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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 12:39

La techouva série 1980


http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/la_teshouva_serie_1980/cours_3

Face A


Et alors deuxième remarque qui apparemment est dans un tout autre chapitre, mais vous verrez à la fin du cours comment c’est relié et comment le lien entre les deux deux peut nous donner une réponse. D’autre part, j’ai aussi remarqué que tous les systèmes de philosophie font le black-out sur un problème que j’appelerais la finalité du temps. Le temps, la durée, à quoi cela sert-il ? Que signifie le fait que notre manière d’exister soit d’exister à travers la durée, à travers le temps ? Une chose existe dans l’espace ; ma personne, ma personne en tant que conscience existe dans la durée. Alors que signifie ce fait-là ? Un seul philosophe à ma connaissance qui a vraiment posé le problème, c’est Bergson. Mais je ne veux pas parler de Bergson aujourd’hui, cela nous prendrait trop de temps, sauf peut-être en passant. Je ne pense pas que ce soit par hasard que Bergson soit d’origine juive. Il y a ici le génie hébraïque qui se laisse entendre par rapport au génie grec. Le génie grec a été fasciné par l’espace, alors que le génie hébraïque a été fasciné par le temps.

Qu’est-ce qu’exister pour l’homme ?

 

C’est exister un instant de plus, exister encore... Vivre c’est survivre. Exister c’est exister encore. C’est exister dans la durée. J’existe le temps que j’existe. La manière d’exister du fait humain c’est d’exister dans la durée. J’existe en tant que je dure. Tout le souci de l’existence pour l’homme c’est d’exister un instant de plus, encore...

 

Alors quelle est la signification de cela, dans le sens quel est la finalité du temps humain ? Quel est la finalité du fait que ma manière d’exister c’est d’être en destinée historique ? d’être objet, sujet d’une histoire ? Ce qu’on appelle une destinée, que j’ai un but auquel je tends ?

Par exemple le stoïcisme dira : le but auquel tu tends n’existe pas, c’est d’un absurdre absolu parce que quand on est mort c’est fini. Il n’y a pas de but. Il y a tout  simplement une dimension provisoire de durée à vivre de la manière la plus digne possible et quand c’est fini c’est fini. Il y a là une option de tempérament spirituel qui vient de l’âme beaucoup plus que de l’intelligence.

 

Ici devant ce problème il n’y a que l’option du pessimiste et l’option de l’optimiste. L’option de l’opimiste c’est que oui la durée mène à quelque part de positif. Qu’il y a un sens à cette destination. L’option pessimiste est de dire que non cela n’a pas de sens. C’est une bulle de rêve qui fonctionne par hasard comme ça alors rêvons le mieux possible et puis c’est fini.

Vous voyez les deux options, cela ne vient pas de l’intelligence, mais de l’âme.

 

On l’étudie entre Jacob et Esaü :

Esaü : à quoi me sert l’aînesse, la prêtrise, c’est-à-dire la valeur, puisque je vais mourir ? C’est l’option du pessimisme. Alors cela passe à Jacob. Ils ont la même intelligence, celle de l’homme. L’option spirituelle ne vient pas de l’intelligence, elle vient de l’âme. Elle vient de plus profond que l’âme d’ailleurs, mais enfin elle vient de la personne, de la manière d’être homme. Voyez la Hiniane Haelohi, la différence d’option radicale.

 

Et bien je vais essayer de vous expliquer pourquoi la philosophie ne peut pas donner de réponse à cette question. A quoi sert le temps ? Parce que le postulat dela philosophie c’est que l’homme existe déjà. C’est que l’homme est.

Pour la Torah l’homme n’est pas encore, il devient. Si j’ai conscience que je suis déjà, le temps ne peut servir à rien le temps, c’est l’ennui puisque je suis déjà. Alors il faut passer le temps.  Voyez d’où vient cette absurdité de la destinée : c’est une erreur morale. Je crois que je suis déjà. Alors qu’Un seul a le droit de dire Je suis. C’est le Créateur.

 

Histoire ‘hassidique : un éléve visite son maître et frappe à la porte :

Le maitre ouvre la lucarne et demande : -Qui est là ?

L’élève dit : Anokhi - Moi ! Alors le maitre ferme la lucarne sans répondre.

Un après l’élève revient :

- Qui c’est ?

- Moi ! 

Le maitre referme la lucarne sans rien dire.

La troisième fois à la quesiotn « Qui c’est ? » il répond « ton éléve !».

La porte s’ouvre. Maintenant tu as compris. Comment peux-tu dire Anokhi moi ? Est-ce que tu es déjà ?

 

Il y a un sentimeent de soi qui de nature différente du point de vue de la significaiton morale. Et ici il y a une différence radicale. La conscience philosophique a conconscience d’elle-même comme existant déjà. Il y a déjà une coïncidence : l’être c’est moi. C’est une conscience à la Qaïn : Qaniti...

Je me suis déjà acquis : je suis !

 

Ici l’Hébreu et le Grec seront aux antipodes.

Pour l’Hébreu je ne suis pas pas encore je suis en train d’acquérir le mérite d’être. Je suis une créature. Je suis quelqu’un qui reçoit l’être, ce n’est pas moi l’être, l’être c’est le Créateur. Il y a une différence de sensibilité radicale. Et que il n’y a aucune compromis au niveau du raisonnement par l’intelligence. C’est une option radicalement différente : je me connais comme créature. Le philosophe se connait comme étant l’être. Vous voyez pourquoi l’option philosophique est foncièrement athée. La conscience philosophique n’a pas de Créateur, elle est l’être. Alors que la conscience hébraïque se connait comme créature.

 

On le reprendrait dès qu’on recommencera à étudier Abraham. Abraham est le premier être qui de nouveau se reconnait comme tel, comme créature.  Et c’est une attitude de vaeur morale : se connaitre comme créature ce n’est pas intellectuel. Me connaissant comme créature je sais premièrement que j’ai un Créateur. Me connaissant moi-même je connais mon Créateur. Sans sortir de lui-même, Abraham reconnait qu’il a un Créateur. Et comme c’est la première fois que c’est authentique, ce Créateur s’adresse à lui. Les autres ne peuvent pas entendre n’étant pas dans la position d’avoir une oreille. Shéma Israël, c’est pour Israël.

Il y a une maniére de se connaitre qui est de l’ordre de la vertu morale. Assez proche de l’humilité sans être l’humilité elle-même. Je me reconnais comme créature : c’est-à-dire que si je ne recevais pas l’être qui me fait être je n’existerais pas. C’est le commencement de la piété d’Abraham. Comment le sait-il et en témoigne-t’il ? En mangeant !

Il suffit que je comprenne que si je ne mange pas je n’existe pas pour que je sache que je suis créé. Si je ne reçois pas l’être qui me fait être je n’existe plus. Par conséquent c’est en mangeant qu’Abraham découvre qu’il a un Créateur. Birakat hamazone c’est vraiment la première liturgie hébraïque. C’est dans le fait de manger que je connais que j’ai un Créateur.

 

Je vous cite simplement ce Midrash :

Abraham invitait les passant à sa tente et leur donnait à manger et à la fin du repas il leur demandait de remercier celui qui leur as donné à manger. Tous ses invités spontanément voulaient remercier Abraham mais il refusait leur expliquant que le monde a un Créateur grâce à qui on mange...

 

Vous voyez qu’on est tout à fait en dehors de l’expérience philosophique. C’est une expérience qui n’a rien à voir avec l’exercice de l’intelligence. L’intelligence c’est un piège qui me fait croire que j’existe. Mais je n’existe pas, je mange ! Cela veut dire je mange pour exister ! Cela veut dire : je n’existe pas encore... en vérité je deviens.

 

En vérité, si je devais employé les termes philosophiques dans leur sens strict, c’est la différence trés précisément entre exister et être. Etre c’est être absolument. Exister c’est être relativement à une cause qui me fait être.

 

Donc je devrais dire : je ne suis pas j’existe. Il y a une petite analyse dans les méditations métaphysique de Descartes qu’il faut lire en latin : Cogito ergo sum. Il y a cette indication. Lui pense à autre chose mais si nous utilisons son unité de lecture « Je pense donc je suis », l’hébreu répondra : Je ne suis pas à tout le  moins j’existe. Il faudrait dire je mange.

 

D’ailleurs l’acte, le comportement qui consiste à manger ne s’arrête jamais. Au moment du repas on enfourne dans l’estomac une pelletée de charbon mais a combustion de la digestion se fait de façon perpétuelle. Ma maniére d’exister consiste à manger et puis à parti du moment où j’ai ingéré la nourriture c’est de l’autophagie : « je me mange ». C’est pourquoi en cas de manque il y a de la fièvre, parce que la combustion chauffe. Nous sommes en perpétuel autophagie.

 

Si c’est suffisamment clair on peut maintenant relier les deux remarques : pourquoi le philosophe n’arrive-t’il pas à donner de réponse au fondement de la moralité, de l’obligation morale ? Parce que il ne donne pas de réponse au problème de la finalité du temps.

 

Si je suis l’être absolu, je suis l’être moral : c’est d’un orgueil épouvantable. C’est un défaut moral déjà dans le fait de dire : « je suis l’être ». Si nous n’avions pas le récit de l’histoire de Caïn on risquerait de tomber dans le piège. C’est ce qui est arrivé à Qaïn : « Je suis ! ». Et alors, vous savez ce qui est arrivé... l’autre est en danger chez moi... Tant qu’il ne me gêne pas cela va...

 

La limite de l’expérience philosophique s’appelle le solipsisme. Je suis seul et vous que seriez vous si j’étais solipsiste – Dieu préserve – vous seriez des images de ma perception, des images de mon rêve. Tant que l’image ne me gène pas elle est bien chez bien, mais dès qu’elle me gêne, comme Qaïn, je l’évacue. Je suis le sujet de ma perception. L’être c’est moi et vous vous n’êtres que des représentation. Je suis signifie là je suis seul à être. C’est la définition finalement de l’être : il n’y en a qu’un ! E’had. Il n’y en a pas deux.

 

Vous voyez le danger. Les philosophes sont avertis de ce piège et font ce qu’ils peuvent pour être gentils, mais dans leur for intérieur ils sont là dedans : je suis, alors je suis seul.  

C’est d’autre part que je vais faut faire une place à autrui : d’où l’ai-je appris ? J’ai lu la Bible...ma mère me l’a dit... etc.

 

Cela me rappelle un jour une controverse avec un curé, pendant la guerre avec un aumonier catholique et moi rabbin : après avoir enterré les morts, il me dit inquiet: finalement les Juifs ont beaucoup plus soufferts que les Chrétiens donc peut-être étaient ils plus Israël que les Chrétiens ? Il a fallu que je le console pour lui dire qu’ils l’étaient un petit peu quand même...

Il voulait me démontrer que Dieu devait se faire homme pour pouvoir nous enseigner « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». et pour apprendre à faire une place à l’autre. Je lui ai dit : « je n’ai pas besoin de cette théophanie fantastique que Dieu se fasse homme (qui oublie en passant que Dieu s’est fait Israël): ma mère me l’a enseigné, cela me suffit ! »

Il a besoin d’une stratégie magique pareille pour arriver à se convaincre que l’autre existe aussi ?

 

Vous voyez que c’est d’autre part que le sentiment de la moralité vient.

Il y a une espèce d’attitude d’orgueil qui mène au solipsisme. Donc les philosophes de la moralité font ce qu’ils peuvent pour être moraux, ils sont moraux mais cela ne vient pas de l’intelligence. Je vous montrerais que le « Tu ne tueras pas » n’est pas du tout rationnel. D’après une morale naturelle si je prends le critère de ce qui est la vraie morale dans la nature (je découvre que) pour exister il faut tuer. Dés que vous mangez vous tuez quelqu’un. Quelqu’un qui en potentiel aurait pu devenir un homme après x éternité. La vie naturelle c’est la jungle. La loi de la nature c’est de « manger pour vivre ». Victor Hugo : la vie est une roue qui ne peut tourner sans écraser quelqu’un. On ne peut pas nier cela : ce n’est pas de l’intelligence que viendra le critère de la moralité, il est surnaturel si je prends le mot de nature dans son sens strict. Si on laissait les hommes sans police, ils s’avaleraient les uns les autres. Par Amour : Je t’adore, je te mangerais... je t’avale !

 

Retour à l’analyse :

Dès l’option philosophique elle-même. Je suis, j’existe, vous avez compris la différence, je suis en train de devenir, il y a une option d’ordre moral qui apparait comme tel, qui est en-deça, au-delà d’une analyse intellectuelle. Je n’ai jamais réussi à comprendre comment envisageant l’hypothèse d’Abraham un philosophe peut rester sérieux. Le philosophe sait très bien qu’il mange. Et que s’il ne mange pas son intelligence ne peut pas fonctionner.

 

Le lien entre ces deux remarques : Le temps c’est précisément le temps qui m’est donné pour avoir le temps d’acquérir le mérite d’être. C’est dire que le temps a une fonction absolue, je veux dire la durée. Le fait que ma manière d’exister c’est la durée a une dimension métaphysique absolue. C’est la dimension qui m’est donnée pour avoir le temps de résoudre ce problème qui dans l’instantané serait insoluble, mériter d’acquérir mon être. Toute cette tache qui consiste à être créature et à l’être  vraiment que lorsque j’aurais mérité mon être m’est distribué tout le long de ma destinée. C’est pour me donner le temps de résoudre ce problème. Il faut que je m’acquiers. M’acquérir en une fois dans l’intantané est impossible parce que la seule manière de m’acquérir c’est de me rendre : c’est le sacrifice d’Isaac. Il faut que je paie le prix de mon être. C’est cela acquérir le mérite d’être. Mais il n’y a qu’une seule manière de payer le prix de mon être c’est mon être lui-même. Je n’ai pas d’autre monnaie.

 

Nous avons une tradition dans le Talmud, et aussi dans le Zohar, très importante : les Mitsvot á travers le temps c’est que je monnaye le sacrifice  d’Isaac. Le sacrifice d’Isaac c’est en un coup. Je vous décris la scène : Dieu demande à Isaac de lui rendre l’être qu’il lui a donné. Dès qu’Isaac est prêt Dieu lui dit : « c’est à toi, tu as payé le tout ! » Où est le sacrifice ? C’est dans l’épreuve : est-ce que je suis prêt à me racheter ? Mais avec quelle monnaie ? Et il n’y a pas d’autre monnaie valable par rapport à mon être. La seule monnaie que je peux donner - Pidyion Nefesh en hébreu – c’est mon être lui-même. Dés qu’Isaac est prêt Dieu lui dit : « c’est à toi, tu t’es acheté ! tu t’es acquis ! »

 

Un thème du Talmud nous dit cela de maniére extrêmement profond : toutes les Mitsvot consiste à faire la monnaie si j’ose dire du sacrifice d’Isaac. C’est à chaque fois le sacrifice d’Isaac sur tel ou tel petit point de mon être.

Je vous dis sacrifice en français mais il n’y a pas de sacrifice puisqu’il n’a pas eu lieu. Ce qui a eulieu c’est la mise à l’épreuve : tu es prêt à me rendre et dès qu’il est prêt c’est à lui.

 

Retour au sujet :

Le temps c’est d’avoir le temps d’acquérir mon être. Le temps c’est le temps de la moralité. A quoi sertla moralité ? A me faire acquérir mon être. C’est cela la monnaie que je paie. La vertu c’est ce qui me fait acquérir le droit d’être. JE comrends les deux choses à la fois : quel est le fondement de la moralité ? Mon être ! Ce n’est pas l’utile ou l’agréable..etc. C’est de me faire acquérir mon être.

Là enfin la moralité a un fondement, et un fondement colossal.

 

Et le temps c’est précisément letemps de pouvoir acquérir mon être à travers la moralité. Chaque fois que j’accomplis une vertu, j’ai acquis un point de mon être. Et il faut le temps. Je ne peux pas résoudre ce problème-là dans l’instantané. Quand j’ai acquis et j’ai fini d’acquérir mon être, j’ai fini ma destinée terrestre de ce temps provisoire avant le temps d’éternité.

 

Q : Quand quelqu’un meurt considère-t’on qu’il acquis son être ?

R : On le lui souhaite parce qu’il n’a pas fini il faut qu’il revienne et c’est fatigant.

Q : même pour trois ans ?

R : oui, c’est pour cela qu’il avait toris ans à ajouter. Tous ces problèmes-là ont leur réponses.

J’entends très bien vos questions, celles que vous avez dites et celle que vous n’avez pas dites, on les retrouvera à leurs places.

 

Ce sont les données immédiates de la conscience hébraïque. Un philosophe n’arrive pas à fonctionner comme cela parce que son postulat est différent et il y est absolument hermétique. Cela nous vient premièrement d’Abraham. C’est notre identité abrahamique en nous qui fonctionne comme cela. Prendre conscience de soi comme créature cela veut dire qu’il faut que je justifie l’être que je reçois. Le génie hébraïque a compris cela et c’est pourquoi Dieu s’est adressé à lui. Comment vais-je le justifier ? Par la moralité !

 

Alors il en résulte que l’acte moral, la vertu ou la faute, prennent une dimension métaphysique absolus, énormes. Cela veut dire que la vertu a un prix énorme qui me fait acquérir mon être. La faute a une gravité énorme qui risque de me le faire perdre. Il y a une dimension de gravité dans la notion de moralité dans la conscience biblique qu’ion ne trouvera pas dans les autres systèmes de morale. Dans un autre système de morale, par exemple la morale de l’utilité, lorsque je fais quelque chose de mal, c’est-à-dire pas utile, ce n’est pas plus que cela : pas moins et pas plus : ce n’est pas utile ! Pas plus grave !

 

Tandis que là je mets en jeu ma destinée dans chaque acte. Il y a une espèce d’atmosphére de panique qui risque d’arriver lorsque l’on découvre cela. L’hébreu n’est pas paniqué mais le non-hébreu entendant cela l’est : engager sa destinée d’être dans chaque acte de moralité ? C’est énorme. Il faudrait comprendre pourquoi l’hébreu n’est pas paniqué, parce qu’il n’est pas en face de la loi comme principe impersonnel. Parce qu’on en peut pas discuter en face de la loi comme principe impersonnel, aucun moyen d’avoir une Psakha, un compromis quelconque...

La loi n’est pas un absolu impersonnel, c’est la mise par écrit de la volonté de quelqu’un qui est mon Père en tant qu’Il m’a créé et avec Qui je peux discuter. Pas avec la loi.

Confronté uniquement à la loi impersonnelle je suis paniqué : c’est ce qui est arrivé aux Chrétiens, je vous en parlerais un autre jour. Au lieu de sauver la loi nous perd, alors il faut être sauvé de la loi, c’est le paulinisme. C’est cette panique. Fondamentalement saint Paul c’est un athée : il ne sait pas que la loi c’est la volonté de quelqu’un avec qui on peut parler !

C’est paradoxal mais fondamentalement l’orthodoxie chrétienne est un doctrine de gens athées, en tout cas au niveau de « Dieu le père » comme ils disent...

 

Je finis l’analyse :

Vous voyez cette notion de gravité qui s’attache à l’acte moral. Non une tragédie parce qu’il y a une solution, mais une panique, une terreur : j’ai découvert que mon acte moral met en jeu ma destinée d’être et pas simpement un aménagement de bonheur ou de joie, de plaisir, d’utilité... Il y a cela aussi, mais pas que cela, mais une dimension beaucoup plus fondamentale énorme. C’est pourquoi l’ensemble des civilisations vont avoir peur de la position juive. C’est à travers la Torah qu’on acquiert ou perd son être. Et toutes les civilisaitons vont refuser cela. S’il en est ainsi nous sommes tous perdus. Alors il vaut mieux qu’il en soit autrement.  Vous voyez d’où vient le refus de la position biblique.

 

Alors je vais me borner aujourd’hui à la remarque suivante : 

S‘il en est ainsi que l’acte moral a une telle gravité alors il faut que le repentir soit possible. Sinon nous sommes perdus. C’est pourquoi la notion de repentir va trouver un fondement absolu. Et que la première réflexion morale pour la tradition biblique c’est de savoir si le repentir est possible. Si le repentir est possible, j’accepte la loi. Mais si le repentir n’est pas possible je ne peux pas accepter la loi ! Nous apprendrons pourquoi les Goyim ont refusé la loi ne pouvant accepter la loi, c’est parce qu’il n’ont jamais compris que le repentir est possible. C’est un cas particulier de la conscience hébraïque. Ensuite ils l’ont appris des Hébreux. Mais c’est second.

 

Le Midrash enseigne que Dieu a proposé la Torah à tous les peuple. Tous ont refusé sauf Israël. C’est ce qu’il y a derrière : pourquoi ont-ils refusé ? Parce qu’ils ne savaient pas que le repentir étaient possible ! S’ils savaient que le repentir était possible ils auraient pu l’accepter. Mais comment accepter une loi telle qu’avec un acte je peux être sauvé et qu’avec un acte je peux être perdu ? Si le repentir ne vient pas comme réparation de la faute éventuelle dans sa gracité, je ne peux pas accepter la loi.

 

Nous reprendrons tous ces thèmes la prochaine fois mais je pense que cette introduction était nécessaire, de telle sorte de vous faire comprendre la dimension d’importance de la catégorie du repentir comme préalable à la loi. Et la position par rapport à la loi de ce qu’on appelle le Baal Teshouvah.

 

***

 

Q : Est-ce que le mérite d’être s’il n’est pas acquis au cours d’une vie peut passer par la descendance ?

R : C’est une dimension possible mais sur de toutes petites choses. Cela peut être amélioré par la descendance, mais amélioré pas plus. Il faut d’abord qu’il y ait un minimum de Zkhrout (mérite) par soi-même que la descendance améliore. Mais cela nous échappe. Nous ne savons pas comment cela fonctionne. Je vous dis que nous ne savons pas pour pas que vous m’interrogiez...

Une phrase de la Guémara en araméen dit : Béra mézaké aba : le fils fait mériter le père.  Rappelez-vous d’Abraham qui sauve Noa’h. Et un autre verset et un autre thème important : Jacob sauve Abraham. Parce que cela va encore beaucoup plus loin. Avec Abraham seul cela n’aurait pas été suffisant, on n’aurait pas pu dire « Dayénou ! » (cela suffit). C’est parce qu’Abraham portait Jacob... Abraham tout seul pourrait aboutir à l’impasse Ishmaël. Mais comme il y avait en Abraham la possibilité de Isaac dans laquelle il y avait la possibilité de Jacob c’est Jacob qui a sauvé Abraham. C’est basé sur un verset d’Isaïe que je vous dis en passant : « Elokei Yaaqov Asher Pada et Abraham - Dieu de Jacob qui a sauvé Abraham ». Et on lit Jacob qui a sauvé Abraham.

C’est la réponse. Mais la vraie réponse c’est les Guilgoulim. On revient jusqu’à ce que... Cela c’est la vraie réponse. La descendance améliore mais chacun a sa propre destinée entre ses mains. On est arrivé jusqu’à un point x d’acquisition de son être, on sort de ce monde, mais on revient jusqu’à ce qu’on arrive au bout.  C’est pourquoi il y a une telle inégalité spirituelle chez les contemporains de n’importe quelle contemporanéité.

L’orthodoxie de la Torah n’impose pas de croire aux Guilgoulim. Je ne traduis pas parce que le nom de réincarnation n’a pas le même sens, c’est tout à fait autre chose. Les Guilgoulim cela veut dire revenir pour se recycler, et alors ce n’est pas imposé comme croyance parce que seul celui qui sait qu’il est dans ce cas peut comprendre de quoi il s’agit. On ne peut pas imposer quelque chose d’invraisemblable pour l’entendement. Parce que l’expérience montre que seul celui qui sait qu’il est dans ce cas peut savoir de quoi il s’agit. Pour les autres c’est absolument incompréhensible. Alors on n’impose pas de croire quelque chose en laquelle la pensée, la conscience est rebelle, parce que cela reviendrait à excommunier ce qui n’y croit pas et ne peuvent pas y croire. En général, on n’excommunie pas d’après les croyances. Parce qu’il fut être capable de le comprendre, et si on n’est pas capable naturellement de le comprendre opn ne va pas inposer cela. Ce serait un piège.

Seulement c’est la seule explication qui explique vraiment toutes les quesitons posées sur la destinée humaine. Par exemple un enfant de 3 ans... C’est la seule explicaiton possible. La tradition dit qu’on a mille chances. Mais c’est n’est qu’à la 999.99 qu’on sait de quoi il s’agit. Quand c’est trop tard et qu’on sait qui on a été pendant tous les Guilgoulim. Par conséquent très peu sont dans ce cas, donc on impose pas cela à la collectivité. Mais la collectivité en question sait que les ‘Hakhamim savent que c’est ainsi.  Cela n’est pas pour vous, sachez que cela existe mais occupez-vous de savoir comment on est moral. Cela c’est important et urgent, les histoires mystiques pour plus tard...

 

Q : Concernant le problème de l’enfant qui meurt, tant qu’on n’est pas concerné par la douleur des parents...

R : Tu liras attentivement le livre de Job.

Il y a deux problèmes différents : sa destinée à lui et ce qui concerne toi ta destinée, et cela fait partie de ta destinée et pas de la sienne.

Q : Nakhon, nakhon, mais si c’est le père et le fils, il y a quand même...

R : Mais il y a mille explications possibles pourquoi c’est arrivé.

Si nous n’avions pas l’enseignement des Guilgoulim ce serait incompréhensible. Avec l’enseignement des Guilgoulim nous savons qu’il y a une explication. Laquelle ? Cela dépend du cas particulier. Je t’ai répondu formellement, parce qu’il faut des cas concrets. Qui, quoi, dans quelles conditions, quelle famille... et tout cela a commencé au premier homme, à travers chacun des fmailles qui vivent sur terre.

Q : mais c’est difficile quelque fois au niveau des sentiments, de la raison, et c’est la réalité.

R : c’est sûr, c’est pourquoi je t’ai parlé du livre de Job. Cela fait treès mal mais cela ne met pas en quesiton le sens de la destinée. On n’a pas dit que la destinée terrestre cela ne fait pas mal. Cela fait mal à cause de cela entre autres choses, mais cela ne met pas en question la signification. C’est pourquoi je vous dis que ce ne sont pas des problémes que l’on peut arriver à surmonter très jeune, trop jeune. Il faut une expérience de la vie qui comme telle est une sagesse. L’äge comem tel est une sagesse pour pouvoir se poser ces problèmes-là. A ce moment-là on les étudie et on les comprend. Avant on ne peut pas supporter.

Q : Je suis d’accord mais cela peut arriver à n’importe quel âge ce genre de problèmes !

R : Je ne vous conseille pas de vous préoccupez de ces problèmes avant l’âge parce que vous n’avez paz assez l’expérience des problèmes de la vie pour savoir de quoi on parle avec la vie et la mort, premiérement cela. Lorsqu’on comprend ce que c’est la vie la mort et que la mort n’existe pas, et à votre äge on ne le comprend pas. A ce moment-là le fait que la mort ait lieu à l’äge de 3 ans ou 58  ans c’est un problème second.

 

Q : Vous avez dit que le bonheur ce n’est pas la moralité, est-ce que la moralité cela entraine le bonheur ou pas forcément ?

R : bien sûr mais le critère était inversé : j’ai dit le bonheur peut être un acte moral, mais c’est parce que d’autre part il est un acte moral. Et inversément, la morale est aussi engendrant le bonheur, et utile, ect. Et dans ce sens-là le bien est aussi cela mais le critère n’est pas dans l’utilité, le bonheur...etc.  Je pense qu’il faut revenir à l’explication précédente. Tous les grands philosophe le savent très bien. Un grand philosophe comme un utilitariste, un rationnaliste, un idéaliste... ne peut pas faire une erreur aussi grossiére de se tromper de critère. Il sait ce qu’il fait.  C’est dire que d’autre part il le relie au sentiment moral et puis il expose le bien moral avec les plus grandes chances pédagogiques d’être entendu. Et lorsqu’il parle dans un temps culturel où le critère c’est l’utilité, alors il se sert de l’utilité pour faire passer la moralité. Mais le fond du problème c’est que la pensée naturelle n’arrive pas à fonder le bien en tant que bien qu’est ce que c’est. Pourquoi ? A cause de ce postulat que la pensée naturelle n’a pas expérience du problème de la finalité de la durée de la conscience. Parce que son postulat c’est qu’elle existe déjà tout simplement.

 

Q : Est-ce qu’on peut dire alors que Job est quand même heureux ? C’est-à-dire est-ce qu’il est moral ?  

R : Heureux bien qu’il souffre ? non, Job est malheureux sinon il ne se plaindrait pas. Mais il a suffit que Dieu s’adresse à lui pour qu’il sache qu’il y a une explication. Dieu lui dit qu’il ne peut pas comprendre. A la fin du livre Dieu s’adresse à Job dans un discours incompréhensible mais dont on peut retenir provisoirement une chose claire. Dieu lui demande : étais-tu avec Moi lorsque J’ai créé le monde ? Alors tu ne peux pas comprendre comment il fonctionne. Mais il suffit que Dieu s’adresse à lui pour que Job sache qu’il y a un sens et qu’il se calme. Ce qui faisait souffrir job : pas tellement ses souffrances que leur caractère absurde, dénué de sens. Dès qu’il sait qu’elles ont un sens cela va mieux. C’est là qu’il se guérit...

 

Q : Qu’est-ce qui fait que cela arrive à des gens qui vivent selon la moralité...

R : Mais savez qui ils sont ? Vous voyez des apparences. Bien sûr, ils  vivent selon la moralité mais qui sont-ils depuis le premier homme ? C’est pourquoi je vous ai dit que cela ce sont des choses cachées. Hors de portée de la pensée natuellle ne vous préoccupez pas de problémes de ce genre. Il y a une science parmi les sciences de la Kabalah qui s’occupe de cela. Il faut arriver à un certain âge et une certaine expérience de la vie, avoir étudié toute la Torah du Niglé, c’est-à-dire tout le Tanakh le Talmud et le reste pour arriver là. Alors vous être jeûne, vous avez le temps. Je vous donne un conseil pratique : ne perdez pas de temps à des problèmes qui ne sont pas de votre âge d’expérience de la vie.   

 

Q : cette perception que les philosophes et les Goyim ont de la transcendance morale, vous la mettez à l’indice de la Bible ?

R : non, je vous ai dit deux choses, tu en a oublié une :

.../...

 

***


http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/la_teshouva_serie_1980/cours_3

Face B


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Il y a un critère du bien absolu, c’est la valeur de leur personne, d’autre part c’est la culture biblique dans laquelle il baigne. Mais c’est où l’un ou l’autre en dominante, les deux parfois. J’ai beaucoup lu ces moralistes philosophes. Par exemple, La Rochefoucaud. Quelque soit l’ironie avec laquelle il s’approche de la définition des valeurs morales (l’altruise un intérêt bien compris..etc.) On sent un souci de la moralité absolue. D’où le tire-t’il ? Pourquoi s’occupe-t’il de cela ? Il le tire d’abord de sa valeur personnelle en tant que conscience, et d’autre part il a lu la Bible, il est allé à la messe...

Et c’est pourquoi lorsqu’il parlera de la morale vraie, en fin de compte il fait allusion à Asseret hadibérot. Il n’y en a pas d’autre.

 

Q : si j’ai bien compris dans notre monde il n’y a pas de hasard, tout a une cause tout a une finalité.

R : je ne dirais pas qu’il n’y a pas de hasard, je dirais que même ce que nous appelons le hasard a une signification. Que c’est hasard mamash, cela peut arriver.  S’il y a quoique ce soit de sens dans le monde tout a un sens. Mais cela nous est caché. Et il vaut mieux parce que on a autre chose à faire : réussir la moralité. Et pas se préoccuper des correspondances des signes. Cela mène à l’asile.

Il y a un temps pour tout. L’urgent c’est de construire son être moral. Après on sait à quoi on passe le temps. Une fois qu’on a acquis son être moral alors la mystique vient après. La mystique : le sens de ces choses qui apparemment n’en n’ont pas. Mais s’occuper des correspondances de sens à travers les signes, avec ce postulat que tout a un sens, avant d’arriver à un certain âge d’expérience spirituelle, cela rend fou. C’est le délire.

 

Je vous donne un petit exemple en allusion dans le cours sur la Téfilah déjà. Il y a un ordre dans les niveaux de l’intelligence : d’abord Binah ensuite ‘Hokhmah. Binah c’est comment je comprend que deux choses sont différentes. ‘Hokhmah c’est comment je comprends que ces deux choses différentes sont les mêmes. Si je commence par ‘Hokhmah avant d’avoir Binah c’est le délire. Parce que finalement elles sont différentes. Si je les vois pas différentes avant de voir en quoi elles sont différentes c’est le délire. Il y a un ordre de l’intelligence. Qu’est-ce que la mystique avant la connaissance ? C’est la ‘Hokhmah avant la Binah. C’est le délire !

 

Deux exemples classiques chez les théologiens : un homme et une femme c’est différent : c’est Binah. Pour ‘Hokhmah, c’est la même chose. Si dans la vie vous croyez que un homme et une femme c’est la même chose avant d’avoir intégrer que c’est différent, c’est le délire grave, vous savez de quoi il s’agit... Il n’y a rien de plus abberant qu’une homme qui n’est pas un homme et une femme qui n’est pas une femme. Il faut déjà être différent pour savoir en quoi on est les mêmes. Et d’autre part un juif et un Goï. Un juif et un Goï c’est très différent : Binah. Mais c’est la même chose : ‘Hokhmah. Mais il faut savoir en quoi c’est différent avant d’aborder le niveau où c’est la même chose.

C’est pourquoi je vous répéterais ce que mon maitre me disais: si une chose a un sens dans le monde tout a un sens. Mais as-tu du temps à perdre ?  Que signifie le fait qu’une femme est un petit peu enceinte ? Ou elle est enceinte ou elle n’est pas enceinte ! Alors le monde est enceinte, pas un petit peu, tout ! Et nous vivons sur la terre enceinte.

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http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/la_teshouva_serie_1980/cours_3

Face C

 

Cours d’introduction générale : nous étions arrivés à un point que je voudrais reprendre, vous me direz si on l’a suffisamment étudié la dernière fois. Nous étions arrivés au point que la notion de Teshouvah renvoie à une expérience de la conscience qui n’est pas une donnée immédiate de la conscience naturelle.

Il y a un ‘Hidoush qui apparait avec cette dimension qui est une dimension de la conscience hébraïque que la Téshouvah est possible, et par la suite la diffusion de l’enseignement biblique à partir de la conscience hébraïque fait que la conscience universelle connait la notion de Téshouvah.

Mais elle ne fait pas partie des données immédiates de la pensée naturelle.

 

Je vous rappelle rapidement à qule principe cela se relie : c’est que la conduite de la Teshouvah supoose la réversibilité du temps. Or, nous vivons dans un monde où la donnée apparemment scientifique - bien que la science moderne révise un peu ces concepts-là mais c’est un autre problème – les données empiriques ou expérimentales indiquent que le temps est irréversible.

 

Et par conséquent cela signifie que le passé est passé révolu, le futur est le futur non encore accompli, non encore advenu ; et par conséquent le comportement de la conscience dans la conduite de Teshouvah, dans la conduite de repentir, étant donné qu’il s’agit de ce qui est exprimé très littéralement par le terme hébraïque d’une conduite de retour en arrière pour arranger quelque chose qui a été dérangé dans le passé qui est venu après l’acte de la faute cela devient immédiatement du passé et par conséquent le passé est révolu, et donc pour la pensée  naturelle l’idée et la notion que l’on peut revenir dans le temps pour faire un Tikoun une restauration de ce qui a été dévié, dévoyé, est une idée rebelle à la pensée naturelle.

 

Et vous étudierez cela au niveau linguistique, au niveau du langage qui exprime la manière d’être homme propre à chaque culture et à chaque identité, à chaque manière d’être homme, que dans toutes les langues il y a l’expression de l’irréversibilité du temps. Le passé c’est le passé, le futur c’est le futur et l’idée qu’un passé peut être remis en jeu dans le futur est une idée rebelle à l’être de nature et à la pensée naturelle.

 

Je crois que c’est le plus évident dans les langues qui sont finalement soujacentes à la culture occidentale : donc le grec et le latin. Mais c’est surtout vrai du grec. C’est vrai aussi dans le latin qui posséde cette notion du passé complétement accompli comme passé et qui s’appelle le parfait en latin. Et vous voyez cette idée que la perfection c’est le passé accompli. Lorsque nous aurons à étudier cette notion en hébreu nous verrons que la conduite de la conscience hébraïque a une sensibilité tout à fait opposée. La notion de pefection dans son sens latin c’est le blasphème absolu pour la conscience hébraïque. Parfait en latin cela veut dire complétement fait. Or, ce qui est complétement fait, achevé, est mort et impur. Alors qu’au contraire pour l’occidental cette notion du parfait du fini c’est le critère de la valeur. Pour la conscience hébraïque c’est le contraire.

Vous voyez comment l’identité juive s’est rendue impure, dans le sens chimique du terme, elle s’est dénaturée en employant par traduction des concept dont la signification et l’implication est radicalement opposée. Quand un juif parle en français, ou dans une langue dérivé du latin du parfait, il ne se rend pas compte à quel point il dit le contraire de ce en quoi il est censé croire et se rattacher.

 

Exemple :

Dans l’histoire de Jacob-Esaü : ce qui arrive à Esaü et sa disqualification : il apparait dans l’existence comme déjà complétement fait. Imaginez le monde de quelqu’un pour qui tout est donné d’emblée, radicalement achevé.. A quoi passer le temps ? Pour quelqu’un qui est fait, achevé, parfait le temps c’est l’ennui. Le temps ne peut mener qu’à la désespérance. Cette atmosphère de la culture occidentale qui part de l’idée que le parfait est à l’origine et alors le temps c’est le temps de l’absurde, le temps de la désespérance, le temps de l’ennui. Et d’après la sagesse des nations, « l’ennui est mère de tous les vices ». Et ils ne connaissent pas le tournevis ! Effectivement, voir Rashi sur le moment où Esaü nait tellement achevé qu’il nait poilu.

Rashi cite l’origine du nom Essav : parce qu’il né Assouï, complétement fait, il est né achevé. Alors sa relation à la destinée à travers le temps est une relation de désespérance. En particulier un verset que nous rencontrerons où il dit lui-même [25:32]:

וַיֹּאמֶר עֵשָׂו, הִנֵּה אָנֹכִי הוֹלֵךְ לָמוּת; וְלָמָּה-זֶּה לִי, בְּכֹרָה.

je vais à la mort, à quoi me sert l’aînesse ?

 (le droit d’aînesse c’est-à-dire la prêtrise).

Pour lui le temps c’est le temps de la mort. Il est parfait à l’origine. Voyez toutes ces civilisations qui sont d’emblées ce qu’elles sont. Alors après cela ne peut que se dégrader, cela va à la mort, le sens inverse. C’est ce qu’on trouve dans beaucoup de personnages de ce genre qui porte en eux simultanément l’exigence de la perfection et de la mort. Le symbole que l’on pourrait prendre c’est la statue grecque. La statue grecque a toujours les yeux vides, les yeux morts. Le parfait el fini cela va ensemble. Le Maharal enseigne dans un de ses chapitres que là où le parfait s’installe, le Satan s’installe. L’impureté s’installe. Vous voyez à quel point c’est une sensibilité absolument inverse de celle à lquelle on pourrait être habitué dans la culture occidentale. L’idée de Shlémout en hébreu qu’on traduit dans le dictionnaire par « parfait » ce n’est pas du tout cette notion du parfait du Perfektum latin complétement fait, complétement achevé, fini.

Vouv vous habituerez par là à découvrir avec ces problèmes qui sont des problèmes de base, les secrets de la sensibilité juive et en quoi elle est différente de cette sensibilité qui voit déjà le parfait dans le passé, la valeur étant l’achevé. Or, pour la sensibilité juive l’achevé, tant que le temps dure ne peut être que l’échec.  Si le temps dure – cela veut dire si le Créateur n’est pas encore satisfait de l’état de son oeuvre – un être satisfait c’est l’impureté. Et vous voyez pourquoi il y a cette réaction de sensibilités différentes. Un juif vivant ne peut avoir qu’une réaction de dégout devant une statue. Parce que c’est le fini, le mort, l’impur. Il n’y a d’achevé qu’un cadavre. Comme on dit achever quelqu’un...

 

J’ai eu cette expérience comme élève de lycée et d’tudiant en université cette incapacité de se faire comprendre d’un Goï. Quand on est plongé dans cette atmosphère d’impureté où la valeur c’est l’achevé, le parfait, le fini  alors que l’hébreu veut dire le contraire.

 

L’achevé c’est le figé, le hiératique ecclesiastique, cette espèce de décorum du culte Goï qui est - et on le sent très bien - un culte de mort.  Un culte d’enterrement. Et d’ailleurs ils adorent un Dieu mort et ce n’est pas pour rien. Cela va ensemble. La seule fois de ma vie – une de trop- où je suis rentré dans une église, cette impression de rentrer dans un cimetière. Le silence, l’obscurité, le ffigé  le hiératique... la mort.

Quand les Juifs s’assimilent et essaient d’imiter la synagogue ce qui se passe dans les églises ils n’y réussissent pas parce que ce la n’est pas fait pour l’identité juive ce genre d’atmosphère de culte. Dès qu’on entre à la synagogue de la rue de la Victoire on a tout de suite le frisson d’être entré dans une église... les rabbins habillés en noir, et cette atmosphére qu’on essaie d’imiter des Goyim et qu’on en réussit pas. Heureusement d’ailleurs. On ne peut pas réussir là-dedans, ce n’est pas compatible. Jamais on ne pourra faire d’une synagogue une église.

Les rabbins essaient de parler comme des curés sans y arriver. Les Juifs désertent les synagogues non parce que le culte n’est pas beau, mais justement parce qu’ils ne s’y sentent plus chez eux. Ce ne sont plus des synagogues mais des imitations d’autre chose parce que la notion du parfait a changé de sens. Le parfait pour la sensibilité juive c’est le vivant et non pas le hiératique ecclésiastique, le figé,  dont les Goyim sont les spécialistes. Leur psycho-drame religieux est une psycho-drame de mort. C’est Essav - Esaü. Alors on les a eu...

 

Vous comprennez donc ce qui se passe.

C’est ce temps passé absolu qui est le parfait. Alors que, c’est un espéce de paradoxe, ce passé qui n’est pas complétement achevé, qui s’appellera l’imparfait, l’imparfait permet la Téshouvah, le temps de l’imparfait. Mais le temps du parfait c’est fini, c’est bloqué, c’est figé.

Voyez à quel point il a fallu des siècles et des siècles d’imprégnation hébraïque chez les Goyim à travers la diffusion de la Bible - chez les chrétiens en Europe ou les musulmans en orient – qui a mené à une diffusion de la conscience hébraïque qui fait qu’on a entendu la notion de repentir. Mais elle reste rebelle à la pensée naturelle, c’est un ‘Hidoush de la conscience hébraïque. Cette idée que le mécanisme impersonel du fonctionnement du monde peut  être brisé. On est devant quelqu’un dont la volonté intervient et le temps peut être réversible. Et bien c’est radicalement extérieur au monde de la pensée naturelle, fut-elle la plus élaborée au niveau de la science ou de la philosophie.

Et si vous aviez fait du grec vous comprendriez pourquoi il y a une telle opposition entre le monde grec et le monde juif. Les Latins ont été finalement les héritiers de cette querelle, c’est chez les Grecs qu’elle est la plus évidente, en particulier sur ce problème. Beaucoup plus que le temps parfait des Latins, il y a ce qu’on appelle en grec « Laoris second » : le passé absolu. Le plus que parfait. Alors que nous avons le plus-que-parfait du futur antérieur c’est-à-dire un passé qui redevient un futur.  Il y a une espéce de choc de sensibilités radicalement opposées.

A rattacher au fait que la langue hébraïque est la seule à posséder cette règle qu’un passé peut redevenir du futur.

 

***

Q : le temps grammatical imparfait c’est un temps qui est imparfait ?

R : oui c’est un temps qui est inachevé et qui est donc un permanent continuel. Un des mystères de la convergence de la langue anglaise avec l’hébreu. Vous savez que les anglais se prétendent être les hommes de l’alliance : « Brit ish ». Il y a une tradition chez les anglais que la dynastie royale anglaise est la véritable dynastie d’Israël et dans les familles royales d’Angleterre le fils aîné est toujours circoncis et d’ailleurs par un rabbin. C’est devenu du folklore mais c’était très profond au moyen-âge que les Anglais se prétendaient être le véritable Israël. Une espèce de prétention de la part de l’Angleterre. Il y a deux données historiques auxquelles on ne prend pas toujours garde mais qui sont ce qu’elles sont : d’une part la Bible a été surtout diffusé par les Anglais. Ce sont les missions anglaises qui ont diffusé la Bible dans toutes les langues. Et dautre part c’est de la amin des Anglais qu’on a reçu Erets Israël. Ce n’est pas par hasard. Ce sont des exemples de faits historiques tellement massif qu’on ne les voient pas. Mais rassurez-vous les Anglais ce ne sont pas Israël. On les a mis dehors pour pouvoir revenir...

Q : les Ecossais disent que Scotland  c’est la terre des Soukot ?

R : Ah bon ? c’est possible ! J’ai entendu même que les Saxons se prétendaient être les fils d’Isaac parce que Isaac son ...

Tout cela c’est farfelu.

Il y a une tradition qui est restée que la tribu de Dan est remontée par le nord – vous avez entendu parlé des Danaens qui étaient un des peuples important de la Grèce, ensuite par la vallée du Danube, suivez bien, ils sont arrivés au Danemark et ils ont conquis l’Angleterre. Alors ils se prétendent les descendants de la tribu de Dan...

C’est du folklore complétement farfelu, mais pour vous indiquer à quel point il y a eu cette prétention chez les Britanniques, et en particulier dans la famille des rois d’Angletterre. I y a une tradition qu’il y aura autant de roi en Angleterre qu’il y aura de pilier dans la cathédrale de Winchester, il n’en reste que deux. Il ne reste que deux rois d’Angleterre, un pape et demi et puis c’est fini ! La pape otée !

 

Il y a une forme dans la langue anglaise qui indique cela c’est la forme progressive : être en train de faire quelque chose. C’est un peu cela ce temps de l’inachevé qui transforme le passé en futur perpétuellement. Il faudrait des spécialistes pour toruver quelle est l’origine de cette forme du participe anglais qu’on ne trouve pas dans les autres langues.

Le problème c’est qu’il y a une mentalité qui a choisi cette façon de s’exprimer. Cela veut dire qu’il y a dans cette mentalité là une ouverture à cette catégorie du temps révérsible. Je referme cette parenthèse linguistique.

 

***

Comment cela se rattache-t’il à notre problème : c’est que je ne peux accepter la Torah comme charte de ma destinée qu’à cette clause que s’il y a faute le repentir soit possible. Parce que étant donné que je suis créé comme libre donc capable de fauter, l’acceptation de la Torah comme charte qui va juger ma conduite est très dangereuse. Parce qu’au premier acte de liberté je risque la faute. Et donc il y a une tendance naturelle chez l’homme de nature, quelque soit le caractère spohistiqué de sa culture, quand je dis l’homme de nature je ne pense pas à l’homme primitif mais au philosophe de la Grèce pour qui il n’y a pas eu de révélation et pour qui la pensée est un fonctionnement naturel le plus élaboré soit-il mais il reste dans l’ordre des catégories de l’être de nature – et par conséquent on trouve de façon générale qu’aucune culture ne va accepter ce qu’Israël va accepter au Sinaï, c’est-à-dire que la loi morale soit la charte de la destinée. C’est pourquoi partout ailleurs la morale et la religion sont séparées. Il y a des liens mais c’est deux principes différents. La conscience religieuse et la conscience morale ne s’identifient que dans la conscience hébraïque, c’est la grande différence entre les nations et Israël par rapport à ce problème. Il y en a d’autres.    

 

C’est-à-dire : l’idée que le sens religieux de ma destinée est jugé par la loi morale est une idée épouvantable pour la pensée naturelle. Cela veut dire qu’à la premiére faute je suis damné ! Une  telle position es tl aposition de la conscience qui ne peut pas envisager l’éventualité du repentir. C’est pourquoi il y a un des Midrashim qui enseigne que la dernière chose que Dieu a créé avant de créér le monde c’est la Téshouvah. C’est une formule pleine d’humour d’ailleurs. C’est dire que le monde ne peut fonctionner que si la Téshouvah est possible. C’est l’idée qu’il faut retenir.

 

Q : La Téshouvah a été créé avant le mal ou le mal avant la Téshouvah ?

R : Le monde qui va être créé c’est le monde du bien et du mal. On ne peut être sauvé de ce problème que si la Téshouvah est possible. Et donc avant de créer le monde Dieu rend la Téshouvah possible. Un Midrash explique qu’il y a 7 choses qui sont créées avant que le monde ne soit créé. 6 et la 7ème qui est la Téshouvah.

Le monde dans lequel nous sommes selon l’enseignement de la Torah n’est pas « ne faute pas et si tu faute tu es perdu ! », mais « ne faute pas et si tu fautes repens-toi !» C’est une fomrmule très différente. Par conséquent on ne peut aborder ce problème que dans une bonne foi absolue. Celui qui dit : je vais fauter parce que je sais que je peux me repentir, il n’aura jamais l’occasion de se repentir. Nous verrons dans la suite de l’étude que la chose la plus dure au monde c’est un vrai repentir. C’est la chose la plus difficile. Alors la Guémara explique comme cela : on ne l’aidera pas à se repentir. S’il se repent on l’accepte, mais à condition que le repentir soit sincère.  Et nous allons voir quelle est la clause qui montre que le repentir est sincère.

 

Il y a deux niveaux du repentir : MéYirah et MéAhavah.

Le repentir par crainte ou le repentir par amour de la vérité morale. Le repentir authentique c’est le deuxième, le repentir par amour qui est très rare. En général, on est aidé par le jeu de la vie à être acculé à se repentir. On est dans une situation telle de Yissourim, de souffrances, d’épreueves morakle que finalement on consent à se repentir. On est aidé. Mais se repentir de façon autonome, sui généris, par soi-même, par amour  de la verité morale c’est très rare. Et c’est là le véritable repentir. Le signe qu’un repentir est vrai c’est que c’est la derniere fois qu’on se repent.

 

Quand c’est la dernière fois qu’on se repent cela veut dire que c’est sincère. Comment sait-on ? On le sait ! Il y a au moins une seule personne que l’on ne peut pas tromper, c’est soi-même ! On sait très bien dans la conduite de repentir si c’est avec réserve ou si c’est définitif, si c’est la dernière fois…

 

Q : Par exemple chez les Chrétiens, il y a aussi le fait de repentir ?

R : Oui, oui, j’y reviendrais, mais j’ai indiqué tout à l’heure que c’est reçu de la conscience hébraïque. Et pas seulement chez les Chrétiens mais chez tout homme de bonne volonté morale.La conduite du repentir est mantenant intégrée. Mais elle ne fait pas partie de la pensée naturelle. Toute l’hérésie chrétienne sort d’un enseignement de « saint » Paul comme ils disent que la loi me condmane, me damne. A la première des fautes je suis damné. Par conséquent ce n’est pas par l’accomplissement de la loi que je serais sauvé. Donc il faut une toute autre stratégie qui est magique aux yeux de la conscience hébraïque. Dieu envoie son fils Dafka se faire crucifier par les Juifs, en vérité par les Romains, pour sauver le monde. Une strtat´gie magique de la conscience magique. Parce qu’a partir de saint Paul pour la conscience chrétienne il faut être sauvé du problème moral. Parce que je ne peux pas résoudre le probléme moral à chaque acte de vie je fais une faute. Le mot de ‘Hayim commence par la lettre ‘Heth. Que nus raconte l’histoire de la Torah ? Le premier acte c’est l’histoire d’une faute ! Et alors si on ne peut pas se repentir on est perdu. Cette conscience de St. Paul n’est pas du tout conscience juive mais grecque. C’est un faux juif : un juif assimilé à la culture grecque. Et il fonctionne à la manière grecque : la loi est absolument impersonnelle, irréversible. A la première faute je suis damné…

C’est pourquoi  lorsqu’on étudie attentivement ce problème de la relation à la loi chez la conscience chrétienne on s’aperçoit qu’il s’agit d’une conscience athée complétement : nous sommes en présence d’un impersonnel : la loi qui nous écrase ! C’est une relation atrhée parce qu’ils n’arrive pas à concevoir que cette loi, la loi morale absolue, c’est l’expression de la volonté de quelqu’un, avec qui je suis en relation dans le repentir. Par rapport à la loi je n’ai pas relation de repentir : la loi reste ce qu’elle est, ma faute reste ce qu’elle est. Si la loi n’est qu’un impersonnel de type logos comme disent les Evangiles : Au commencement était le Logos -  si vous prenez le sens philosophique de ce terme cela veut dire la loi impersonnelle. Et par rapport à la loi impersonnelle je ne peux pas me justifier. Or, comme la loi est absolue et parfaite mais pas libre. Mais moi je suis libre. Et parce que je suis libre je suis capable de faute, peccable. L’erreur chrétienne est de dire que nous naissons pécheurs, que nous naissons en faute. C’est faux, nous naissons peccables : capable de fautes. Nous laissons libres. Vous voyez qu’il y a une toute Et parce que nous naissons libres nous risquons de fauter, et par conséquent ce serait terrible d’accepter la loi morale comme charte de ma destinée si je n’ai pas la clause du repentir. Et comme c’était une conscience incapable de comprendre la clause du repentir elle a refuse la Torah.

 

Comment a-t-on refusé la Torah. Prenons le cas des Chrétiens qui sont privilégiés dans ce problème. Les Chrétiens professent croient disent que la Torah de Moïse c’est la vraie loi que Dieu a révélé. Ils croient en l’ancien testament, et pourtant on est incapable de la pratiquer. La preuve  c’est que même les Juifs en sont incapables disent-ils dans un machiavélisme antisémite extraordinaire.

 

Une fois j’ai demandé à un jésuite : s’il en est ainsi pourquoi Dieu nous a-t-il révélé cette Torah qu’Il savait d’après vous qu’on ne peut pas pratiquer ? La réponse est extraordinaire : c’est pour que nous sachions à quel point nous sommes incapable de pratiquer la vraie loi. Alors il nous l’a révélé.

 

Il est évident qu’il y a là derrière une position athée. On  croit que l’absolu moral c’est la loi. On ne croit pas qu’il y a un Dieu un quelqu’Un. Une volonté qui a exprimé sa volonté dans la loi. Alors on n’est pas en relation avec « Dieu le père » comme ils disent, duquel ils ont une terreur panique absolue, vous voyez de quelle névrose sort le christianisme. C’est la religion du fils qui a peur du père. C’est un problème pour psychiatres.  C’est une névrose à l’échelle des cultures. La rencontre terrible avec la loi qui est cele de la coercition. On est persécuté par la loi et ce qui est derrière, la volonté du père… Ce Dieu terrible de la loi morale qui est le Dieu jaloux le Dieu de la colère, Dieu le père…   Alors on va faire alliance avec le fils contre le père… C’est une position athée, qui est très reliée à cette incapacité de voir que le repentir est possible.

Et alors ils ont un Dieu magique, Dieu le fils qui va appaiser la colère du Père en acceptant le salut du monde. Que voulait le père ? Tuer son fils ! C’est de ce Dieu-là qu’on avait peur… Et alors on le fait fonctionner comme ça…

 

***

 

La Teshouvah est donc la clause indispensable pour que je puisse accepter la Torah comme charte de ma destinée. Il y a un Midrash que vous connaissez que je vous reprends  par rapport á ce problème : Dieu a proposé la Torah à toutes les nations et l’une après l’autre l’ont refusé. Alors Il a suscité à partir d’Abraham un peuple capable de recevoir la Torah.

Je reprends le Midrash un peu en détail parce que quand vous l’étudierez dans le texte vous verrez que le Midrash est très précis. On nous y donne des exemples, et précisément les exemples sont pris dans toutes ces identités rivales de l’identité d’israël Des approximations qui se sont instaurées comme rivalité.

 

Par exemple, la Torah est proposée à Ishmaël dans ce Midrash. Alors Ishmaël demande ce que Dieu a écrit dans Sa Torah. Et Dieu répond : « il y a écrit tu ne voleras pas !»

Ishmaël répond : je ne peux pas recevoir toute la Torah à cause de commandement-là. Il le propsoe à Essav. Et Essav demande ce que Dieu a écrit dans Sa Torah. Dieu lui répond : « Tu ne tueras pas ! » Alors Essav répond : « je ne peux pas ».  

Et on trouve effectivement dans le récit historique de la Torah que l’identité de Essav se définit par le meurtre. L’identité de Ishmaël se définit par le vol. Et par exmeple la bénédiction que Essav va recevoir de Isaac, c’est [Gn. 27:40] :

וְעַל-חַרְבְּךָ תִחְיֶה

Véâl ‘Harévkha Tihyeh

 tu vivras de ton épée.

Alors Dieu s’adresse à Esaü qui a reçu comme bénédiction d’identité : tu vivras par ton épée et donc il ne peut accpeter la Torah de Dieu à cause d’un commandement : « Tu ne tueras pas » alors que la bénédiction définit sa nature. S’il accepte la Torah il est perdu.

Cela veut dire que les Goyim qui ont refusé la Torah ne l’ont pas refusé pour refuser la Torah mais à cause d’une Mitsvah qui est incompatible avec leur manière d’être. Et là on comprend ce que veut dire saint Paul. Si j’accepte une Torah alors que je sais que je ne peux que la violer parce que c’est ma nature, je suis perdu. Donc il vaut mieux que je n’accepte pas la Torah. Voyez cette espèce d’attitude chrétienne vis-à-vis de la Torah elle vient de l’extérieur. Cela ne sort pas du judaïsme. Le juif sait très bien que mëme s’il y a faute il peut y avoir salut s’il y a repentir.

L’atmosphère de cette nouvelle religion qui apparait avec les Evangiles ne sort pas du judaïsme. C’est la projection de la mentalité gréco-romaine dans la Bible.

 

Q : Les Goyim n’ont pas le choix ?

R : Si, il ne faut pas oublier le point précédent : cela veut dire que sur ce point-là ce sera très difficile pour eux suivant les peuples, mais le problème c’est que le repentir est possible. Il faut bien sûr expier les conséquences de ce qu’on a fait mais le repentir revirginise la conscience, nous rend de nouveau pur, Tsadik. Il faut payer ce qu’on a fait mais on est redevenu Tsadik par le repentir. 

Q : Et le repentir chez les autres peuples ?

R : Cf. le début du cours. A la longue le repentir va être reçu mais profondément par nature ils refusent l’idée que le repentir soit possible. Regardez ce qui se passe dans la conscience chrétienne. D’ailleurs saint Paul le dit dans un verset de Epitres aux Romains ou Actes de Apôtres : « le bien que je voudrais faire je ne le fais pas, et le mal que je ne voudrais pas faire, je le fais. Je suis né damné ». Par conséquent, ce n’est pas par la loi morale que je peux être sauvé puisque je suis incapable. Or, il faut que je sois sauvé, et donc l’exigence d’être sauvé leur fait inventer cette stratégie du fils acceptant d’être sacrifié pour que le père ne soit plus courroucé. Vous voyez cet espèce de monde épouvantablement impur.  C’est une religion de traumatisés par la loi et le visage du père. Quand il y a une relation de terreur avec le père, c’est soit que le père n’était pa un père soir que le fils est malade. Mais en tout cas cela se soigne. Et je crois sincérement que le christianisme se soigne. Ils n’ont comme visage du père que le visage du juge. Et ils oublient que le Créateru qui est le juge n’est pas que le juge, il est le père.

Ces choses sont à comprendre de la manière la plus élémentaire, la plus simple, à la limite presque infantile. On n’a pas peur du père. Et si on a peur du père c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Alors cela se soigne. Voyez ce qui peut sortir comme mouvement culturel  d’une névrose au niveau de la loi morale. La loi morale c’est la volonté du père, alors donc la religion du père ‘est le Dieu terrible, Dieu le père. Quel est le problème de fond ? La relation à la loi morale. L’incapacité d’intégrer  vraiment que le repentir est possible. Et le chrétien a une conscience aigüe et tragique qu’en tant que créature  il est damné. Et que pour s’en sortir quelque soit sa bonne volonté il sait très bien qu’il ne peut pas accomplir la Torah comme disent les Juifs. La preuve ? les Juifs ! Alors comment être sauvés parcequ’il faut bien être sauvés ? On est alors sauvé par cette stratégie magique qui vient des paganismes antiques des religions à sauveur. Le fils qui se sacrifie.     

 

***

 

Je reviens au point principal : l’incapacité à maitriser la réversibilité du temps, le fait que le passé redevient un futur. Le Rav Kook nous a enseigné un verset à propos de Toubi Shévat qui est dans la Parashah de KiTavo [Dt. 26:1] :

 וְהָיָה, כִּי-תָבוֹא אֶל-הָאָרֶץ

Véhayah Ki-Tavo El Haarets

Et il arrivera quand tu viendras dans le pays

 

Voyez le mot Véhayah.

La règle que donne le Talmud c’est que chaque fois que le texte commence par Vayhi cela indique une catastrophe. Parce Yéhi le futur est transformé en passé Vayhi.

Mais chaque fois qu’un texte commence par le mot Véhayah c’est Bessorah tovah, c’est Sim’hah. Qu’un passé devienne un futur c’est cela la définition de la joie : Véhayah.

Il faut lire Pshat : Véhayah… Ki-Tavo El Haarets. Tout ce que la Torah a promis Véhayah, Véhayah, Véhayah… cela s’accomplit quand ? Ki tavo El Haarets… Quand tu viendras dans le pays. Vous voyez cette inversion du passé en futur. Il y a quelque chose de plus à ajouter : comment le texte aurait-il du dire ?

On est dans le désert et la Torah dit « il arrivera quand tu viendras dans le pays… ». Elle aurait du dire « quand tu iras dans le pays… » En hébreu Ki-talekh. La Torah est donnée au désert, et elle parle d’Erets Israël, alors elle devrait dire Véhayah Ki-Telekh el Haarets. Mais elle dit Ki tavo El Haarets. Qu’est-ce que cela veut dire ? Il n’y a de Torah que la Torah d’Erets Israël ! Cette voix qui parle elle parle en Erets Israël ! Et elle dit à ceux qui sont dans le désert : Et il arrivera quand tu viendras… Ki Tavo.

 

Q : Israël a eu la Torah dans le désert ?

R : C’est arrivé comme cela. Mais de toute façon cette Torah qui est donnée dans le désert elle parle depuis Jérusalem, depuis Erets Israël.

Isaie 2:3 :

Ki-Mitsion Tetsé Torah ou Dvar Hashem miYroushalayim

D’ailleurs beaucoup de commentateurs, en particulier Judah Halévi, se basent sur ce verset pour établir que le Sinaï fait partie d’Erets Israël. Puisque la Torah a été donnée au Sinaï et qu’il y a d’écrit Ki-Mitsion Tetsé Torah alors le Sinaï c’est Tsion !

Pour le moment on est en train de faire un jeu de va et vient mais ce n’est pas fini.

 

***

 

Le chapitre 30 et ensuite quelques versets dont nous avons besoin.

Verset 11 :

 

כִּי הַמִּצְוָה הַזֹּאת, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם--לֹא-נִפְלֵאת הִוא מִמְּךָ, וְלֹא רְחֹקָה הִוא

Car cette Mitsvah que je t'enseigne en ce jour, n'est pas trop extraordinaire pour toi, n’est pas trop loin

 

Et jusque là il y a ambiguité. De quoi s’agit-il vraiment ? De la Téshouvah par rapport à la Torah et les Mitsvot ? Ou de Tsivat Tsion le fait de revenir à Tsion ?

Cf. le contexte de Ki Tavo : Et quand tu seras dans l’exil et que tous ces malheurs là te seront arrivés, tu te repentiras et tu reviendras. Les deux indications s’entremêlent. Comme quoi la Téshouvah et Tsivat Tsion (aujourd’hui on dirait la Aliyah) c’est la même chose.
.../...

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PENSÉE JUIVE
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