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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 20:24

 Matot 1994

Commentaire Matot (1994) 1ère. partie (qualité sonore bonne).
 

  par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi

Un thème classique important de la parashah de Matot

Je vais commencer par le début de Matot puis on verra Midiane et vous me rappelerez le problème de Gan et Réouven

 

La Parashah passée est très riche en sujets, mais à la fin de Parashat Pin’has, il y a une récapitulation de toute la liturgie des sacrifices correspondants, en particulier depuis d’ailleurs le sacrifice de tous les jours, à travers celui du Shabat, de Rosh ‘Hodesh etc... à travers surtout les jours qui ont commémorés les événements importants de l’histoire de la génération de la sortie d’Egypte.

 

Chaque jour de fête, en Israël, dans le calendrier d’Israël, (c’est un peu la régle de façon générale dans tout calendrier traditionnel, mais en particulier dans le calendrier hébreu) chaque jour commémoré que ce soit un jour de fête, un jour faste, ou un jour néfaste comme Tishâ béAv.

 (Certains français hébraïsant parlant mal le français parlent de jour de « fête » pour Tishâ béAv. Ils font sans le savoir une prophétie. Cette prophétie existe : un verset des Lamentations est cité à ce propos (à Tishâ béAv c’est Eikhah les Lamentations de Jérémie qui est lu)  :

« il fait advenir pour moi un rendez-vous pour briser mes ba’hourim mes jeunes gens-soldats »

Le Midrash enseigne que puisque le prophète Jérémie a employé le mot de Moed rendez-vous pour decrire la catastrophe militaire de la perte de l’indépendance au temps des Babyloniens cela signifie qu’arrivera un temps où cela sera vraiment un Moed...)

 

Effectivement, à Tishâ BéAv après la guerre des 6 jours, la vieille ville a été libérée, et le Kotel aussi, ce fut le Tishâ béAv du 9 av de la 1ère année de libération de Jérusalem. C’était vraiment le deuil. Tout était noir après les combats. Tsahal a rasé la vieille ville qui occupait l’esplanade du temple actuel. Et l’O.N.U. a réagi après. 

D’année en année cette date est à la fois un deuil mais aussi cela commence à devenir un rendez-vous. Tous les jeunes de Jérusalem se donne rendez-vous ce soir-là devant le Kotel. Une transition est en train de se faire. Le Kotel est en train de devenir ce que doit être un véritable Beth Knesset, le lieu de rassemblement des diverses communautés d’Israël et du monde entier. 

 

Le chapitre de la Parashah de Pin’has met cela en évidence : toutes les fêtes commémorent un événement historique qui a été un événement fondateur pour Israël comme nation.

 

Pour toutes les fêtes bibliques, indépendament de leur sens cosmique, métaphysique, religieux, spirituel, agricole, il y a d’abord un événement historique qui est commémoré. Même des jours pour lesquels on pourrait se demander quel événement ils commémorent.

 

 

2 exemples :

ð  Rosh hashanah le jour du jugement commémore la création du monde. Il s’appelle le jour du souvenir. Le seul événement dont personne ne peut avoir le souvenir est commémoré dans cette fête !

ð  Yom Kipour est la commémoration d’un événement historique. Indépendament du fait que la Torah l’institue comme le jour des Kipourim : les expiations et le pardon à travers l’expiation.

 

Je vais vous faire un bref rappel du calendrier

D’abord en vous rappelant qu’il y a 2 jours de Kipour : le 9 Tishri et le 10 Tishri. C’est peu connu.

Le 9 Tishri est le jour de Kipour. L’expression de la Torah c’est « le jour d’affliction totale ». Le Din : C’est en mangeant, il ne faut pas rester plus d’1/4 d’heure le 9 Tishri sans manger. Il y a une tradition kabaliste avec un repas de 7 plats différents. Le 10 Tishri c’est en jeunant. C’est beaucoup plus difficile l’affliction en mangeant qu’en jeûnant.

 

C’est la raison pour laquelle dans beaucoup de familles la veille du jeûne avant d’aller à la synagogue la veille de Kipour on prenait un bouillon car on ne peut plus manger...

 

Bref rappel du calendrier de l’histoire de la génération de la sortie d’Egypte :

ð  6 Sivan la révélation avec Matan Torah

ð  40 jours après c’est le 17 Tamouz le jour de la fête du veau d’or et le bris des 1ères tables

ð  il prie pendant 40 jours 1er Eloul,

ð  il reçoit les 2ndes tables pendant 40 jours on arrive au 10 Tishri

 

Le 10 Tishri de cette année-là, on a eu l’expérience historique du pardon de la faute.

Le 1er Yom ha Kipourim a été un événement historique.

 

Effectivement, le signe que la faute du veau d’or a été pardonnée, c’est que les tables de la Loi ont été rendues. Les 2ndes ont été donnée le 10 Tishri ; c’est pourquoi après le 10 Tishri, on a de nouveau un fête de la Torah qui est Sim’hat Torah.

 

Matan Torah de Shavouot c’est la fête de la Torah qui est donnée apriori de la faute. Sim’hat Torah c’est la fête de la Torah qui est redonnée aposteriori de la faute, et s’il y a repentir c’est l’expérience que la faute peut être pardonnée

 

Il faut bien comprendre l’importance de cela :

Matan Torah est une fête de la revélation de la Torah du niveau Din dans la rigueur. Une Torah terrible qui dès la 1ère faute condamne. Après la faute si le repentir est sincère il y aura le pardon. Alors on peut recevoir la Torah dans la joie : en cas de faute et de repentir sincère on est redevenu Tsadik. On est revirginisé du point de vue de la conscience.

 

C’est pourquoi Matan Torah la 1ère fois et la 2ème Sim’hat Torah.

 

C’est important de savoir qu’après le dénombrement après la dernière des catastrophes de la génération du désert, il y a eu dix événements de mises à l’épreuve d’Israël.

 

Il y a 2 choses qui doivent nous étonner: l’une dans l’étude du récit historique de la Torah et l’autre dans l’étude de l’histoire d’Israël.

 

1- Dans l’étude du récit historique de la Torah, il y a des histoires de révoltes invraisemblables du peuple contre lui-même, contre Moïse, contre la Torah, contre Dieu... Il y a 10 épisodes qui apparaissent invraisemblables. Ce peuple qui a eu l’expérience des miracles de la sortie d’Egypte, de la révélation du Sinaï, le peuple qui est appelé à la révélation, est turbulent au point que les calomniateurs d’Israël se sont emparés de cette expression de « peuple à la nuque raide » et vous savez ce qu’ils en ont fait comme motivation théologique anti-judaïque...

 

2- Le 2ème étonnement apparait lorsque l’on étudie l’histoire d’Israël : voir à quel point c’est un peuple étrange. Les historiens et les sociologues non-juifs sont très perplexes lorsqu’ils considérent l’histoire juive. Surtout l’histoire contemporaine. C’est un peuple dont l’histoire est étrange. Les Goyim doivent avoir une très grande patience pour ne pas devenir calomniateur du peuple d’Israël  C’est une histoire ubuesque ou kafkaïenne.

 

En reliant ces 2 remarques on est un peu rassuré. Le fait que à la génération de la sortie d’Egypte, la Torah ait jugé nécessaire de nous raconter cela pour nous avertir de qui nous sommes, cela enlève un peu le caractère de perplexité et d’invraisemblance du peuple juif qui serait tragique car sans explication, ni sens aucun. Inversément, le récit de la Bible nous explique que nous sommes bien cet Israël-là.  Inversément, c’est notre histoire contemporaine qui nous fait mieux comprendre que c’était ainsi depuis toujours. Cela renvoit à un autre mystère : comment expliquer que Dieu se soit choisit ce peuple-là ? Comment expliquer après les miracles de la guerre des 6 jours une telle absurdité du peuple juif partout et que l’on ne voit pas l’histoire juive sous le regard de la Providence ?

 

Midrash personnel : Un jour le bon Dieu a décidé de sauver l’humanité qui allait si mal. Par qui commencer ? Il a pris le peuple le plus difficile. Si cela marche avec lui cela marchera avec les autres. Je suis souvent admiratif devant la patience et la civilité de beaucoup de penseurs Goï qui déclarent leur perplexité alors qu’ils sont ahuris de toutes ces invraisemblances.

 

La question de savoir pourquoi ce peuple se conduit ainsi est insoluble : quelque soit l’explication que l’on se donne il reste un résidu insoluble. Dans la sagesse des nations c’est la maxime : « Noblesse oblige ! » La conséquence du fait de faire partie d’une élite.

Cf. le livre du Rav Tsadok Hakohen miLoublin - le Pri Tsadik qui a écrit un petit livre qui s’appelle  Sefer Tsidkat Hatsadik sur cette question.

 

Le problème renvoit donc à cette autre question : pourquoi Dieu a choisi ce peuple là ?

 

Pour dépasser un peu le langage du Midrash que je vous ai fait, pour que la mise à l’épreuve du monde créé à travers l’homme soit en toute justice évidemment juste, tout se passe comme si Dieu a mis contre lui toutes les chances.

Je vous cite un passage du Talmud et du Midrash  qui vont dans ce sens : Dieu a contracté alliance avec Israël mais on pourrait s’insurger et dire qu’il y a « masso panim » complaisance, favoritisme, envers eux. Il nous sauve toujours in extremis. C’est une histoire longue de 4000 ans avec les mêmes catastrophes et avec les mêmes invraisemblances.

 

Le Midrash dit ceci : les Goyim s’insurgent devant Dieu de cette complaisance envers Israël et il y a connivence avec Israël. Dieu répond : « Moi je leur ai demandé ‘tu mangeras tu te rassasieras et tu feras une bénédiction’ Et eux discutent combien cela pèse un oeuf pour savoir qu’à partir de la grosseur d’un oeuf, il font ½ heure de Birkat hamazone et vous ne voulez pas que je les préfère ? »

 

On lit habituellemnt ce Midrash comme un compliment mais en vérité, dans le texte, Dieu se moque d’Israël.

 

(Si on prolongeait votre question jusqu’au bout : Cela voudrait dire qu’il y ait un plan de Dieu et qu’il fallait absolument agir ainsi car il y a un plan dans la Torah et qu’il fallait qu’il se réalise et parce que la Torah précède l’histoire. C’est exactement de l’évangélisme calviniste. La prédestination ! )

 

Je vous cite un Midrash sur Parashat Vayera dans l’épisode d’Abraham nouveau circoncis recevant les trois invités. Il va se révéler que ce sont des anges qui viennent le visiter. Chacun de ces anges a une mission bien précise.

 

Question : Nous apprenons les vertus en les apprenant dans la Torah. Par exemple, nous apprenons la vertu de l’hospitalité avec pour modèle l’hospitalité d’Abraham. Mais lui d’où l’apprit-il ?

 

Vayera

18:1

וַיֵּרָא אֵלָיו יְהוָה, בְּאֵלֹנֵי מַמְרֵא; וְהוּא יֹשֵׁב פֶּתַח-הָאֹהֶל, כְּחֹם הַיּוֹם

Vayera elav Adonay be'Eloney Mamre

vehu yoshev petach-ha'ohel kechom hayom.

Et Dieu s’est révélé à lui Abraham, dans les chênes de Mamré,

il était assis à la porte de la tente au moment où la chaleur du jour est la plus forte,

 וַיִּשָּׂא עֵינָיו, וַיַּרְא, וְהִנֵּה שְׁלֹשָׁה אֲנָשִׁים, נִצָּבִים עָלָיו; וַיַּרְא, וַיָּרָץ לִקְרָאתָם מִפֶּתַח הָאֹהֶל, וַיִּשְׁתַּחוּ, אָרְצָה

Vayisa eynav vayar

vehineh shloshah anashim nitsavim alav

vayar

vayarots likratam mipetach ha'ohel vayishtachu artsah

il leva ses yeux et il vit,

et voici que 3 hommes était auprès de lui – littéralement : se tenaient au-dessus de lui.

Et il vit

Et il courut à leur rencontre...

 

Et il prépare le repas...

 

C’est là qu’on aprend que c’était un jour de Pessa’h puisqu’il dit à Sarah...

לוּשִׁי, וַעֲשִׂי עֻגוֹת

lushi vaassi ugot

 

Mon père m’avait expliqué ainsi : Le 1er « Vayar » on comprend. Il y a une révélation d’en-haut et il leva ses yeux et il vit 3 hommes qui vont se révéler comme des anges - c’est le mot de Anashim qui désigne une certaine catégorie d’anges. On étudie cela dans le Mishnei Torah du Rambam. Il y a plusieurs catégories d’anges. L’angéologie est une science peu connue car peu étudiée. On s’aperçoit à quel point Rambam, dans les deux chapitres qu’il consacre aux anges, taxé de rationalisme, était mystique.

 

Le 2ème « vayar » pourquoi ?

et il vit et il courut à la rencontre...

Et la scène de l’hospitalité commence.

 

L’explication est la suivante : un Midrash explique que la Torah est écrite feu noir sur feu blanc.

Et elle est écrite Otiot Otiot. Une suite de lettres. Nous avons une tradition de lecture « Mi peh HaGvourah miSinaï » qui est celle que Moïse nous a transmise. Cela concerne : Comment grouper les lettres pour faire un mot et les mots pour faire un phrase un verset...etc. Comment mettre les accents – taamim - pour accentuer ( pour savoir si c’est une question une affirmation...) et comment relier les mots et donner leurs sens aux versets...  C’est pourquoi le texte de la Torah se chante, se cantile. C’est une tradition de lecture qui nous vient de Moïse - Moshe qibel Torah miSinaï… - jusqu’aux sages de la grandes assemblée qui nous l’ont transmise. Il y a une manière de lire ces lettres qui composent un texte que Moïse nous a transmis par tradition.

 

L’explication est la suivante : Lorsque les anges sont apparus à Abraham  il a levé les yeux pour lire dans la Torah du ciel comme les lettres s’organisent pour faire des mots et lui enseigner ce qu’il devait faire. C’est le 2nd « Vayar ».

 

Cela signifie que c’est au moment où l’homme agit que c’est là son destin. Mais il n’y a pas de destin à priori. C’est au moment où l’homme agit qu’il va décider de la suite de sa durée à partir de ce moment-là.

 

Pendant que Abraham agissait, les lettres s’organisaient comme cela.

 

En philosophie théologique, c’est ce qu’on appelle la relation entre la transcendance et l’immanence.

 

Pour mieux comprendre, je vous cite une Mishnah de Pirqey Abot :

Avot

« Sache ce qu’il y a au dessus de toi.

Un oeil qui voit,

un oreille qui écoute

et tous tes actes écris (autre lecture « s’écrivent ») dans un livre » 

 

Autre lecture ‘hassidique :

En changeant juste l’accentuation :

« sache que ce qu’il y a au-dessus c’est toi » .. « tout tes actes s’écrivent dans un livre ».

 

Un autre Midrash dit ceci :

Il y a 3 livres à Rosh Hashanah : celui des Tsadikim, des Reshayim et des Benonim, car il y a trois catégories d’hommes par rapport à la Loi. En réalité chacun a son livre à lui, le livre de chacun se trouve dans une de ces trois bibliothèques. A Rosh-hashanah on confronte le livre de chacun avec le livre de la Torah. C’est écrit de la même manière. Mais le sens est différent. Cela dépend de ce que j’ai fait.

 

J’ouvre une parenthèse sur Roshashanah.

Entre Roshashanah et Yom Kipour les 10 jours de pénitence.

Le paradoxe c’est que le jour de Rosh hashanah c’est le jour du Jugement. Si vous avez en tête la prière de Rosh hashanah : « ce jour il est décidé qui pour la vie qui pour la mort... »

Le jugement est scellé et c’est à ce moment-là qu’on nous dit « repent-toi ! ». Normalement le repentir devrait avoir lieu avant ? Pour améliorer le dossier avant de le remettre au tribunal...

Il y a quand même une préparation des 30 jours des Sli’hots avant Roshashanah depuis le 1er Eloul jusqu’à Roshashanah pour le rite séfarade et depuis le 25 Eloul jusqu’à Rosh Hashanah pour les Ashkénazim. Mais la Teshouvah, au niveau des rythmes de l’année, placée entre Rosh hashanah et Kipour c’est paradoxal !

 

A quoi cela se relie cette question difficile ?

Maïmonide l’a étudié et indiqué dès les Shmonei Prakim que cela nous dépasse. C’est la tension qu’il y a entre la toute puissance de Dieu et la liberté de l’homme. La toute puissance de Dieu  implique qu’il est omniscient de toute éternité. D’où le problème de la liberté de l’homme ?

Comment concilier la liberté humaine avec l’omniscience divine ?

 

Q : C’est parce que c’est au-delà du temps ?

R : C’est au-delà du temps mais par définition on ne peut pas comprendre ce que cela veut dire. Au-delà du temps, pas en dehors du temps, c’est toujours la question et non la réponse. Dieu sait à l’avance ce que je fais et pourtant je suis libre. C’est insoluble. J’ai étudié la question en  philosophie ou en théologie.

 

Dans les 10 jours de pénitence : la Teshouvah dont le mot vient de la racine Lashouv qui signifie revenir en arrière. C’est une explication selon le Rambam sur la Teshouvah. Voilà le Derekh Hayesharah la voie droite. La faute c’est d’avoir dévié. C’est le sens du mot hébreu de ‘Heth  (léa’hatil cela veut dire dévier).   

 

Maïmonide explique à quelle point la Téshouvah est difficile : la Teshouvah c’est revenir à la voie droite. Le Tikoun - la réparation de la faute - c’est que je reviens - Lashouv - en m’aidant de la mémoire là où j’ai fait la faute pour faire un Tikoun et pour reprendre la voie droite. Ce n’est pensable que si le temps est réversible mais le temps n’est pas réversible. C’est pourquoi dans la pensée naturelle la notion de Teshouvah, prise au sérieux, n‘existe pas. C’est une notion un ‘Hidoush de la Torah qu’ensuite les Goyim ont appris en lisant la bible.

 

Chez les philosophes grecs la notion de Téshouvah leur est impensable et leur est blasphématoire pour 2 raisons.

 

1- D’abord pour une raison d’ordre moral, c’est injuste. Si quelqu’un a fait une faute, il faut qu’il paie suivant la conception d’une morale rationnelle et logique. C’est injuste moralement. La morale légale n’admet pas la notion de prescription qui lui semble immorale. Et ensuite pour une raison philosophique : le temps n’est pas réversible. Revenir en arrière c’est se « convertir à ». Le mot que les chrétiens ont choisi pour exprimer le repentir signifie en grec la conversion metanoïa.

 

Il n’y a qu’en hébreu  qu’on sait que l’on peut transformer le passé en futur et le futur en passé.

En hébreu, le Vav conversif c’est le Vav de la Teshouvah. C’est grâce au Vav conversif - Vav Hahipoukh - que l’on sait qu’on peut faire Teshouvah. Ce qui est de l’ordre du passé peut devenir un futur. Mais ce n’est pensable qu’en hébreu.

 

[C’est le grand différend que nous avons avec la théologie chrétienne: Saint Paul a infléchi le christianisme naissant dans une attitude antinomique. Contre la loi et contre la Torah. C’est la panique des Chrétiens devant la notion de Torah. Si la Torah est vraie, et ils la reconnaissent telle, à la première faute je suis perdu ! Il n’y a aucune trace de la notion de repentir possible dans toute l’oeuvre de Saint Paul. La loi dont il parle ce n’est pas la Torah mais la loi romaine, la loi légale. Avec laquelle on ne peut pas discuter. Il est obsédé par l’absolu du péché.]

 

Il en résulte que il y a un ’Hidoush qui va .../... 

***
Parashat Matot 94
  2ème partie

 

  Commentaire Matot (1994) 2ème. partie (qualité sonore moyenne).


.../...
à chaque instant l’avenir est déjà décidé par le passé de manière mathématique.

 

L’image que je vous donnerai et qui m’a aidé dans ce problème est celle du théorème des angles opposés par le sommet. Ils sont égaux par définition. Le passé c’est un angle et le passé commande l’angle de l’avenir. La passé détermine l’avenir à chaque instant. En hébreu le présent n’existe pas. C’est un passé qui devient un avenir et un avenir qui redevient passé en même temps. Le présent c’est un Vav conversif. A l’intersection des 2 angles, il y a la conscience et la liberté de la conscience qui peut faire Teshouvah. Faire Teshouvah consiste à changer le passé. Alors l’avenir change. 

 

Je vous en donne l’explication. A chaque instant l’avenir est déterminé de façon absolue par le passé. C’est ce qu’on dit dans la prière de Roshashanah. Tout ce que tu as fait décide de ce qui va t’advenir, l’année qui vient, à chaque instant. Et c’est scellé. Mais tu peux changer. Et dès que tu changes le passé (par la Teshouvah), l’avenir change automatiquement. Ce qui fait, qu’à chaque instant, Dieu connait mon avenir et à chaque instant, libre, je peux le changer. C’est ce qui résoud la contradiction.

 

Mishnah Pirqey Abot :

« Tout est prévu et la permission est donnée, le registre est ouvert, est noté tout ce qui est emprunté, et le Baal HaBayit est pressé que tu t’acquittes de ta dette... »

 

Cela signifie : Tout est prévu et la liberté est donnée...   

La réponse au problème c’est la Teshouvah. D’où l’importance de la Teshouvah.

 

***

 

Retour au sujet :

La familiarité que nous avons avec ce récit depuis plus de 2000 ans sous sa forme donnée par Moïse qui est tellement cohérent nous donne l’impression que c’est ainsi que cela devait arriver. C’est arrivé ainsi mais cela ne signifie pas que c’est ainsi que cela devait arriver. A postériori du récit on est familier du récit, on croit que cela devait se passer comme cela. La difficulté n’est pas évacuée pour autant. On a beau être libre, c’est ainsi que cela continue à se passer.

 

Un exemple m’a beaucoup frappé, c’est un enseignement sur la prophétie qui nous est donné qu’à la fin d’un exil il n’y a qu’1/5ème d’Israël qui revient sur sa terre. Effectivement, nous avons des textes qui le montre à la sortie d’Egypte.

 

A la sortie de Babel ce fut la même chose. Et les statistiques du présent retour que l’on a faites au moment de la guerre des 6 jours, donnaient exactement 1/5ème des Juifs en Israël et les 4/5ème dehors.

 

Depuis, la statistique a changé et continue à évoluer  au détriment de la diaspora...

 

Cette date de la guerre des 6 jours est caractéristique car tout se passe comme si ceux qui devaient faire leur Alyah c’est à ce moment-là qu’ils ont achevé de la faire. Le reste sont des Aliot provoquées par des événements qui viennent après l’événement de l’existence de l’état d’Israël

 

Aprés cette date, les raisons ne sont plus les mêmes, le temps de la constitution de l’Etat d’Israël s’achève. Après cette date il y a un changement radical d’opinion dans le monde entier sur Israël. A la guerre des 6 jours. C’est une date charnière. Depuis, ce sont des Alyiot de compléments, d’achèvement. A ce moment-là il y eu la mise sur pieds des droits des Olim.

 

[Avant la Alyiah de Ben Gourion - il était directeur de la fédération juive d’un pays il a visité en touriste Israël, dans un hôtel 5 étoiles... il a fait sa Aliah, après son installation on lui a donné une pioche en lui disant : creuse ! Quoi ? Où est passé l’hôtel 5 étoiles etc... On lui a répondu : Avant tu étais Tayar maintenant tu es Olé... ]

 

Régle étonnante :

En exil c’est tout le peuple qui est exilé mais dans le retour c’est 1/5ème qui revient ?  

Dans mon expérience d’étude lorsque j’ai étudié en sociologie l’influence de la loi des grands nombres sur les mouvements sociaux, nous avions étudié dans un atelier de sociologie en Sorbonne le nombre des suicides par quartiers. On établissait que la circonstance connue il y a toujours le même nombre de suicide par quartier et que l’on peut donc prévoir le nombre de suicide à venir à condition économique connues. En particulier en tant de paix. J’avais pensé à un récit de mythologie. Le minotaure de Crête. Lévi-Strauss nous expliquait (il n’a pas été mon maitre mais j’ai été son éléve) nous enseignait cela à propos de la statistique de suicide d’adolescents: la cité c’est un monstre qu’il faut nourrir par un quota d’adolescents... C’est ce mythe-là.

 

Les phénomènes sociaux comme tous les autres phénomènes de la réalité obéissent à des conditionnements. Il y a des conditionnements des phénomènes historiques, des phénomènes sociaux, économiques... qui n’échappent pas aux lois du conditionnement.

 

Si on se laisse au conditionnement et que l’on abdique la liberté, alors les conditionnement jouent. Mais si on affirme sa liberté, on fait mentir la statistique.

Plus l’être est quantitatif et impersonnel plus la loi de conditionnement est une loi de détermination. C’est déterminé. Au fur et à mesure que l’on monte dans l’échelle de l’être, au fur et à mesure que l’on s’éléve dans l’ordre de la qualité - on passe en biologie en écologie en sociologie - le conditionnnement peut de plus en plus être repoussé. La détermination physique ne peut pas être repoussée, hors miracle. Mais le conditionnement sociologique peut être repoussée si on affirme sa liberté. De même dans l’exemple 1/5ème- 4/5ème 

 

S le peuple juif abdique sa liberté, alors les conditionnements jouent. S’il affirme sa liberté, on fait mentir les conditionnements.

 

Un Midrash entier le confirme de manière tragique : 1/5ème et certains disent 1/50ème et certains 1/500ème et certains disent 1/50000ème  qui est sauvé. Cela dépend du comportement de l’homme...

 

Tout se passe comme si depuis longtemps le peuple juif avait abdiqué sa liberté et se laissait aller aux événements. Alors la loi des événements joue et effectivement si vous étudiez l’histoire du sionisme vous verrez bien que c’est une toute petite minorité qui a foncé (les Na’hshonim) et l’immense majorité du peuple juif ne voulait pas bouger. Moi-même j’ai mis très très longtemps. C’est ma rencontre avec le Rav Kouk qui m’a ouvert les yeux à la rencontre de la signification de l’événement. L’immense majorité du peuple juif s’est laissé aller aux événements. Et la loi des événements a joué.

 

Le sionisme se prépare depuis 100 à 150 ans. Avant Herzl, il se prépare par le Rav Kalisher, par le Rav Elkalaï, des rabbins kabalistes, les Gaon de Vilna aussi mais les Juifs ne bougent pas. Au temps de Rashi aussi il y a eu une grande Aliyah des rabbins français.  

 

Si l’homme abdique sa liberté, alors le conditionnement des événements joue. Cela ne veut pas dire que ce soit une fatalité. Et pourtant c’est ainsi que cela se passe sempiternellement. Cela veut dire que sempiternellement, on abdique sa liberté. Cf. l’avant-Shoah : beaucoup, persuadés que cela n’arriverait pas, n’ont pas bougé. C’est arrivé. Cela a joué et le piège s’est refermé. 

 

Quel piège ?

 

Maïmonide a étudié en posant la question suivante : c’est écrit dans la Torah que Dieu a décidé que Pharaon ne laisserait pas sortir les hébreux et que les Egyptiens les opprimerait etc...

Alors pourquoi Dieu a t-il puni Pharaon et les Egyptiens ?

 

Rambam explique ainsi : ce n’est pas que Dieu a décidé que Pharaon et les Egyptiens agiraient ainsi mais Dieu explique à Moïse un conditionnement des sociétés humaines : si une minorité s’entête dans sa différence au sein d’un empire étranger, inévitablement il déclenche un réaction de rejet. Il y a une saturation déclenche la xénophobie. 

 

Rambam ajoute : Dieu n’a rien décidé que cela se passe ainsi mais Dieu a décrit que c’est ainsi que cela se passe quand cela se passe. Effectivement, à la fin du livre de Bereshit, on apprend que les Hébreux se sont installés en Egypte alors qu’ils étaient là-bas provisoirement.  Ils se sont installés. D’où la réaction de Pharaon. On se demande si Le Pen n’a pas lu Pharaon ! Ce sont exactements  ses arguments. Leur installation déclence un phénomène de rejet : les sociétés secrètent des anti-corps quand il y a des corps étrangers. Tout simplement. Maïmonide ajoute : Pourquoi sont-ils punis ? C’est parce qu’ils ont exagéré dit Maïmonide. Ils ont été méchants.

 

Il y a une question à laquelle je n’ai pas de réponse :

Maïmonide parle comme si les égyptiens étaient des anges !

N’importe quelle sociéte où un tel phénomène surgit, cela bascule dans le fascisme, le nazisme, la xénophéboie qui mènent aux camps de concentration. A moins que ce soient des anges !

Les Egyptiens sont-ils des anges ? Les Français, les Belges sont-ils des anges ?

Cf. au Rwanda cet espèce de monstre froid de la politique française des affaires étrangères : protéger jusqu’au bout une dictature d’assassins... Cela donne froid dans le dos.

 

Il n’y a pas de fatalité apriori. Il y a cependant le fait qu’à force de répéter on contracte une habitude et alors là la liberté disparait. Rambam se demande d’ailleurs quelle est la faute que l’exil punit. Et en citant surtout les versets d’Isaie, il dit que la faute que l’exil punit c’est l’exil lui-même.

 

A un certain moment d’entêtement on ne peut plus se détacher de la condition d’exil.

 

C’est le problème de l’habitude. Un habitude s’acquiert à force de répétition. La répétition de l’acte fait qu’au début l’acte est volontaire mais devient de moins en moins volontaire par la répétition et il devient une 2nde nature ; et on a perdu la liberté et on ne peut plus s’en débarasser.

 

Je vais vous faire un paralléle : rompre une habitude c’est la même chose que le miracle par rapport aux lois de la nature.

 

Il faut un miracle pour que la loi de la nature soit levée. Il faut un miracle pour qu’un acte de volonté brise une habitude.

 

(J’étais très grand fumeur, j’ai contracté cette habitude à la guerre et puis subitement un jour sans aucun effort cela s’est arrêté. Pour le dire honnêtement : j’ai essayé 3 fois dans ma vie et les 3 fois je savais que je n’arrêterais pas. Cette fois-là je savais que c’était fini.)   

 

***

 

30 :2

וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶל-רָאשֵׁי הַמַּטּוֹת, לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר:  זֶה הַדָּבָר, אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה

Vayedaber Moshe el-rashey hamatot livney Yisra'el lemor

zeh hadavar asher tsivah Adonay.

Et Moïse parla aux chefs des tribus au sujet des enfants d’Israël pour dire :

voici la chose que Dieu a ordonné... 

 

Et Moïse transmet cette Mitsvah aux chefs des tribus

 

אִישׁ כִּי-יִדֹּר נֶדֶר לַיהוָה, אוֹ-הִשָּׁבַע שְׁבֻעָה לֶאְסֹר אִסָּר עַל-נַפְשׁוֹ--לֹא יַחֵל, דְּבָרוֹ:  כְּכָל-הַיֹּצֵא מִפִּיו, יַעֲשֶׂה

Ish ki-yidor neder l'Adonay

o-hishava shvuah lessor isar al-nafsho

lo yakhel dvaro

kekhol-hayotse mipiv yaasseh

Lorsqu’un homme fera un voeu

 il fera un serment pour s’interdire une interdiction sur sa personne,

 il ne doit pas démentir sa parole,

selon tout ce qui sera sorti de sa bouche il fera. 

 

Il y a 2 sujets importants, je ne traiterais que le 1er par manque de temps : A savoir, pourquoi la formulation d’une parole est une chose si importante, qu’il ne faille pas démentir sa parole. C’est un sujet très important : le rôle de la parole dans l’enseignement de la Torah

 

Je vais vous citer un verset et une page de Guemara - Massekhet Pessa’him :

On peut savoir qui est un homme en comprenant la manière dont il parle.

 

Un jour un non-juif s’était fait passé pour un juif au temps de la Guemara pour pouvoir participer au sacrifice de Pessa’h et s’est fait démasquer à cause d’une partie du sacrifice réservée au Kohen. 

Buffon « le style c’est l’homme »

J’ai inversé la citation : « l’homme c’est son style ». Et effectivement, on connait qui est qui en comprenant le style de sa parole. On peut aussi le connaitre selon son visage, selon sa démarche...

 

Quel est le lien entre l’identité profonde de la personne et sa parole ? C’est ce que la Torah enseigne : la définition de l’être humain c‘est l’être vivant capable de parole ‘Haï hamédaber. Si on cherche le critère de définition spécifique de l’homme au sein des êtres vivants, la Torah répond : la parole !

 

Le problème du langage est un problème très vaste. Cela ne veut pas dire que les animaux ne possédent pas un langage animal, mais la parole qui fait communiquer les consciences, les intelligences, c’est le problème de l’homme, le Dibour , le ‘Hay hamedaber.

 

Les philosophes ont défini la différence spécifique de l’homme par la pensée et non par la parole. En réalité au moyen-âge, il y a eu tout une querelle chez les philosophes et les théologiens qui  hésitaient entre les deux définitions de « vivant-parlant » ou « vivant-pensant ». D’ailleurs même dans la tradition juive on voit qu’il y a les 2 définitions :

ð  ‘Hay hamedaber - doué de dibour, et

ð  ‘Hay hamaskil - doué de sekhel

 

La tradition rabbinique préfére ‘Hay hamedaber. C’est clair dans Judah Halévi.

La tradition philosophique préfère l’être pensant. Par exemple dans l’enseignement de Descartes : qui suis-je moi qui pense, je pense donc je suis : Res cogitans une chose substance pensante

  

Adin Steinzman dans un cours sur Shavouot avait dit quelque chose de trés joli : Descartes disait « je pense donc je suis » alors que nous disons « il pense donc je suis ».

 

On sait aujourd’hui d’une part que les animaux ont une pensée, fut-elle rudimentaire, on le sait à travers énormément d’expériences , en particulier les réflexes conditionnés, réflexes de Pavlov...

 

Penser dans son sens fondamental signifie établir  un lien entre 2 représentations. Penser c’est peser. En français le mot de « pondéré » qui veut dire à la fois ce qui a du poid et quelqu’un de réfléchi.

 

En hébreu le mot de Sekhel est très voisin de Shakol  qui veut dire peser. L’acte de penser est un jugement qui consiste à établir une relation entre deux éléments. (Je juge que le ciel est bleu : j’établis une relation entre un substantif et un adjectif. Un sujet et un  prédicat.)

 

Si je veux strictement distinguer l’homme des autres êtres vivants ce ne peut pas être par la pensée car on trouve cette manifestation de pensée chez les animaux aussi, à quelque niveau que ce soit. C’est parce que l’homme est doué de parole que sa pensée est différente. Chez les animaux point de parole mais un langage qui véhicule des signaux. Les abeilles dansent, les foumis communiquent par émissions de substances chimiques...

 

La pensée peut être impersonnelle alors que la parole dévoile l’existence d’un sujet qui parle. C’est quelqu’un qui parle alors que ça pense. On fabrique aujourd’hui des machines à penser, les ordinateurs. On peut la faire parler en lui donnant un langage mais ce n’est pas une parole.

 

C’est vraiment l’identité de l’homme qui est en jeu dans la parole.

Si quelqu’un fait un voeu c’est trés grave car il s’engage.

 

C’est dans la manière dont un homme dit ce qu’il dit, qu’il dit ce qu’il est. C’est le problème précisément de la Teshouvah 

 

Il y a une grande controverse chez les Poskim : quelle est la Mitsvah de la Torah concernant la  Teshouvah ? La Torah indique t’elle la Mitsvah de Teshouvah ?

Non selon le Rambam : la Torah n’ordonne pas là où l’on n’est pas libre.

Le raisonnement est le suivant : si c’était une des Mitsvot de la Torah de faire Teshouvah, cela signifie que personne ne peut accomplir la Torah car pour faire Teshouvah il faut avoir fauté !    

Selon Rambam la Torah dit ceci : quand quelqu’un fait Teshouvah il doit avouer sa faute. La Mitsvah c’est le Vidouï !

J’ai mis longtemps à comprendre ce Rambam.

Il n’y a pas de Mitsvah de se marier. Il y a une Mitsvah comment se marier...

Il n’y a pas de Mitsvah comment manger, il y a une Mitsvah comment manger...

 

C’est un comportement de nature et la Torah légifére sur les modalités ...

 

Les rabbins se sont ingéniés à chercher des allusions. Trouver et démontrer qu’il faut se marier pour ne pas donner d’arguments aux gens de ne pas se marier.

 

Rambam dit : un Tsadik c’est quelqu’un qui a reconnu l’évidence de la souveraineté de la loi. Or, il n’y a qu’un Tsadik qui peut fauter. Par conséquent, si c’est un Tsadik qui a fauté on peut compter sur le fait que sa conscience ne le laissera pas en paix jusqu’à ce qu’il fasse Téshouvah. Il n’y a de faute que de la part d’un Tsadik. Le Tsadik est quelqu’un qui a la sensiblité de l’évidence de la loi. Sa conscience ne le laissera pas tranquille jusqu’à ce qu’il fasse Teshouvah, c’est donc un processus naturel. Et quand le Tsadik fera Téshouvah il devra avouer la faute.

 

Nous avons un exemple que l’identité morale de la personne passe par la parole. Tant que quelqu’un n’est pas capable de dire quelle faute il a faite, c’est le signe qu’il ne s’est pas repenti. Les psys comprennent bien comment cela marche. Si quelqu’un est capable de parler de ses problèmes c’est qu’il est sur le chemin de la guérison. Si la personne n’est pas capable de l’aveu elle est dans le remord mais pas encore dans le repentir.

 

D’autre part, la chose la plus dificile c’est l’aveu. C’est pourquoi la Téshouvah est difficile.

C’est pourquoi la Torah légifère ce problème. Un aveu doit se faire devant témoin. C’est l’indice que l’on est débarassé de cet obstacle à la vertu. Quand on est capable de le dire. C’est difficile, c’est pourquoi c’est le jeu de la vie qui aide au reprentir. On est aidé.

 

Autre exemple : le fait qu’il faille prononcer la prière pour qu’elle soit valable de telle sorte que l’on s’entende parler sans pour autant gêner le voisin avec ce que l’on dit. Prier à haute voix c’est le signe d’une fausse piété. C’est une sensibilité païenne. 

Cf. le prophète Elie qui se moque des prophètes de Baal.

Crier ou clamer sa douleur c’est autre chose c’est Tsaaqah ce n’est pas la prière.

C’est le cri qui est un autre rite. Le français confond tout cela. Zaaqah... tsaaqah

 

Le Shoukhan Aroukh légifère pour les Tsadikim qu’ils ont le droit de penser à leur faute et de penser leur prière.

 

Quelle est la différence ?

Le tout un chacun a deux paroles : la parole intérieure et la parole que l’on dit.

« e’had balev e’had bapeh »

Un Tsadik n’a pas deux paroles, c’est la même chose sur le coeur et sur la bouche.

Pour le Tsadik on peut compter sur le fait que ce qu’il pense c’est ce qu’il dit alors que le tout un chacun dit autre chose que ce qu’il pense.

 

Alors il faut prononcer pour indiquer parmi toutes les choses que l’on pourrait penser dans l’intention ce que l’on a vraiment choisi d’être. Il faut que la parole soit formulée pour indiquer ce que j’ai choisi. Dans la vie intérieure on a toutes les hypothéses possibles et imaginables.

 

(Il n’y a que le Tsadik qui faute, pour le Rashâ c’est autre chose il est hors la loi. Dés qu’il fait Teshouvah le Tsadik redevient Tsadik.)

 

Parshat Matot

Pourquoi Moïse s’adresse t’il aux chefs des tribus ici ?

Terme maté, et non shevet, qui signifie bâton de commandement et en hébreu moderne « état major ». Ce sont les tribus considérées comme entités de nation.

 

La régle est ainsi. Tout ce qui a été formulé dans un voeu doit être accompli. Sauf si on regrette le voeu que l’on a fait, il faut alors aller devant le tribunal qui diagnostiquera si le voeu peut être annulé ou suspendu.

 

Pourquoi confier cette régle aux chefs de tribus ?

Aujourd’hui nous avons une régle uniforme pour toutes les manières d’être juif. Dans la Torah c’est très différent : chaque tribu avait son tribunal. Plus que chaque tribu, chaque ville. Parce que chaque chef de tribu connait la psychologie des membres de sa tribu et c’est lui qui peut savoir si un voeu peut ou non être annulé ou suspendu. Il y a ici une connaissance intime de la personne de chacun pour que le Loi puisse être authentique et statufier dans chaque cas pariculier. Chaque maitre connait ses juifs. La situation actuelle est inversée. C’est le problème de la régle de la loi par rapport à la différence des personnes. Je vous signale le problème qu’on abordera une autre fois.

 

Fin
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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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