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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 19:04

EKEV 1993

  Par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou) זצ"ל


Commentaire Eikev (1993) 1ère partie (qualité sonore bonne).

Vaet’hanane:

Questions non répondues de la Paracha passée - question de la répétition de l’expression dans le verset 2 du chapitre 4 :

 

4 :2

לֹא תֹסִפוּ, עַל-הַדָּבָר אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּה אֶתְכֶם, וְלֹא תִגְרְעוּ, מִמֶּנּוּ--לִשְׁמֹר, אֶת-מִצְו‍ֹת יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, אֲשֶׁר אָנֹכִי, מְצַוֶּה אֶתְכֶם

Lo tosifu al-hadavar asher anokhi metsaveh etkhem

velo tigre'u mimenu

lishmor et-mitsvot Adonay Eloheykhem asher anochi metsaveh etchem.

« vous n’ajouterez rien à la parole que je vous prescris (enseigne)

et vous n’en retrancherez rien 

pour garder les Mitsvot que Dieu votre Dieu vous enseigne

 

C’est un principe que l’on retrouve encore une autre fois dans le livre de Dévarim - retenez bien le Pshat - c’est que le nombre des Mitsvot de la Torah ne doit par être changé. Nous savons par tradition (Guémarah Massekhet Méguilah) qu’il y a 613 Mitsvot dans la Torah (248 positives Mitsvot Aassé – 365 Mitsvot négatives, les interdictions) Il y a un problème que l’on étudie habituellement à ce sujet : pourquoi dans la Torah en général y-a-t’il plus d’interdictions que de commandements positifs ?

 

Et dans tous les cas, ce principe qui nous vient de la Qaballah (c’est un enseignement du Talmud) et est en principe reconnu par tous les décisionnaires (les Poskim – ceux qui ont capacité de décider de la législation de la Torah). Mais il y a controverse en particulier par deux des grands décisionnaires, Maïmonide (Rambam) et Na’hmandie (Ramban), non pas sur le nombre de commandements (il y a des raisons de la Kabalah qui font que c’est ce nombre-là) mais sur le fait de savoir si tel verset est un commandement ou une promesse. Tous les commandements sont donnés au futur. On les entends comme des impératifs mais ils sont toujours donnés au futur même dans les exceptions apparentes. Ce qu’on croit être une exception c’est aussi un futur. Et donc il peut y avoir controverse sur les versets pour savoir s’il s’agit d’une bénédiction ou d’une promesse de bénédiction, ou bien si c’est un commandement.

 

C’est pourquoi les codes des grands décisionnaires n’ont ainsi pas forcément le même décompte des Mitsvot, mais leur nombre est de manière irréversible 613.

 

Dans l’enseignement du Rav Kook : la Torah s’adresse simultanément à la collectivité d’Israël et à l’individu d’Israël. Mais elle s’adresse à la collectivité d’Israël dans un futur de promesse.

 

Je prends un exemple qui me vient toujous à l’esprit : lo tirtsa’h tu ne tueras pas. Il n’y a pas al tirstsa’h ne tues pas. Cela veut dire, lorsque la Torah s’adresse à la collectivité : si tu es Israël, Je te promets : voici ce que sera ton profil d’identité : « Tu ne tueras pas !» C’est une promesse. 

 

Voilà ce que tu seras, ce n’est pas un commandement d’être, ce n’est une promesse sur l’être.

L’individu à l’intérieur du groupe, à l’intérieur et à travers la collectivité, entend la promesse donnée à la collectivité comme un ordre à être Israël à travers telle ou telle conduite ou Mitsvot.

 

En d’autres termes, nous naissons Jacob et les promesses sont faites à Israël. Donc, la dimension de commandement de la Torah, s’adresse à Jacob en lui ordonnant de devenir Israël.

 

Mais dès qu’il devient Israël la promesse s’accomplit.

 

Cela veut dire : la dimension d’obligation (Tsav, Mitsvah, ’Hovah) que l’on entend dans le commandement sous forme d’impératif, c’est l’individu qui entend la voix qui s’est adressée à la collectivité comme promesse, et l’individu l’entend comme commandement à être membre de cette collectivité.

 

Quoiqu’il en soit, tous les commandements sont dans le nombres de ces 613 qui est un nombre qui a des explications kabalistes. Il n’y a pas de raison Pshat, il y a des raisons très profondes pour cela.

 

Il peut donc y avoir controverse sur tel ou tel contenu de commandement mais jamais sur le nombre des 613.

 

Nous trouvons plusieurs fois dans la Torah ce verset d’interdiction de rajouter ou de retrancher un commandement.

 

Le problème de la ’Houmra – ie. la manière dont on applique une Mitsvah plus ou moins aggravée avec plus ou moins de précautions - n’est pas considéré comme ajouter un commandement. Mais il y a ici un problème : que ce que l’on a choisit comme ’Houmrah ne soit pas considérée comme commandement des 613.

 

לֹא תֹסִפוּ, עַל-הַדָּבָר אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּה אֶתְכֶם, וְלֹא תִגְרְעוּ, מִמֶּנּוּ--לִשְׁמֹר, אֶת-מִצְו‍ֹת יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, אֲשֶׁר אָנֹכִי, מְצַוֶּה אֶתְכֶם

Lo tosifu al-hadavar asher anokhi metsaveh etkhem

velo tigre'u mimenu

lishmor et-mitsvot Adonay Eloheykhem asher anochi metsaveh etchem.

« vous n’ajouterez pas à la parole que je vous prescris (enseigne)

et vous n’en retrancherez rien 

pour garder les Mitsvot que Dieu votre Dieu vous enseigne

 

L’homme ne dispose d’aide à lutter contre le Yestser Hara, le mauvais instinct,  que par rapport aux commandements que Dieu a donné. Nous avons étudié ce problème à propos des voeux : c’est s’ajouter une obligation pour laquelle on n’a pas de protection vis-à-vis du Yetser Hara. C’est pourquoi il est très périlleux de formuler un voeu. Tant qu’il n’est pas accompli on est appelé Rasha, quand on l’a accompli on est appelé Tsadik. Tant qu’il n’est pas accompli, il y a une sorte de culpabilité innocente. Coupable sans avoir fait de faute, mais coupable de ne pas avoir encore accompli le voeu. En situation de culpabilité – on est ’Hayav, soumis à obligation – c’est-à-dire coupable de ne pas encore l’avoir accompli.

 

Il y a une espèce de scrupule de toute conscience qui, soumise à une loi, risque de confondre cette responsabilité vis-à-vis de la loi avec une culpabilité. Très souvent on se croit coupable alors que l’on est que responsable. ’Hayav en hébreu veut dire soit responsable soit coupable.

 

On est responsable d’avoir à accomplir une obligation, et on en est coupable par le fait même tant qu’on ne l’a pas accompli bien qu’il n’y a pas faute dans le comportement. C’est le sens du mot ’Hayav.

 

En hébreu classique il y a deux mots : ’Hav et ’Hayav.

 

Baba Qama montre une discussion où la Mishnah dit « ’Hav hamaziq - celui qui a causé un dommage est passible de... »

La Guémara demande : pourquoi ’Hav au lieu de ’Hayav ?

Réponse : parce qu’il parle hébreu !

Cela veut dire que dans l’hébreu biblique, il y a une différence entre le terme ’Hav - sousmis à responsabilité - et ’Hayav – coupable.

 

Dsans l’hébreu rabbinique, avec la mentalité du Talmud Babli et non du Yéroushalmi, on a conservé le mot de ’Hayav pour les deux notions.

 

Mais cela recoupe un problème psychologique très important.

 

[A l’attention des pédagogues et des mères de familles : Faire croire à un enfant qu’il est coupable alors qu’il n’est que responsable, cela fait des dégats psychologiques considérables. Beaucoup d’enfants ont des traumatismes parce qu’ils ont cru qu’une responsablité qu’ils avaient et qui est légitime, était en réalité une culpabilité. Un bon pédagogue c’est quelqu’un qui n’a pas oublié comment il était quand il était enfant. Alors il peut s’occuper de l’enfant. Les jeunes parents ont oublié et sont parfois des tortionnaires. C’est connu des psychologues que les jeunes parents se vengent sur leurs enfants inconsciemment exactement des mêmes sévices qu’ils ont subis de leur parents étant enfants en faisant subir les mêmes. C’est héréditaire. Dans les familles où les grand-parents sont présents les choses sont mises au point. C’est le drame des famille sans grand-parents. Pour avoir des enfants heureux, il faut adopter des grand-parents. C’est la différence entre une  civilisation où il y a des vieux et une civilisation où il y a des vieillards. Une civilisation sans vieillards et où il n’y a que des vieux est une civilisation perdue.]

 

C’est un principe très important que la Torah nous donne : si on s’ajoute une Mitsvah – c’est en påarticulier le cas du voeu - on se met en péril face au Yetser Hara qui va contre-attaquer et contre lequel l’aide n’est pas prévue comme elle est prévue pour les Mitsvot données par la Torah. (Shiyatah Dishmayah)

 

C’est la raison pour laquelle la Torah en introduisant la législation des voeux dit :

Ish ki yafli lindor neder  

(Cf. Bamidbar 6:2: אִישׁ אוֹ-אִשָּׁה, כִּי יַפְלִא לִנְדֹּר נֶדֶר נָזִיר--לְהַזִּיר, לַיהוָה )

Lorsqu’un homme fera cette chose merveilleuse – pélé - de faire un voeu - c’est surhumain, c’est une performance. Certains sont attirés par la performance, comme ceux qui deviennent athlètes.

Mais s’ajouter des ’Houmrot c’est périlleux.

Mais tant que le voeu n‘est pas accompli on est appelé Rashâ, c’est un principe qui va loin. Au jugement dernier selon la même Guémara, on nous demandera compte des jouissances terrestres permises non prises. Ce sera considéré comme une faute.

 

לֹא תֹסִפוּ, עַל-הַדָּבָר אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּה אֶתְכֶם, וְלֹא תִגְרְעוּ, מִמֶּנּוּ--לִשְׁמֹר, אֶת-מִצְו‍ֹת יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, אֲשֶׁר אָנֹכִי, מְצַוֶּה אֶתְכֶם

Lo tosifu al-hadavar asher anokhi metsaveh etkhem

velo tigre'u mimenu

lishmor et-mitsvot Adonay Eloheykhem asher anokhi metsaveh etkhem.

« vous n’ajouterez pas à la parole que je vous prescris (enseigne)

et vous n’en retrancherez rien 

« Afin de préserver les commandements de Hashem votre Dieu que Je vous prescris à vous »

 

D’où la question de la répétition :

Pourquoi deux fois l’expression « asher anokhi metsaveh etkhem que Moi Je vous prescrits » ?

 

Réponse succinte : la Torah que nous avons, est la Torah que Mosheh nous a transmise et qui s’appelle d’ailleurs : Torah Le-Mosheh MiSinaï.

 

Une Guémara explique cette répétition en citant le cas de la bénédiction des Kohanim.

La Torah nous a donné la formule de la bénédiction des Kohanim. Et la Guémara cite le cas d’un Kohen qui ferait le raisonnement suivant : il y a d’autres parts, d’autres bénédictions dans la Torah, je pourrais penser pouvoir les ajouter puisque c’est la volonté de Dieu de bénir Israël et j’ai d’autres formules dans la Torah, comme par exemple celles de Mosheh :

 

Devarim 1 :10-11

יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, הִרְבָּה אֶתְכֶם; וְהִנְּכֶם הַיּוֹם, כְּכוֹכְבֵי הַשָּׁמַיִם לָרֹב

Adonay Eloheykhem hirbah etkhem vehinekhem hayom kekhokhvey hashamayim larov.

 « Dieu vous a fait nombreux comme les étoiles du ciel (C’est la bénédiction divine)

יְהוָה אֱלֹהֵי אֲבוֹתֵכֶם, יֹסֵף עֲלֵיכֶם כָּכֶם--אֶלֶף פְּעָמִים; וִיבָרֵךְ אֶתְכֶם, כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר לָכֶם

Adonay Elohey avoteychem yosef aleychem kakhem elef pe'amim vivarech etkhem ka'asher diber lakhem

« Que l'Éternel, le Dieu de vos pères, vous fasse croître encore mille fois plus et qu'il vous bénisse comme il vous l'a dit.». ( Cela c’est la mienne )

 

Cela veut dire que si j’ai une Brakhah en tête que je me crois autorisé à ajouter à ce que la Torah a dit, en faisant le raisonnement suivant « Je sais que c’est la volonté de Dieu »...

C’est pourquoi Moïse précise : « cela et pas plus, cela et pas moins ». Il ne s’agit pas bien sur d’invention mais de prescriptions supplémentaires que je me croirais autorisé à faire parce que la Torah me ferait comrpendre que ce serait la volonté de Dieu.

 

C’est pourquoi la question est importante.  

 

Chaque fois qu’une précision est donnée dans la Torah, il faut toujours se demander à quel cas de figure elle s’applique. C’est la méthode du Talmud. Je pourrais faire un raisonnement non pas d’ajouter à la Torah pour la violer mais pour mieux l’appliquer. C’est cela qui est interdit.

 

C’est l’expression - אֲשֶׁר אָנֹכִי, מְצַוֶּה אֶתְכֶם asher Anokhi metsaver et’hem - Cela et pas plus, cela et pas moins... Et le principe auquel on fait allusion à ce sujet est : Kol hamossif goréa « tout celui qui ajoute retranche » (Talmud Sanhédrin 29 a) qui semble illogique. Quel raisonnement rétintégrerait la cohérence d’un tel principe ?

 

En ajoutant un commandement, je risque par là même d’annuler un commandement de la Torah, et donc en ajoutant un je retranche un qui, lui, est authentique. Avéra haba’a bé mitsvah - c’est Avéra shé mitvah goreret - Une transgression qu’une Mitsvah entraine. La bonne volonté conduit à mal faire.

 

Il y a une autre manière plus classique d’expliquer par le raisonnement :

Si je crois que je suis autorisé à ajouter, cela veut dire que le nombre des Mitsvot n’est pas intangible. Et si le nombre des Mitsvot n’est pas intangible, alors peut être suis-je autorisé à retrancher...  Celui qui ajoute sera amener à retrancher.

 

C’est le raisonnement de Maimonide sur la faute – ‘Heth. (non pas Avérah - transgression qui est une autre catégorie) la racine de ’Het signifie « rater la cible » – c’est exactement un raté. L’idée d’une flêche tirée manquant la cible. C’est le râté du métier d’homme qui n’implique pas une mauvaise volonté et le désir de trangresser. ’Heth c’est d’une façon générale je n’ai pas voulu fauté - cela c’est Péshâ, que l’on traduit par péché lorsque j’ai voulu fauté -  mais j’ai râté. Un raté du métier d’homme. Cela ne veut pas dire que c’est intentionnel Avon et que la volonté ou l’intention soit mauvaise. Il y a eut un raté.

 

Maïmonide explique cela ainsi : fauter cela veut dire dévier soit à droite, soit à gauche.

Un Tsadik pour Maïmonide c’est le Derekh Haemtsaï. Je ne traduis pas pour ne pas entrer dans Aristote. On est Rasha soit en faisant plus soit en faisant moins. Maïmonide est contre ce qu’on appellerait l’extrêmisme, être à l’extrêmité. C’est pourquoi son explication de la Teshouvah est importante. Fauter c’est dévier de la voie droite.

 

Supposons quelqu’un qui a dévié en faute à gauche (par manque), c’est parce qu’il n’est pas capable d’être au milieu. Il faut donc le retourner en face – de l’autre côté - et par un jeu de pendule pédagogiquement trè lent, finalement il arrivera au milieu. Il faut savoir qu’il est Rashâ à gauche et on le rend Rashâ à droite (par excès) en vue de le guérir pour le ramener au mileu.

Mais l’extrêmisme opposé à l’extrêmisme de la faute est encore une faute mais c’est une thérapeutique pour le ramener au centre.

 

C’est une explication de Maïmonide dans les Shmonei Prakim qui est très importante.

Imaginez un métal tordu : pour le redresser il faut le tordre dans l’autre sens pour le ramener droit...

 

Autres Questions :

 

Q : Pourquoi la répétition des 10 commandements dans Vaét’hanane est-elle différente ?

R : Les premiers 10 commandements dans Yitro ont été révélés à la génération de la sortie d’Egypte. Et par conséquent, la motivation en particulier du Shabat se réfère à la création du monde parce qu’eux ont eu l’expérience de la sortie d’Egypte. Tandis que le 2ème texte des 10 commandements est donné à la génération des fils qui va entrer en Erets Israël et eux n’ont pas l’expérience de la sortie d’Egypte. C’est pourquoi la motivation sera la sortie d’Egypte. C’est un exemple des différences.

 

Le principe étant que lorsque c’est formulé pour la génération qui rentre en Erets Israël, la formulation n’est pas exactement la même que pour la génération qui a l’expérience  de la sortie d’Egypte.

 

Ibn Ezra a donné un enseignement très important : les Taamim, l’accentuation, sont exactement les mêmes ! L’essentiel de la capacité de prophétie c’est dans la cantilation de la parole plus que dans dans la parole, que l’essentiel de la Névouah est plus dans les Taamim que dans les voyelles des paroles. Il y a une ‘Hokhmah véhiculée par les Taamim plus élevée que celle véhiculée par les lettres et les voyelles.

 

Il y a d’ailleurs 4 niveaux Taguim, Taamim, Nekoudot, Otiot. Les Taguim sont encore plus haut que le chant.

 

Ibn Ezra : il y a identité des Taamin mais les mots sont différents, volontairement, cela fait sens.    

 

***

Parshat Ekev

 

Derniers versets de Parshat Vaet’hanane et premiers versets de Parshat Eikev

 

Dans la fin de Parashat Vaét’hanane (Verset 6 chapitre 7) se trouve ici une des motivations que la Torah donne sur ce que j’appelerais ici « l’élection d’Israël ».

 

Il y a un problème très important du choix d’Israël par Dieu. Il y a différents plans de l’élection. En particulier, choisi pour recevoir la Torah, mais c’est parce qu’il a été choisi comme peuple qu’il a reçu la Torah. Et il y  a différentes réponses qui sont dans le texte de la Torah.

 

1-      c’est parce qu’il s’agit des descendants des Patriarches

2-      c’est parce qu’Israël, a été à la manière d’Abraham, le peuple qui a eu l’expérience de la fin d’exil. C’est cette expérience qui l’instaure comme peuple-guide des autres nations. Je vous parle souvent de cette notion-là : la foi d’Israël c’est que l’exil peut prendre fin. L’indice principal en est la prière : devant qui nous mettons-nous pour prier ? La tradition n’a pas choisi une définition d‘ordre métaphysique théologique. Par exemple on pourrait supposer que la tradition fixe comme formule de la prière devant qui je me trouve pour prier : le Créateur du monde. C’est vrai, mais ce n’est pas à ce titre que je lui adresse ma prière. C’est à un tout autre titre. S’il est Créateur du monde, Il a disposé dans le monde les lois conforme à sa Volonté et je n’ai pas à lui demander de changer Sa volonté. Or, c’est ce que demande toute prière qui lui demande de changer Sa volonté. La formule d’introduction à toute prière c’est  Yéhi Ratson Míléfanékha Que ce soit une volonté devant Toi... 

Cela veut dire : je connais l’état de Ta volonté jusqu’à maintenant, comment Tu gères ton  monde et cela ne me satisfait pas, changes ! C’est énorme ! Il faut donc qu’il y ait des attendus à la prière, qu’est-ce qui me donne le droit de prier ? etc...

 

Mais devant Qui je me mets pour prier ?

Encore une fois, pas devant Dieu qui a créé le monde. Je n’ai pas le droit de lui demander de changer Sa volonté. Au contraire, les grands Tsadikim ont peur de prier car ils ont concience que ce qu’ils demandent c’est de changer Sa manière de diriger le monde. Dieu sait ce qu’il fait, et c’est dangereux de prier...

 

Enseignement du Zohar et de la Guémara : « HaQadosh Baroukh Hou désire la prière des justes » car elle ne peut pas ne pas être exaucée. En obéissant aux Justes, Dieu s’obéit à Lui-même. Il suffit qu’un juste demande pour que ce soit comme si c’était Dieu Lui-même qui l’avait demandé. Or, les Justes ont peur de demander car ils sont tellement croyants qu’ils savent que Dieu sait ce qu’il fait.

 

Le Talmud dit donc « HaQadosh Baroukh Hou désire la prière des justes » C’est pourquoi Dieu les privent de tout pour les obliger à prier. Et quand le Juste, acculé à prier, prie, Dieu donne à tous. En plus le Juste s’entête...

 

En fait nous prions devant, la dernière phrase que nous disons avant de commencer le Shemoneh Essreh, on vient de dire :

Baroukh Atah Hashem Goël Israël.

On rappelle la sortie d’Egypte qui est la preuve que l’on peut sortir d’exil et on se met devant Dieu pour prier. Dieu est ici défini comme « Celui Qui nous a fait sortir d’exil ». Et non pas comme diraient les théologiens philosophes « Celui qui a créé le monde », qu’il ne vaut mieux pas toucher, Lui seul sait ce qu’il fait.  C’est une sensiblite religieuse très différente.

 

Autre exemple:

Le double système nerveux – volontaire et sympathique.

Le système nerveux volontaire est soumis à ma volonté.

Le système nerveux sympathique régit les fonctions vitales de l’organisme et n’est pas soumis à ma volonté. Ce serait très dangeureux qu’il le soit : si j’avais la faculté de commander au foie, à l’intestin, l’oesophage, aux poumons, au coeur... je serais à l’hopital... Si j’avais ce pouvoir je mourais instantanément. J’en ai marre ! et le coeur s’arrête... Les grands Tsadikim, les grands hommes de la vertu savent gérer leurs fonctions autonomes sympathiques. Pour les autres c’est dangereux.

 

Pareillement, il y a tout une partie du monde et de notre monde qui n’est pas soumis à la prière, car on ne sait pas quel dégat on va faire en demandant des choses absurdes. Il n’y a que Dieu qui sait ce qui est bien pour nous. Alors, il faut être un grand pour pouvoir supposer ce qui est bien pour moi. Vous voyez pourquoi ce sont les grands prophètes qui nous ont donné les textes de la prière ! Imaginez que nous soyons exaucés sur des caprices !

 

On ne prie pas devant le Créateur, on prie devant Celui qui nous a fait sortir d’Egypte, et nous savons que c’est le Créateur. C’est cela Sa puissance car d’après les lois de la création, on ne sort pas d’Egypte, d’après le lois de la Création on reste exilé. Si on sort d’Egypte c’est que Dieu est intervenu pour faire un miracle, c’est à Dieu qui fait des miracles que l’on prie, pas à Dieu qui gère et fait les lois du monde.

 

Or, la condition de créature est une condition d’exil: le fait d’être créé c’est d’être mis loin du Créateur. La raison pour laquelle finalement l’humanité entière se reconnait à sa manière dans la foi d’Israël, c’est parce que la foi d’Israël témoigne que l’on peut soritr d’exil. Au fond toute créature a pour souci profond plus inconscient, de mettre fin à la condition d’exil de créature. Etre sauvé signifie retrouver le Créateur. Cela veut dire briser la solitude de la créature comme créature, ce qui est un exil. Or, nous sommes le seul peuple qui a la preuve que l’on peut sortir d’exil. Notre histoire consiste en cela exil-délivrance, Galout-Guéoulah, il y a un chapitre du Maharal extraordinaire là-dessus.

 

Cette expérience d’Israël commence avec Abraham.

« Je suis Celui qui te fais sortir d’Our-Kasdim »  c’est la même expression que lorsqu’Il s’adresse à Israël « Je suis Celui qui vous ai fait sortir d’Egypte »... C’est là la foi d’Israël.

 

Verset 6 chapitre 7 Parashat Vaethanane

כִּי עַם קָדוֹשׁ אַתָּה, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ:  בְּךָ בָּחַר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, לִהְיוֹת לוֹ לְעַם סְגֻלָּה, מִכֹּל הָעַמִּים, אֲשֶׁר עַל-פְּנֵי הָאֲדָמָה

Ki am kadosh atah l'Adonay Eloheykcha

becha bachar Adonay Eloheycha

liheyot lo le'am sgulah

mikol ha'amim

asher al-peney ha'adamah

Car tu es un peuple saint-consacré à l'Éternel, ton Dieu: il t'a choisi, l'Éternel, ton Dieu, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre

 

C’est un des verset qui explique l’élection d’Israël : compte tenu de cette expérience de la Guéoulah – devenir Mamlekhet Kohanim véGoy Qadosh’ pour l’humanité entière.

Dieu à Israël au pied du Sinaï : « Je vous ai fait sortir d’Egypte sur les ailes des aigles... alors maintenant vous allez devenir pour Moi, un  peuple de prêtres. »

 

Cela signifie que l’élection d’Israël, c’est ce « ballotage » André Chouraqui : « le peuple élu est souvent en ballotage », entre exil-délivrance, et c’est ce témoignage qu’Israël doit apporter. C’est cela la foi d’Israël

 

Car tu es un peuple saint pour Hashem ton Dieu.

C’est toi que Dieu a choisi

pour être le peuple privilégié

de tous les peuples

qu’il y a sur la surface de la terre.

 

Une fois ce choix effectué par Dieu c’est irréversible : pourquoi y aurait-il des conditions ?

Si Dieu promet et a décidé c’est irréversible ! Qu’elle est la condtion ? C’est ce que nous lisons dans notre Parashah : l’accomplissement des Mitsvot !

C’est là la tension entre l’élection,  irréversible et motivée, justifiée, légitime, et de l’autre côté la condition posée : les Mitsvot.

 

7 :7

לֹא מֵרֻבְּכֶם מִכָּל-הָעַמִּים, חָשַׁק יְהוָה בָּכֶם--וַיִּבְחַר בָּכֶם:  כִּי-אַתֶּם הַמְעַט, מִכָּל-הָעַמִּים

Lo merubechem mikol-ha'amim

‘hashak Adonay bachem

vayivchar bachem ki-atem hame'at mikol-ha'amim

Non pas parce que vous êtes plus nombreux que les autres nations

Que Dieu vous a désiré

et vous a choisi, vous êtes parmi les plus petites nations

 

Nous sommes les moins nombreux mais nous sommes un peuple amoindri systématiquement à travers l’histoire. Sans les massacres, les pogrommes, les assassinats, les destructions, l’assimilation à travers l’histoire, nous serions des centaines de millions. Plus nombreux que l’Islam et le Christianisme.

 

Ici donc il y a une motivation : non parce que vous être les plus nombreux.

Il n’a pas décidé que nous soyons peu nombreux puisque la bénédiction donnée aux patriarches fait référence au nombres d’étoiles du ciel et au sable de la mer. Un jour se dévoilera que nous sommes nombreux comme cela. Mais pour l’instant les Juifs visibles sont le sommet de l’iceberg.

 

Enseignement : Avant la naissance d’un être dans le monde  Dieu lui demande si l’être accepte le sort prévu pour lui. Et on est libre, avant de naitre de refuser ou accepter. Ce qui implique que si on a le sort qu’on a c’est qu’on l’a accepté, mais avant de naître, et on l’a oublié. Il y a, semble t’il, très peu de créatures qui osent être juif. Il faut aussi l’accepter. On choisit avant la naissance mais après la naissance c’est irréversible.

 

7 :7

לֹא מֵרֻבְּכֶם מִכָּל-הָעַמִּים, חָשַׁק יְהוָה בָּכֶם--וַיִּבְחַר בָּכֶם:  כִּי-אַתֶּם הַמְעַט, מִכָּל-הָעַמִּים

Lo merubechem mikol-ha'amim

‘hashak Adonay bachem

vayivchar bachem

ki-atem hame'at mikol-ha'amim

Non pas parce que vous êtes plus nombreux que les autres nations

Que Dieu vous a désiré

et vous a choisi,

vous êtes parmi les plus petites nations

 

C’est la manière dont on aime une fiancée : avoir ‘heshek- ce n’est pas le désir grossier

.../...


*****

Ekev 1993 - Suite & fin.
Commentaire Eikev (1993) 2ème. partie (qualité sonore bonne)

 

.../...

 

Il y a là quelque chose d’extrêmement important :

Ce n’est pas Israël qui a choisi Dieu comme dans les autres religions, c’est Dieu qui a choisi Israël. Il n’a pas choisi n’importe qui. Il a choisi le peuple qui était prêt à Le choisir Lui. C’est véritablement une demande en mariage. Il n’impose ensuite qu’à celui qui a été prêt à Le choisir. C’est vraiment le temps des fiançailles. On ne fiance que ceux qui ont librement choisi d’être mariés. Une fois mariés c’est irréversible. L’expression française dit « les 12 chaines du mariages ».

 

וַיִּבְחַר בָּכֶם

כִּי-אַתֶּם הַמְעַט, מִכָּל-הָעַמִּים

Vayiv’har bkhem

ki-atem hame'at mikol-ha'amim.

« Car vous êtes le plus petit de tous les peuples » 

 

Cela veut dire : Ne vous vantez pas d’être le plus grand des peuples.

Je l’ai entendu de grands Goyim : « vous êtes le plus grand des peuples ».

 

Cf. le livre de Thierry Maulnier : « l’honneur d’être juif », un livre écrit à la gloire des Juifs.

Cioran : « la difficulté d’être » qui comporte un chapitre phénoménal sur les Juifs. On sent qu’il voudrait être anti-juif, mais, comme Bilaam, il est obligé de les féliciter. Aucun juif au monde n’aurait eu le courage de dire ces choses qu’il a dites. Cela mérite d’être lu.

 

Rashi cite Rabénou Mosheh ha Darshan, un de ses maîtres, qui lit - הַמְעַט ha-méat-  le petit - de la manière suivante : vous remarquez qu’il y a un petit astérisque sur le Hé dans le texte. Rabénou Mosheh ha Darshan était un séfarade de Narbonne. (Tous les Juifs qui s’appelle Narbonni descendent vraisemblablement de lui). Rashi le cite souvent. Or, on a perdu ses archives sauf des Midrashim que des moines franciscains ont retrouvé et réédité  à leur manière. C’est un peu suspect, l’original ayant disparu... Il lit le verset ainsi :

Ki atem hé - meat mikol-ha'amim => car vous êtes 5 de moins que tous les peuples.

 

Normallement, il devrait y avoir 70 noms en Israël. Au dernier dénombrement du désert, il n’est resté que 65 noms. Il y a une sorte de talon d’achille, un manque, un défaut dans l’identité d’Israel.

Parashat Pin’has, à la suite des différentes mises à l’épreuve d’Israël, il y a un certain nombre de noms qui disparaissent.

 

ð  Datan et Aviram : les révoltes des chefs des tribus

ð  Nadav et Avihou la faute des enfants de Aharon, la faute des prêtres

ð  Tselof’had le viol du Shabat, la faute du Shtan Yéhoudi 

ð  Qora’h : la Mal’hoquet des Talmidei ‘Hakhamim

 

Il y a 6 noms qui ont disparus et dans la Parashah de Pin’has, relisez le dénombrement, la Torah explique chaque chaque fois pour ces noms-là la raison de leur disparition. On finit de faire le compte on voit qu’il en reste que 65. Là Rashi cite Rabénou Mosheh HaDarshan en disant : « vous êtes 5 de moins ».

 

Il y a grâce aux filles de Tsélof’had, la Torah en deux endroits donne leur nom et indique qu’elles étaient saintes – la réintégration des 5 noms en Israël qui sont les 5 filles de Tsélof’had.

 

Il y a en tout cas 65 noms + les 5 noms des filles de Tsélof’had, il y a une vulnérabilité dans l’identité d’Israël. On est entré dans l’histoire avec cette vulnérabilité mais on est protégé par les Nashim Tsadkaniot  (les femmes justes) dont le modèle sont les filles de Tsélof’had.

 

A chaque moment de gravité dans l’histoire d’Israël, on est sauvé grâce aux femmes. Et nous vivons actuellement un moment pareil. Les femmes sont plus militantes que les hommes dans le retour à la Torah, dans la politique juive elle-même… C’est le temps des organisations féminines qui sauvent la communauté. Je pousse les choses à la limite pour bien mettre cela en évidence. On s’aperçoit que ce sont les femmes qui dirigent la communauté. C’était ainsi à la sortie d’Egypte.

C’est grâce aux femmes d’Israël que les défauts d’Israël de la sortie d’Egypte ont été colmatés. En particulier elles n’ont pas participé à la faute du veau d’or. Aharon a dit : « prenez vos bijoux… » les femmes ont refusé.

Il y a 2 explications, soit les femmes trop coquettes ont refusé, soit elles n’ont pas voulu participé à cette Avodah Zara. On apprend que c’est cette 2ème explication qui est vraie. Lorsque Dieu a demandé à Moïse d’organiser le Tabernacle, il a demandé que la cuve d’airain où les Lévites devaient se purifier soit faite par les miroirs des femmes. Le Midrash raconte l’étonnement de Moïse face à cette décision de Dieu. Dieu lui répond : « C’est grâce à ces miroirs qu’Israël existe… grâce aux miroirs il y a du désir des hommes pour les femmes qui se sont apprêtées...

 

L’argumentation de la Torah sur l’élection d’Israël évacue de suite sa stature spirituelle gigantesque

comme cause de cette élection. Ce n’est pas les motivations de puissance habituelle des grandes nations. 

 

Le Rashi sur le verset est très clair.

« Vous êtes le seul peuple qui ne joue pas à la grande puissance »  Vous êtes modestes...

 

Verset 8

7:8

כִּי מֵאַהֲבַת יְהוָה אֶתְכֶם

Ki me'ahavat Adonay etkhem

Cela vient du fait que Dieu vous a aimé

 

Mystère de ce que Dieu a vu pour aimer les Juifs.

 

Et en voilà la clef :

 

כִּי מֵאַהֲבַת יְהוָה אֶתְכֶם, וּמִשָּׁמְרוֹ אֶת-הַשְּׁבֻעָה אֲשֶׁר נִשְׁבַּע לַאֲבֹתֵיכֶם, הוֹצִיא יְהוָה אֶתְכֶם, בְּיָד חֲזָקָה; וַיִּפְדְּךָ מִבֵּית עֲבָדִים, מִיַּד פַּרְעֹה מֶלֶךְ-מִצְרָיִם

Ki me'ahavat Adonay etkhem

Cela vient du fait que Dieu vous a aimé

umishomro et-hashvu'ah asher nishba a'avoteychem

le fait qu’il observe le serment qu’il a juré à vos pères

hotsi Adonay etchem beyad ‘hazakah

vayifdecha mibeyt avadim

miyad Par'oh melech-Mitsrayim

Dieu vous a fait sortir par main forte,

Il vous a délivré de la maison des esclaves,

de la main de Pharaon, roi d’Egypte.

 

Voilà la motivation et la raison de l’élection.

 

וְיָדַעְתָּ, כִּי-יְהוָה אֱלֹהֶיךָ הוּא הָאֱלֹהִים:  הָאֵל, הַנֶּאֱמָן

Veyadata ki-Adonay Eloheycha hou ha'Elohim ha'El hane'eman

Et tu sauras que Hashem ton Dieu c’est Lui qui est Dieu, Dieu digne de confiance

 

Non pas la traduction habituelle de « Dieu fidèle » ce serait « El maamin » le fidèle celui qui fait foi. « Néeman » celui qui est digne de foi, fiable, Dieu en qui on peut croire...

 

Que signifie « Nééman » s’Il est Dieu ? La réponse du Midrash c’est que Dieu observe Lui-même la Torah qu’il a donné : « Torat Hashem » en hébreu cela ne signifie pas seulement la Torah qu’Il nous a donnée. Cela signifie Sa Torah à Lui, celle Qu’il observe Lui-Même. A Lui je peux donc faire confiance, je connais Sa Torah et je sais donc comment Il agit. On peut lui faire confiance parce que, comme l’indique le début du Midrash Rabba, Dieu avait la Torah devant les yeux pour créér le Monde. Il a créé le monde avec un modèle. Il est d’une certaine manière Lui-Même soumis à la Torah Qu’Il nous impose. Nous savons comment Il agit, donc on peut lui faire confiance. Il est digne de foi parce qu’Il est croyant. (L’important n’est pas tant que les gens croient en Dieu que Dieu croit en eux. Et Dieu sait pourquoi)

 

--שֹׁמֵר הַבְּרִית וְהַחֶסֶד לְאֹהֲבָיו וּלְשֹׁמְרֵי מִצְו‍ֹתָו, לְאֶלֶף דּוֹר

shomer haberit veha’hesed le'ohavav

ouleshomrey mitsvotav le'elef dor.

Qui garde l’alliance et la grâce à ceux qui L’aiment

et qui observent ses commandements pour 1000 générations.

וּמְשַׁלֵּם לְשֹׂנְאָיו אֶל-פָּנָיו, לְהַאֲבִידוֹ:  לֹא יְאַחֵר לְשֹׂנְאוֹ, אֶל-פָּנָיו יְשַׁלֶּם-לוֹ

Oumshalem leson'av el-panav leha'avido

lo ye'acher leson'o

el-panav yeshalem-lo.

Et Qu’Il paye à ceux qui Le haïssent « sur l’heure » pour les détruire,

Il ne tardera pas à le haïr,

Devant Sa face il le rétribue.

 

Il rétribue cela veut dire, Il sanctionne sa conduite, en mal Il le punie et le peu de bien qu’il a fait, il lui paye de suite comme cela il n’a pas droit au Olam Haba.

 

Cela se rattache à une des questions très graves de la théologie : pourquoi y a t’il des Reshayim qui sont heureux sur terre ? C’est mauvais pour eux, parce qu’ils utlisent leur avoir de Olam Haba à l’avance...

 

7 :11

וְשָׁמַרְתָּ אֶת-הַמִּצְוָה וְאֶת-הַחֻקִּים וְאֶת-הַמִּשְׁפָּטִים, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם--לַעֲשׂוֹתָם.

Veshamarta et-hamitsvah ve'et-ha’houkim ve'et-hamishpatim asher anokhi metsavekha hayom la'asotam

Ainsi garde la Mitsvah et les règles et lois que Je t’enseigne aujourd’hui, pour les garder.

 

Parshat Ekev

וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן, אֵת הַמִּשְׁפָּטִים הָאֵלֶּה, וּשְׁמַרְתֶּם וַעֲשִׂיתֶם, אֹתָם--וְשָׁמַר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְךָ, אֶת-הַבְּרִית וְאֶת-הַחֶסֶד, אֲשֶׁר נִשְׁבַּע, לַאֲבֹתֶיךָ

7:12 Vehayah ekev tishme'un et hamishpatim ha'eleh ushmartem va'asitem otam veshamar Adonay Eloheycha lecha et-habrit ve'et-hachesed asher nishba la'avoteycha.

 

Et il arrivera « en conséquence de ce que » (Akev = talon)

Ekev => ce qui arrive en fin de compte.

On peut donc comprendre de deux manières: soit c’est la conséquence automatique, soit c’est la condition parce que, puisque...

 

« Et il arrivera parce que-puisque vous aurez observé-écouté les règles que vous les préserviez et que vous les accomplissiez, alors Hashem ton Dieu gardera pour toi l’alliance et la grâce qu’Il a promis à tes pères ».

 

Vous voyez la difficulté. On vient de nous dire qu’il y a une alliance et une élection qui est irréversible et qui ne dépend pas de nous, ni de nos mérites, et on nous dit : il arrivera que en conséquence de ce que... - on pourrait penser que c’est une condition...-  Dieu gardera la promesse qu’Il vous a faite...

 

Comment répondre à cette question ?

 

La Guémara débat longuement la question: est-ce qu’Israël reste Israël même lorsqu’il faute ?

La réponse de la Guémara c’est qu’un membre d’Israël même fautif reste Israël.

 

Dans Vaét’hanane l’élection semble irréversible et juste, dans Ekev, semble t’il, apparaissent des clauses ? Comment résoudre la contradiction apparente ?

 

Je vous donne un exemple : dans la Guémara sont citées les expressions des prophètes lorsqu’ils font des remontrances à Israël. Il y a des interpellations terribles contre Israël. Il n’y a pas de vocabulaire plus « antisémite » si c’était das la bouche des Goyim que ce que les prophètes ont dit d’Israël. Banim mashrikim : enfants dénaturés,  Zera’h meayinim  engeance de pervers. La Guémara lit la qualité « enfants » même s’ils sont dénaturés...Même dénaturés vous restez enfants...

 

[Question de méthode :  dans l’étude talmudique lorsqu’on a une réponse à une question il ne faut pas croire que la question a disparu et s’est évanouie. Il y a la ‘Hokhmah des réponses et la ‘Hokhmah des questions. Ceux qui n’arrivent pas à devenir Talmid ‘Hakham c’est ceux qui ont oublié les questions parce qu’ils ont entendu les réponses. Ils ne savent pas à quoi la réponse répond et la réponse finit également par s’évanouir... Un de mes maitres expliquait cela: « toi tu as eu la réponse, mais au moment où tu l’as eu un enfant est né, et pour lui, la question se repose... » Les vraies questions sont éternelles. Et pour bien comprendre une réponse de la Torah, il faut savoir à quelle question cela répond. Au Talmud Torah on apprenait Rashi : la première question qu’on se posait était : quelle difficulté a eu Rashi ? Si on ne comprend pas la difficulté qu’a rencontré Rashi et la question soujacente à son commentaire on ne comprend pas Rashi... ]

 

D’un côté – Vaét’hanane-  l’indication que l’alliance avec Israël est irréversible et de l’autre côté – Eqév – l’indication d’une clause (l’alliance ne jouera que si vous êtres sages...).

 

Pour une question aussi énorme existent différents systèmes de réponses.

 

Je vais vous en donner un.

 

C’est une étude sur une expression talmudique sur la rétribution des commandements. 

« Matan skha’haran shel mitsvot » le cadeau du salaire des commandements

Si c’est un salaire skha’har ce n’est pas un cadeau ? Et si c’est un cadeau, ce n’est pas un salaire !

 

Pourquoi les rabbins ont-ils appelé ce que nous recevons en récompense de nos vertus, un cadeau ?

Ou bien c’est un salaire ou bien c’est un cadeau !

Que signifie l’expression : Matan Skha’haran ?

Si c’est Al Pih HaDin que j’ai droit à la récompense des commandements – c’est-à-dire en fin de compre Olam Haba, c’est Al Pih Hadin. Si c’est un cadeau, c’est un cadeau !

 

L’expression du Talmud : « Chehé atah yodeah matan skha’han chel mitsvot » : car tu ne connais pas le don du salaire des mitsvot – d’où la nécessité d’être scrupuleux pour toutes les Mitsvot.

On pourrait établir une hiérarchie selon le salaire supposé et évacuer certaines d’entre-elles...

 

Ve da shematan skha’han shel tsadikim meatidlavo

Et sache que le cadeau du salaire des Tsadikim c’est pour l’avenir (le Olam Haba).

 

Une des réponses :

Si c’était Al Pih HaDin, je n’ai le salaire qu’au prorata de mon mérite  Tandis ce que le texte promet c’est qu’il va me donner le salaire que lui suppose quand lui applique la Mitsvah

La rétribution sera au plus haut taux et non au niveau des mérites..

Le salaire est au niveau du mérite, mais le cadeau du salaire dépasse le mérite personnel.

 

Sur quelle Mitsvah Rashi met-il l’accent ?

1er verset de la Parashah

 

7:12

וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן, אֵת הַמִּשְׁפָּטִים הָאֵלֶּה, וּשְׁמַרְתֶּם וַעֲשִׂיתֶם, אֹתָם--וְשָׁמַר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְךָ, אֶת-הַבְּרִית וְאֶת-הַחֶסֶד, אֲשֶׁר נִשְׁבַּע, לַאֲבֹתֶיךָ

Vehayah ekev tishme'un et hamishpatim ha'eleh ushmartem va'asitem otam veshamar Adonay Eloheycha lecha et-habrit ve'et-hachesed asher nishba la'avoteycha.

Et il arrivera en conséquence de ce que vous observez les commandements...

 

Rashi :

Si les Mitsvot (qui vous apparaissent légères) que l’homme a l’habitude de piétiner avec son talon (akev renvoi à ekeiv), si vous les observez...

Quelles sont les Mitsvot que l’on observe en piétinant avec son talon ?

C’est la Mitsvah de marcher sur Erets Israël. Si vous accomplissez cette Mitsvah vous aurez Olam Haba. C’est la Mitsvah que l’on fait en écrasant avec le talon...


 Fin

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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