit possible

 

Il apparait dans ce Midrash que Adam n’avait pas encore pu réaliser cela, que son Créateur c’est Hashem qui est Elohim. Il y a quand même une différence énomrme ddans les versets qui indique la conséquence de la faute chez Adam et chez Qaïn :

 

Bereshit 3:24

וַיְגָרֶשׁ, אֶת-הָאָדָם

Vayegaresh et-ha'Adam

Adam a eté expulsé.

(littéralement « divorcé », comme si Dieu lui a avait donné un Guet : c’est fini !)

 

D’après cette expérience de séparation il n’y a pas l’éventualité d’un retour repentir possible.

Il est en dehors. Tandis que le privilège de Caïn c’est que Hashem s’est révélé à lui. Alors il sait que c’est Hashem qui est derrière Elohim ; et par conséquent il a en fin de compte effectué la Teshouvah. On l’apprend du terme Vayeshev.

 

Tout ce qu’on a vu des enseignements précédents se récapitule : c’est précisément parce qu’il a accepté d’être l’habitant de Erets Nod qu’il a pu faire Téshouvah et que sa Teshouvah a été accepté et alors Vayashev Beerets Nod...

 

On retrouve un verset très analogue concernant Jacob : Vayeshev Yaaqov Beerets Megourei Aviv .

C’est très parallèle.

 

[Je voudrais vous citer ici, une expression de Lacan qui est très connu d’ailleurs mais qui va directement dans ce sujet.

 

Vous avez compris que l’histoire de Cain et Abel est rejouée dans l’équation Jacob-Esaü. Or c’est Jacob qui est le véritable aîné qui, en plus, va prendre sur lui la pérégrination de l’exil comme disent les traducteurs.

 

Lacan était marié avec une juive et à travers laquelle il a connu des Juifs dont un en particulier, Emmanuel Raïs, grand érudit, spécialiste entre autres de littérature russe, élève de Jacob Gordin za’l. C’est lui qui donnait à Lacan les enseignements du Midrash dont Lacan avait besoin pour son enseignement du structuralisme de linguisitique freudienne.

 

Son grand thème c’était le nom du père : qui porte le nom du père ? En termes bibliques c’est « par qui passera la Brakhah ? » Est-ce Jacob ou Esaü ? Il avait écrit cela à la manière du Midrash : « le nom dupe erre ». Celui qui n’est pas dupe sera errant - Le nom dupe erre. ]

 

Caïn va révéler à Adam harishone que la Teshouvah est possible : la formule du Midrash est très ramassée : Assiti tshouvah véniparshati.

 

On s’attendrait à azarti bitsouvah dans son expression contemporaine.

Il y a de nouveau un Pshat très important qu’on pourrait trouver dans un exemple :

Veshamerou Bnei Israel et hashabat laassot et ha shabat.

Si Israël observe le shabat alors le shabat est fait (dans le monde).

C’est passé dans le langage courant Laassot shabat - Faire shabat.

 

Cela vient du Zohar  entendu d’un ’Hidoush du rabbi Elimelekh : si Israël observe le Shabat alors il fait le Shabat : S’il observe le Shabat de l’homme il fait le Shabat entre Dieu et le monde.

Explication :

Lorsque commence l’histoire humaine c’est Shabat pour le Créateur : Dieu s’interdit d’intervenir dans l’histoire du monde sauf dans le cas de la nécessité d’intervention providentielle et on l’appelle le miracle, pour que l’histoire de l’homme puisse être libre il faut qu’elle soit protégée par le Shabat du Créateur. Or, le contrat du Shabat entre Dieu et l’homme dépend du Shabat de l’homme.

Vous voyez donc ce que signifie Assiti dans notre Midrash.

 

Veshamerou Bnei Israel et hashabat laassot et ha shabat.

Si Israël observe le shabat, alors le Shabat est fait entre Dieu et le monde.

C’est Shabat pour Dieu dans le monde et donc les lois du monde sont garanties.

Si Israël n’observe pas le Shabat alors les lois de la nature ne sont plus garanties. C’est la notion très  importante qui ne se trouve tel quel que dans la mentalité hébraïque - la notion de Hefqer intraduisible - abandonné – sans propriétaire : le monde devient Hefqer et il y a divorce entre l’ordre des lois de la nature et l’ordre des lois morales. C’est cela Hefker. Cela veut dire qu’il n’y a pas Shabat et que le monde ne tient pas compte de l’ordre du mérite.

 

La protection de la liberté humaine à travers les lois de la nature qui est le Shabat du Créateur dépend du Shabat d’Israël.

 

Il y a là une notion mystique : le fonctionnement de l’ordre naturel dépend de l’ordre moral ?

Pour la culture occidentale c’est de la mystique : c’est une évidence qui a disparu de la mentalité occidentale. Mais c’est l’évidence hébraïque monothéiste de base « Hashem Hou Elohim » c’est-à-dire que c’est la même souveraineté qui garantie l’ordre moral et l’ordre naturel.

 

Et pour arriver à avoir une notion de base du monothéisme hébreu, il faut premièrement recupérer cette évidence-là. Bien que ce soit pas évident, expérimental, c’est pour cela qu’on parlera de mystique, il y a une évidence de base qui a disparu de la mentalité moderne, que les Grecs anciens avaient d’ailleurs et que toutes civilisations avaient, c’est que l’ordre naturel, par rapport au sort de l’homme, dépend de l’ordre moral. 

 

Je pourrais en parler longtemps. Puisque j’ai cité Jacob Gordin, une des premières rencontres avec lui après guerre, il nous disait cela et utilisait des formules frappantes sur la guerre d’Espagne, cette guerre expérimentale des guerres à venir : « plus les Juifs mangent cachère et moins le sang est versé dans le monde ». Il nous donnait des exemples à propos de la guerre d’Espagne.

« Plus il y a de vertu, plus les fleurs ont de parfum et plus les étoiles sont belles… »

On dirait de la mystique de la poésie mais c’est cela « Hashem Hou Elohim » : il y a un lien entre l’ordre du mérite moral et l’être de la nature.

 

J’ai retrouvé par la suite chez le Rav Kook énormément d’enseignements qui vont dans ce sens.

Lorsqu’il est dit « VéHaolam hitbassem - Et le monde se parfumera », mais il faut voir ce qu’il y a derrière d’après les sources.

On a bien l’impression que ce que nous appelons la nature est dénaturée elle-même. Les roses n’ont plus de parfum en dehors de celle des serres et des roseraies.... Les fruits n’ont plus de goût... etc.

 

A l’époque j’aurais hésité à employer le terme ‘mystique’ qui se réfère à la catégorie grecque complétement opposée à l’atmosphère hébraïque, mais pour l’occidental le présentiment du monothéisme a été occulté, et lorsque cela revient c’est entendu comme étant de la mystique.

 

On retrouve cela essentiellement dans le Qriat Shéma:

« et il arrivera si vous observez mes commandements, Je donnerai la pluie en son temps »

En son temps ! c’est-à-dire la Brakhah. C’est un thème très important davar béito mah tov dans le texte du 1er Psaume.

 

Lorsqu’un arbre donne sa récolte mais pas en son temps, c’est Hefqer, ‘Hinane. C’est pour rien.

Dans la vie humaine vous savez à quel point tout ces « ‘Has veShalom » qui arrivent  parce que les choses n’arrivent pas en leur temps. Quand il est là elle n’est pas là quand elle est là il n’est pas là... et c’est toute l’histoire d’Israël et de la Shekhinah.

 

« Et alors le 1er homme demanda : « ainsi est la force de la Téshouvah et moi je ne le savais pas !? »

 

La découverte de Adam harishone que la Teshouvah est possible. Découverte à travers l’expérience de Caïn !  Des Aggadot du Talmud tentent de définir le profil culturel ou de civilisation de Adam harishone. L’un d’eux dit que Adam était saduccéen. C’est précisément l’attitude qui perçoit la divinité à la manière du philosophe. A travers l’ordre des lois de la nature. Ici découvrant que la Teshouvah est possible (ou bien à la limite que la prière est possible, parce qu’on ne prie pas à la nature impersonnelle, on fait semblant) alors il devient Juif, normal, pharisien, orthodoxe.

Avant cette expérience, il était croyant à la manière grecque. (allusion à Leibovitch).

La Guemara a déjà diagnostiqué cela.

Quant il voit Caïn (qui est ici très loin du Caïn de Victo Hugo ou des romantiques, qui sont des tragiques parce que stoïciens, avec la poésie romantique. Les stoïciens avaient la philosophie stoïcienne et c’est la rencontre entre l’esprit grecque et la mentalité chrétienne qui nous donne ce romantisme : l’oeil était dans la tombe... le remord éternel).

 

Alors Adam harishone se lève et dit Mizmor shir yom hashabat... Il dit le Psaume du Shabat

Quel est le rapport?

Amar rabi Lévi :

.../... 

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Teshouvah de Caïn - suite & fin 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/la_teshouva_de_cain/cours_1

Face B

 

.../...

« Moïse est venu et l’a renouvellé en son nom Mizmor shir leyon hashabat legomer »

Où Moïse l’a t’il renouvellé ?

Je vous donne le verset, c’est dans le Psaume 90 au verset 2 :

תְּפִלָּה, לְמֹשֶׁה אִישׁ-הָאֱלֹהִים:
אֲדֹנָי--מָעוֹן אַתָּה, הָיִיתָ לָּנוּ;    בְּדֹר וָדֹר

Tefilah lemosheh ish haElohim Adonaï Mâon atah hayita lanou bédor vador

Prière de Moché, homme de D.ieu. Adonaï, tu as été notre abri de génération en génération

בְּטֶרֶם, הָרִים יֻלָּדוּ

Bétérem Harim youladou

Avant même que les montagnes ne fussent enfantées,

Cela veut dire avant la création du monde, cela se référe à un autre Midrash qui dit que la dernière chose que Hashem a crée avant de créer le monde c’est la Teshouvah

Pour que le monde commence à fonctionner il faut qu’il y ait un préalable d’assurer : il faut que la teshouvah soit possible. Le Midrash cite ce verset pour dire : même la teshouvah fut créér avant que le monde ne soit créé :

בְּטֶרֶם, הָרִים יֻלָּדוּ--    וַתְּחוֹלֵל אֶרֶץ וְתֵבֵל;
וּמֵעוֹלָם עַד-עוֹלָם,    אַתָּה אֵל

Avant même que les montagnes ne fussent enfantées, et que la terre et le monde soit en gésine, de monde en monde Tu es D.ieu.

תָּשֵׁב אֱנוֹשׁ, עַד-דַּכָּא;    וַתֹּאמֶר, שׁוּבוּ בְנֵי-אָדָם

Tu installes (tashev) l’homme (enosh) jusqu’au désespoir (ad daka) et Tu dis shouvou revenez fils de l’homme »

 

Voilà le verset sur lequel se base notre Midrash pour dire que la Teshouvah est prévue avant même que l’histoire du monde ne commence.

 

Or c’est dans le Psaume qui commence par תְּפִלָּה, לְמֹשֶׁה אִישׁ-הָאֱלֹהִים: Tefilah leMosheh ish haElohim.

Déjà le 1er homme a eu cette expérience que la Teshouvah est possible, il a dit :

מִזְמוֹר שִׁיר, לְיוֹם הַשַּׁבָּת

טוֹב, לְהֹדוֹת לַיהוָה

 Mizmor shir leyom hashabat – la fin du verset tov lehodot lashem – habituellement traduit par « Il est bon de louer le Seigneur » (Ps. 92). Le Midrash lit tov lehodot lashem: Il est bon de reconnaitre (ses fautes) devant Hashem car devant Elohim il n’y a pas de Teshouvah. Le verbe Léhidvadot signifie soit reconnaitre, soit avoir de la reconnaissance, soit reconnaitre Vidouï..

C’est ainsi que le Pirqey de Rabbi Eliezer lit ce verset.

 

Voilà donc pourquoi notre Midrash avait dit que Adam harishone découvrant la Teshouvah dit Mizmor shir leyom hashabat:

C’est relié au Shabat parce que précisément le monde étant en état de Shabat on croit que la Teshouvah n’est pas possible car le monde en état de Shabat fonctionne comme l’état de nature. Alors Dafka précisément leyom hashabat tov lehodot lashem : si je découvre que Hashem est Elohim alors la Teshouvah est possible, donc il convient de louer Hashem et non pas Elohim si j’ose dire. Et qui dit cela ? Mosheh ish haElohim !

 

Cela veut dire que c’est Mosheh qui va transmettre la Torah, et il le fait parce qu’il sait que la Teshouvah est possible. Sinon il ne transmettrait par la Torah.

Cf. le Midrash qui explique que Dieu avait proposé la Torah à toutes les nations qui ont toutes refusé. Elles ont eu peur qu’à la moindre faute à laquelle les conduirait leur penchant elles seraient perdues parce qu’elles n’avaient pas cette éventualité de la Teshouvah. (Elles ne parlaient pas hébreu sof sof). Mosheh transmet la Torah c’est-à-dire l’enseignement que la Teshouvah est possible.

 

De Adam harishon jusqu’à Mosheh Rabénou on avait oublié ce Psaume nous dit notre premier  Midrash. Et c’est Mosheh qui l’a restitué. Les commentateurs de ce Midrash nous disent :

Est venu Mosheh ...

Mizmor shir leyom hashabat » ce n’est pas Tefilah lemosheh ish haElohim mais c’est un autre Mizmor qui ne parle pas apparemment de la Téshouvah sauf dès qu’on a entendu Pirkey de rabbi Eliezer : Tov léhodot Lashem…

Et si vous prenez Mizmor shir leyom hashabat  vous avez en Rashé Tévot = léMosheh

C’est cels qu’indique la fin du Midrash : L’enseignement sera donné par Moïse.

 

 

Pour terminer je vais vous lire comment la Bible du Rabbinat traduit notre verset du Psaume 90:20

« Tu amènes l’homme jusqu’au désespoir

Rashi, comme Ibn Ezra, explique : par les Yissourim (ce sont les Issourim du remords) qui nous mènent jusqu’au désespoir et là :   וַתֹּאמֶר, שׁוּבוּ בְנֵי-אָדָםil dit : revenez fils de l’homme.

Et là « Tu dis revenez en repentir... »

 

Parce que je l’ai dit la semaine dernière et je le répète :

On confond souvent les 2 conduites du remords et du repentir. Le remords peut mener au repentir mais il en est tout le contraire car il est le signe que l’on est encore malade de cette maladie, c’est le symptôme. Le repentir c’est la guérison de cette maladie. Le repentir me guérit d’avoir fauté, alors que le remord est la maladie d’avoir fauté.

 

Ps. 90:3 :

תָּשֵׁב אֱנוֹשׁ, עַד-דַּכָּא;    וַתֹּאמֶר, שׁוּבוּ בְנֵי-אָדָם

Tu ramènes toi-même les hommes jusqu’à la limite et à force de ne plus supporter les yissourim ils se repentent… Ce sont finalement les Issourim qui permettent le repentir.

 

On peut aussi le dire de façon positive : Tant qu’il n’y a pas eu cette expérience de la conscience malheureuse, alors la conversion de la conscience ne peut pas arriver. En d’autres termes, Professeur Baruch,quelqu’un qui ne sait pas qu’il est malade on ne peut rien pour lui.

 

PS. 90:1

תְּפִלָּה, לְמֹשֶׁה אִישׁ-הָאֱלֹהִים

אֲדֹנָי--מָעוֹן אַתָּה, הָיִיתָ לָּנוּ;    בְּדֹר וָדֹר

Prière de Moïse homme de Dieu,

Seigneur tu as été notre abri d’âge en âge.

Avant que les montagnes fussent nées, avant que la terre et le ciel fussent créés

De toute éternité Tu as été le Dieu puissant...

 

Verset 3 cela se complique.

« Tu amènes l’homme jusqu’au désespoir (Cf. Rashi et Ibn Ezra : le désespoir des yissourim de la conséquence de la faute)

Tu réduis le faible mortel ad daka ‘en poussière’ (Il s’agit d’une autre texte)

Puis tu dis « rentrez dans la terre fils de l’homme »

Regardez copmment c’est traduit dans la Bible du rabbinat ! Le traducteur sans doute un peu inquiet donne  une note de renvoi à Ibn Ezra. Effectivement Ibn Ezra lit comme cela.

 

Ibn Ezra explique :

tu mènes l’homme jusqu’au désespoir de revenir à la poussière et tu lui dit Shouvou benei Adam dans la poussière.

Quel est le verset ? C’est un verset précédent dans Bereshit. Bereshit 3:19 Ce qui a été dit au premier home:

Ki MéAfar Loukarta VéAl Afar Tashouv .

Car tu as été pris de la poussière et tu retourneras à la poussière.

 

Ibn Ezra nous fait lire un Pshat très dure qui n’est pas le Pshat de Rashi dont la 1ère partie est parallèle. Rashi nous dit : Tu amènes l’homme jusqu’au désespoir (« je ne suis que poussière ») et tu lui dis : shouvou bnei Adam repentez-vous fils de l’homme

 

Je vais vous le lire dans un Pshat autre qui rend compte de la lecture de Rashi tout en expliquant pourquoi Ibn Ezra a dit le Pshat qu’il a dit [Gn. 3:19]:

 

Ki MéAfar Loukarta VéAl Afar Tashouv.

Car tu es pris de la poussièrre et à la poussière tu retourneras.

 

Rashi nous le fait lire autrement « Car tu a été pris de la poussière, et poussière… repens-toi ! »

Vé Al Afar, Dieu préserve, Tashouv !

Le risque c’est que si tu fonctionne comme un être de nature, tu as été pris de la poussières et tu retrouneras à la poussière. Donc ne fais pas cela : dès que tu vas arriver à Ad Daka, Tashouv ! Repens-toi. Et surtout ne retournes pas à la poussière.

 

On voit la dialectique entre les deux. Je ne comprends pas pourquoi la Bible du Rabbinat a choisi une lecture de ce type alors qu’elle avait Rashi à sa disposition. Et que c’est vraimeent l’invitation au repentir : C’est très visible avec les Taamim dans le verset, il y a une suspension ve al afar, tashouv, tu reviendras : on entend Tashouv : il vaut mieux faire Téshouvah.

Fin.

 

 ***

 

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PENSÉE JUIVE
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