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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 20:14

Parashat Pinhas 1993 Suite & fin

Pinhas - série 1993 : cliquer sur Face B


par le Rav Yéhouda Léon Ashkénazi

.../...

 

[Deut. 4:12]

וּתְמוּנָה אֵינְכֶם רֹאִים זוּלָתִי קוֹל

Au Sinaï... « vous n’avez vu aucune représentation uniquement la voix »

Cependant, il faut savoir qu’il y les 2 méthodes de la connaissance. Par l’écoute, l’entendement : j’ai compris parce que quelqu’un m’a expliqué de quoi il s’agit. C’est la connaissance par l’entendement. Comprendre ce que les autres voient si j’ose dire. Et la connaissance par la vision.

 

Du point de vue de la Halakha, au niveau du témoignage, le témoignage d’un témoin qui a vu est plus fort que le témoignage du témoin qui a entendu et répète ce que quelqu’un d’autre a vu.

 

Pour la tradition juive, la méthode de connaissance par l’écoute, l’entendement c’est-à-dire par l’étude où l’on entend de quelqu’un qui explique ce que cela veut dire, la compréhension est supérieure à la vision.

 

Pour la Halakha cependant, un témoin qui peut dire « j’ai vu » est plus fort qu’un témoin qui peut dire « j’ai entendu ». (Quelqu’un m’a dit).

Le principe de la Halakah c’est guedolah reyiah nishmiyah  Celui qui a vu est plus grand que celui qui a entendu

 

Je l’expliquerai par l’analyse suivante :

L’expression qui invite à la connaissance dans le Talmud et l’expression qui invite à la connaissance dans le Zohar sont différentes.

 

Dans le Talmud : Tashemâ  « viens écouter »,  dans le Zohar Ta’hazé « viens voir ».

L’ordre c’est d’abord le Talmud et ensuite le Zohar.

 

L’objet du Talmud c’est « Tashemâ » : ce que vous avez vu au Sinaï, venez écouter ce que cela veut dire. Parce qu’au Sinaï l’invitation était à la vision « on t’a fait voir pour que tu saches » et de suite on prévient : « vous n’avez rien vu ! vous avez entendu ! »

 

Talmud : Venez d’abord comprendre ce que vous avez vous, et après que vous avez compris, le Zohar : venez voir ce que vous avez compris. Parce que celui qui voit avant de comprendre vois forcément une idole. 

 

Voici la raison pour laquelle la Shemiyah l’écoute est privilégiée dans l’étude à la Reyiah mais l’objectif c’est la Réyiah. Effectivement, les idolâtres voient sans comprendre.

Voir avant de savoir c’est cela l’idolâtrie.

Vous avez compris ou vous avez vu ?

 

Le Gaon de Vilna a dit avant sa mort : j’ai tout compris dans la Torah sauf 4 choses.

D’autre part, il avait dit dans le Talmud c’est toujours TaShémâ mais il y a 4 fois Ta’hazé

Et dans le Zohar c’est toujours Ta’hazé mais il y a 4 fois Tashémâ.

C’est peut être la même chose.

Si vous avez du temps essayez d’étudier ces choses-là

Essayer de comprendre ce qu’a voulu dire le Gaon de Vilna par « j’ai tout compris dans la Torah sauf 4 choses », essayez de tout comprendre sauf 4 choses. Et vous rencontrerez les 4 choses du Zohar et du Talmud...  

 

Je résume :

 

La connaissance d’après la tradition juive, c’est l’étude de quelqu’un avec quelqu’un. A l’origine quelqu’un a vu, mais depuis on dit ce qui a été vu. Et si on ne sait pas la compréhension par l’écoute et que l’on est appelé à voir, c’est les catastrophes de la mystique d’ignorants, lorsqu’ils voient sans savoir.

 

Il y a énormément de gens qui voient, et qui en sont capables, mais beaucoup finissent dans les asiles par manque d’écoute avant de voir pour savoir ce qu’ils voient.

 

C’est ce qui est arrivé à la civilisation chrétienne devenant idolâtre dans le sens de culte des idoles  tout en sachant que les idoles devaient être des palliers pour la compréhension de quelque chose qui les dépasse et qu’ils appellent « spirituel » ; mais ils n’arrivent pas à se détacher des images. C’est une civilisation de la vision qui a privilégié l’imaginaire visuel. Alors que l’esprit et la force spirituelle dans la tradition juive c’est l’imagination acoustique, acousmatique. C’est l’imagination par la compréhension. Un juif comprend, là où un Goï voit.

 

C’est important de comprendre cette différence. 

 

Parce que Yitro a entendu a compris alors il a rejoint la vérité. Parce que Balak a vu alors il a voulu réagir au niveau de l’imaginaire.

 

Je ne condamne pas l’imaginaire visuel. Pas du tout. Mais rares sont ceux qui, ayant fini d’écouter sont appelés à voir. Mais ils ne parlent pas de ce qu’ils ont vu. Ils ne parlent de ce qu’ils ont vu qu’à ceux qui sont capables d’écouter tout ce qu’ils peuvent écouter d’abord.

 

Consigne thérapeutique : ceux qui ont un tempérament mystique sont en danger psychique car cela frôle la folie. Ce n’est pas n’importe qui qui peut se permettre d’être fou. J’ai souvent eu des élèves au tempérament mystique, je l’ai ai envoyé dans des écoles talmudiques stam.

 

Jéthro méritait d’être le modèle de quelqu’un qui a compris ayant écouté.

C’est un des thèmes de la Parashah :

« Qu’a t’il compris ? »  demande le Talmud. Le Talmud répond...

« Qu’a vu Balak ? » le Talmud répond...

 

Q : Comment expliquer « royim et haqolot » ?

R : J’ouvre une parenthèse. Bonne question. Il y a les 2 fonctions.

Au Sinaï il y a identification des 2 fonctions : Ce que normalement on comprend par l’écoute, ils l’ont compris par la vue. Mais c’est au Sinaï.

Je le tiens de mon maître Rabi Abraham Epsteïn fils du professeur de Talmud de Rav Tsvi Yéhoudah Kook le fils du Rav Abraham Kook. J’ai eu beaucoup de privilèges avec les fils des pères qui ont été mes maîtres. Il était le Rosh Yeshivah de la Yeshivah du Rav Aviner. C’est cette Yeshivah d’où tout repartira.

Rav Lévi Na’hmani enseigne aussi beaucoup de ce point de vue là: Pour lui, Jacob c’est l’écoute et Esaü c’est la vision. Effectivement, on voit la bifurcation qu’il y a.

 

A retenir, l’ordre de l’enseignement : on étudie par l’écoute avec quelqu’un qui a vu. Après seulement on est amené à voir.

 

C’est pourquoi les maîtres des talmudistes sont des kabalistes. Et après avoir été l’élève d’un talmudiste, on devient kabaliste. Le commandement d’étudier la Qabalah c’est pour les maîtres. Pour les élèves, le commandement c’est d’étudier le Talmud.

 

On arrive au 3ème personnage qui est Pin’has.

C’est Pin’has qui va faire le lien entre Yitro et Balak 

 

Rashi (Pin’has 25 :11) cite une Guémara qui se trouve 2 fois, en Sanhédrin et en Sota :

Rashi sur le problème de la filiation de Pin’has jusqu’à Aharon qui ne s’arrête pas Pin’has Ben Eleazar et nous savons que Eléazar était le fils d’Aharon ? Parce que les chefs de tribus le tournaient en dérision :

 

« Avez-vous vu ce fils de Pouti celui dont le père de la mère avait préparé les veaux des sacifices idolâtres, celui-là se permet de tuer un prince des tribus d’Israël ? »

 

C’est pourquoi la filiation remonte à Aharon son grand-père car l’autre grand-père c’est la lignée d’un certain Pouti.

 

Un autre verset du livre de Shmot chapitre 6 verset 25

 

וְאֶלְעָזָר בֶּן-אַהֲרֹן לָקַח-לוֹ מִבְּנוֹת פּוּטִיאֵל, לוֹ לְאִשָּׁה, וַתֵּלֶד לוֹ, אֶת-פִּינְחָס; אֵלֶּה, רָאשֵׁי אֲבוֹת הַלְוִיִּם--לְמִשְׁפְּחֹתָם

Ve'Elazar ben-Aharon laka’h-lo

mibenot Putiel lo le'ishah

vateled lo et-Pinchas

eleh rashey avot haLevi'im lemishpechotam.

« Eleazar fils d’Aharon a pris

comme femme une des filles de Poutiel pour lui

 et elle lui enfanta Pin’has... »

 

je vous lis une référence sur ce verset de Shmot qui se trouve dans Baba Qama 101b :

sur l’expression des filles de Poutiel la Guemara dit :

 

Mah Hi Poutiel ? Yossef !

Que signifie Poutiel ?1ère réponse Joseph.

et pour quelle raison son nom est appelé Poutiel ?

she pit pet beyitsro

car il bavardait - lepatpet (jeu de mot hébreu Pouti) avec son instinct

Il était complaisant avec son instinct et faillit tomber entre les mains de la femme de Poutifar

 

Vous voyez la racine qui est mise en évidence :

Poutiel soit c’est celui qui a une faiblesse vis-à-vis de son instinct..., soit c’est celui qui a une faiblesse pour l’idolâtrie... et là c’est Jéthro avant sa conversion.

 

Cela veut dire qu’on lui donne une ascendance par Aharon pour contrebalancer le motif de mépris que pouvait avoir ces adversaires vis-à-vis de son autre ascendance par Yitro.

 

C’est pourquoi Rashi conserve l’explication du Midrash sur Jéthro. Le Torah Teminah qui explique les sources du Midrash dans la Guémara nous dit : étant donné que Poutiel est un nom que l’on ne sait pas affilier dans les généalogies bibliques, c’est la seule fois dans ce verset qu’il est indiqué, alors les rabbins du Talmud nous ont donné une signification d’identité plus qu’une généalogie à proprement parler.

 

Cela veut dire que Pin’has par cette ascendance qui est positive possède cette capacité, qu’il tient de Yitro, de pouvoir s’opposer à cette stratégie de Balak.

 

Il y a certains personnages dont on pourrait se demande pourquoi la Torah a décidé de les mettre en évidence au point que la tradition retient leur nom comme titre d’une Parashah.

 

Deuxième explication donnée par Rashi :

Beqano elkinati

Rashi lit autrement en comprenant :

 

  « il a vengé ma vengeance », il a lui été pris de la « sainte » colère que j’avais moi à être en colère. Le sens de Qinah que l’ont traduit par jalousie c’est celui qui entre en compétition pour une vengeance. 

 

Ce n’est pas une haine de rivalité contre Zimri ben Salou mais il a été pris du zèle pour venger la vengeance de Dieu qui est en question dans cet épisode.

 

Dieu a sucité un peuple qui a été capable grâce aux engendremeents et à la loi qui préside à ces engendrements qui est le véhicule de l’identité hébraïque des premiers hébreux et qui est à part du reste de l’humanité. C’est Son peuple dans Son humanité.

 

Et voilà que Balak et les Moabites réussissent à faire que des princes d’Israël dénaturent cette mise à part de sainteté. Alors Pin’has va lui prendre cette initiative de cette intégrité de l’identité d’Israël que Dieu avait réclamé.

 

Depuis le début de l’histoire, l’honneur de Dieu ayant choisi Israël dépend de la conduite d’Israël.

Voilà ce qui se passe là : C’est Pin’has qui sauve ici cet honneur.

 

Le 1er Midrash qu’il enseigne à propos d’Abraham : lorsque Dieu s’adresse à Abraham et lui demande de ‘faire monter’ Isaac :  prend donc « na » je t’en prie. Ce na: zeh lashon bevakashah.

Le Midrash explique : prouve-leur que tu es aussi religieux qu’eux : c’est leur manière d’être religieux et ils t’accusent de ne pas être religieux parce que tu ne l’es pas à leur manière, et bien prouve-leur ! C’est cette preuve qu’il faut que tu fasses. Sinon on M’accusera (les archanges des nations accuseront Dieu) d’être partial.

 

Effectivement, c’est ce que les Goyim disent : « C’est arbitraire ! »

Le choix d’Israël n’est pas arbitraire du tout : prouve-leur que ce n’est pas arbitraire. Et que le plaidoyer des nations accusant Israël de débauche ne tient pas...

 

Et c’est grâce à Pin’has.

 

Dans le Midrash concernant Abraham et dans ceux de la sortie d’Egypte : l’ange de l’Egypte intervient pour monter que ce sont des idolâtres comme les Egyptiens...

 

A vue humaine on ne voit pas la différence entre les Juifs et les autres hommes, il n’y a que Dieu qui voit les différences. Et si nous n’avions pas la Bible pour en attester personne ne verrait cette différence. De temps à autres de grands hommes, même sans avoir lu la Bible, se rendent compte, qu’il y a quelque chose d’autre. Il y a des livres Goyim qui paraissent sur les Juifs qui mettent en évidence que les Juifs sont à part. Il y a simplement le regard de Dieu qui sait la différence. Il n’y a que ceux qui ont intériorisé l’étude de ce que la Torah raconte de l’histoire de ce peuple depuis les origines jusqu’à la fin des temps, qui peut comprendre qu’il y a effectivement une différence.

 

A vue, à perception soi-disant objective de l’extérieur, est-ce qu’il y a différence entre des moeurs de corruption ministérielle en Israël et en France ? Il ne semble pas y avoir de différence et pourtant en Israël les ministres ne se suicident pas...

 

Pinhas va avoir le privilège de la prêtrise qui était réservée aux enfants d’Aharon avant la naissance de Pin’has et la lignée de Pin’has va être adjointe à la lignée des enfants d’Aharon.

 

Rashi

Verset 13

וְהָיְתָה לּוֹ וּלְזַרְעוֹ אַחֲרָיו, בְּרִית כְּהֻנַּת עוֹלָם--תַּחַת, אֲשֶׁר קִנֵּא לֵאלֹהָיו, וַיְכַפֵּר, עַל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Vehayetah lo ulezar'o acharav brit kehunat olam tachat

asher kine l'Elohav vayekhaper al-beney Yisra'el.

Et cette alliance de paix sera pour lui et pour sa postérité aprés lui [comme pour Aharon]

(parce qu'il a pris parti pour son Dieu et procuré expiation aux enfants d'Israël)."

 

C’est-à-dire qui est le garant de la paix, qui posséde l’alliance de la paix ? Celui qui est capable du zèle de sauver l’identité d’Israël !

 

alliance de prêtrise éternelle en échange du fait qu’il a eu le zèle pour son Dieu

 

Rashi sur léElohav

Il a déjà expliqué le mot de Qiné, et maintenant il explique le Lamed de Elokha

Il a été pris de Qina « pour » son Dieu

Rashi cite 2 exemples de la même expression avec Lamed:

 

לֵאלֹהָיו, pour le bien de son Dieu, comme dans (11:29), "Es-tu jaloux à cause de moi (לִי)?" (Zacharie 8:2): «Je suis zélé pour Sion (לְצִיּוֹן)"-pour le souci de Sion.

 

-  Dans Bemidbar à propos de la scène où Josué vient dire à Moïse : Eldad et Medad prophétisent dans le camp, et Moïse lui répond est-ce que tu te fais zélé pour moi (am kané at ali) et surprise Rashi cite un 2ème verset avec l’expression :

-  Dans Zakarie : Veqinati litsion et mon zèle est pour Sion

 

Avait-on besoin de ces réfèrences ?

Rashi veut mettre en évidence le fait que si Israël a réalisé la mission de Moïse sorti d’Egypte pour entrer en Erets Israël c’est grâce à Pin’has. am kané at li – Moïse - Veqinati litsion

Pour nous expliquer qu’il faut un Lamed après Qinah dans l’expression, Rashi faisant de la grammaire se dévoile sioniste.

 

C’était la 2ème chose que je voulais vous signaler.

 

*****

Question : (?) inaudible

Réponse : Au chapitre 10 verset 35-36

Je n’expliquerais pas le Noun renversé, mais dans les récit des différentes pérégrinations, dans la marche au désert, subitement le récit s’interrompt par 2 versets celui des 2 nounim renversés, les 2 versets que l’on lit en ouvrant et refermant le Heikhal à la lecture de la Torah)

 

10 :35

וַיְהִי בִּנְסֹעַ הָאָרֹן, וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה:  קוּמָה יְהוָה, וְיָפֻצוּ אֹיְבֶיךָ, וְיָנֻסוּ מְשַׂנְאֶיךָ, מִפָּנֶיךָ

Vayehi binsoa ha'aron

vayomer Moshe kumah Adonay

veyafutsu oyeveykha

veyanusu mesan'eykha mipaneykha

« Et il arriva lorsque l’arche décampait,

Mosheh disait lève-toi Hashem et que tes ennemis se dispersent

et que s’enfuient ceux qui te haïssent de devant Toi.

10 :36

וּבְנֻחֹה, יֹאמַר:  שׁוּבָה יְהוָה, רִבְבוֹת אַלְפֵי יִשְׂרָאֵל.

Uvenuchoh yomar

shuvah Adonay rivavot alfey Yisra'el

Lorsque (l’arche) résidait, il disait :

reviens Hashem les myriades des milliers d’Israël »

 

Ce sont deux versets difficiles, une Guémara dans Shabat dit que ces 2 versets doivent être considérés comme un Sefer Torah pour lui-même. Il y a 85 lettres dans ces versets et la Guemara établit : quand toutes les lettres sont effacées et qu’il en reste 85, cela reste un Sefer Torah digne de Kavod pour un certain nombre de régles : en particulier en cas d’incendie pendant Shabat.

 

Il y aurait donc 7 Sifrei Torah:

Bereshit

Shmot

-  Vayiqra

-  le début de Bamidbar

-  les deux versets de Vayehi binsoa ha'aron

-  la fin de Bamidbar

-  Devarim

 

C’est une thèse de la Guemara qui n’est pas retenue qu’il n’y a pas 5 mais 7 Sifrei Torah.

 

Ceci se relie à une autre Guemara qui enseigne que Mosheh était capable de 3 types de prophéties : la sienne, celle de Bilaam et celle de Jéthro.

Comment l’apprend-on ?

 

Par le fait que dans la Torah se trouve la prophétie de Bilaam cité par Moïse et par le fait qu’il soit beau-fils de Jéthro. Moïse était capable de la vertu et de la force que représente ces 3 personnages.

Moïse était capable de ces 3 capacités Jéthro, Job et Bilaam.

 

Midrash : Lorsque Moïse était enfant et que le Pharaon l’avait adopté et l’avait pris sur ses genoux, Moïse jouant lui fit tomber sa couronne par terre. Paro a appelé ses mages pour en avoir la signification. Réponse: un enfant te détrônera. C’est la raison pour laquelle il avait décidé de tuer tous les mâles égyptiens ou hébreux. Les égyptiens se sont révoltés et le décret n’a plus concerné que les hébreux.

 

Autre Midrash : lorsque cela s’est passé il y avait 3 sages de la cour de Pharaon, Yitro, Bilaam et Job qui ont donné trois réponses différentes d’où leur sort qui ont été différents.

 

-  Jéthro a dit : si cet enfant vient de Dieu tu ne peux rien contre lui. C’est la raison pour laquelle dit la Guemara, ses descendants seront à la Knesset. Il y a effectivement des Druzes à la Knesset, ils ne descendent pas directement de Jéthro mais le reconnaissent comme prophète.

 

-  Bilaam a dit : « il faut les tuer » et il a été mis à mort.

 

-  Job s’est tu alors il a souffert.

 

C’est un Midrash important : le profil d’identité de ces 3 sagesses lorsqu’elle sont séparées d’elles-mêmes ont une destinée différentes :

 

-  Bilaam c’est la religion qui n’est que religion, Bilaam c’est le Jésuite,

-  Jéthro c’est la vie sociale, c’est lui qui institue les lois concernant l’organisation des sociétés. Jéthro c’est le socialiste.

-  Job c’est l’existentialiste.

 

Il a ces trois sagesses radicalement différentes à la cour du Pharaon.

 

Moïse étant capable de ces 3 capacités :

 

-  Le rapport entre l’homme et lui-même =>Job tout seul

-  Le rapport entre l’homme et Dieu => Bilaam tout seul

-  Le rapport entre l’homme et autrui => Jéthro tout seul

 

Moïse étant capable des trois a reçu la Torah.

 

Jéthro servait de guide de Moré Derekh dans les pérégrinations du désert.

(Vous avez remarqué que les Gashashim sont tous des Druzes ou des bédoins).

Il connaissait les différentes étapes pour passer du monde de l’Egypte au monde d’Israël, du monde ancien au monde nouveau. Mais Jéthro a un certain moment décide de quitter Israël pour aller s’occuper de son peuple au nom de la Torah. Il y a une alliance spirituelle entre la religion des Druzes qui est très peu connue, très mystérieuse, aussi secrète que la kaballe. (Ils ont d’ailleurs la même tradition de ne commencer l’enseignement qu’à l’age de 40 ans) C’est un mystère mais il y a une alliance non écrite entre les Druzes et Israël. Il y a une habitude chez les anciens Juifs du Yishouv qu’à chaque fête de Yitro d’inviter un Druze.

 

Retour au sujet :

Cela veut dire que ces deux versets dont le contexte montre qu’ils permettent à Moise d’être le guide d’Israël dans le désert. Lorsqu’il lui dit « tu nous servira de eînaim d’yeux » c’est pour nous permettre de savoir où il faut aller, étape par étape.

L’expression est restée traditionnelle : les chefs de l’assemblée s’appellent Haeïnei haédah

Ceux qui doivent servir de eïnaïm à l’assemblée d’Israël. Malheureusement, très souvent il y a des paupières qui se ferment, et ceux qui devraient servir d’yeux, des éclaireurs, pour l’assemblée d’Israël ferment les yeux et ne voient pas ce qui se passe. Et ils arrivent des catastrophes.

 

Ce sont ceux qui sont capables d’explorer les différentes étapes de l’histoire qui vient.

 

***

Q : vous avez parlé de Jules Isaac... ?

R : J’ai toujours été frappé par cela : Le nom de Isaac est très rare pour désigner des Juifs.

C’est Jules Isaac, complétement assimilé, pris dans la tourmente de la Shoah où il a perdu femme et enfants a décidé de tenter comprendre ce qui se passe entre Jacob et Esaü. Il a écrit « L’enseignement du mépris » sur Jésus et Israël pour démontrer qu’effectivement ce que dit la Guemarah (qu’il ne connait pas) : Esaü a la haine de Jacob, c’est vrai.

C’est son oeuvre qui est le point de départ du revirement de l’Eglise, à l’échelle officielle.

Vatican 2 de Sélisberg, sort de l’oeuvre de Jules Isaac.

Alors imaginer un Juif qui s’appelle Isaac et Jules et qui est venu sur terre pour savoir qui a raison de  Jacob ou Esaü : une petite étincelle d’Isaac qui s’est déguisée en Esaü « Jules » (César) pour dire que ce sont les Juifs qui ont raison. Il y a de temps en temps des clins d’oeil de l’histoire. Celui-là s’appelle Jules Isaac.

 

Q :

R : verset 7 chapitre 28

Pin’has devient beaucoup plus tard Eliyahou hanavi.

L’expression c’est Pin’has hou Eliyahou - Eliyahou hanavi est une réincarnation de Pin’has.

C’est la Qina. Eliyahou hanavi est le prophète le plus zélé, extrêmiste. On retrouve le profil d’identité de Pin’has. Pour la Kaballah il y a trois figures qui sont dans la même Séfirah : Yossef, Pin’has et Eliyahou.

 

Q : prière qui demande à voir le processus de Guéoulah... (?)

R : ce sont deux questions.

Pour ce qui concerne la Tefilah, la prière : « et que nos yeux voient lorsque tu reviendras à Sion »

La forme de la prière c’est que « lorsque tu reviendras à Sion, que nos yeux voient ». On ne demande pas reviens et que l’on voit. On demande quand tu reviendras qu’on le voit. Et l’histoire montre que l’on devait demander cela car il y a énormément de gens qui ne voient rien, comme dit le verset des Psaumes « Ils ont des yeux mais ne voient pas ». En français « qui vivra verra » mais c’est plutôt « Qui verra vivra »...

 

Il y a énormément de gens qui ne voient pas et parmi eux des gens qui font semblant de lire le Zohar. Je réponds-là à votre 2ème question.

 

D’autre part nous avons une tradition que le Zohar commencerait à être dévoilé au moment de la Guéoulah, le retour à Sion. On s’aperçoit que ces deux mouvements coïncident. Avant l’état d’Israël qui parlait du Zohar ? Personne sauf des rares initiés. Et depuis l’état d’Israël, cela explose partout.

 

Tout n’est pas bon. Des sectes exploitent les personnes.

Il faut lire le Zohar avec quelqu’un qui l’a compris. Un maitre n’est pas celui qui a des élève mais celui qui a eu un maitre. Et le Zohar est un livre qu’on ne peut pas lire sans un maitre. Le Zohar est un livre très facile à lire mais on n’y comprend rien. Se méfier de ceux qui croient comprendre.

 

Il y un phénomène d’explosion des sources du Zohar et de Kaballah actuelle qui est contemporaine de la Guéoulah.

 

Pendant des siècles on a lu le Zohar. Il y avait des confréries de lecteurs du Zohar particuliérement chez les Sefardim. 24h / 24 à lire le Zohar appris par coeur. Je me rappelle encore l’air sur lequel on le chantait. On a appris par coeur tout cela. Et effectivement la plupart du temps cela commence par Ta’hazé. 

 

Q : pourquoi la Torah prime la vision sur l’écoute ?

R : pour le témoignage. Seul celui qui a vu peut dire j’y étais, j’ai vu. Il faut 2 temoins, parfois 3 témoins et on interroge le témoin sérieusement. Le témoignage visuel l’emporte sur le témoignage auditif.

 

On étudie pour savoir mais tant qu’on n’a pas vu ce qu’on étudié que sait-on ? 

 

C’est un cheminement. Tant qu’on est encore au stade où on n’a pas compris on ne voit pas.

La Torah a deux impératifs : Shéma Israël et Réé Israël, il y a deux manières de comprendre, par l’entendement et par la représentation visuelle mais c’est une cheminement progressif. 

 

La grande Mitsvah de la fête de pélerinage s’appelle la Réyiah : on allait au Temple pour voir. Aujourd’hui on ne voit plus rien car ce qui s’est révélé s’est caché mais le rassemblement est en train de se faire : un jour cela éclate.

 

Après 2000 ans le rassemblement des juifs dans le monde entier au milieu des bouleversements planétaires, et le fait que les Juifs redeviennent hébreux si rapidement.

Moi, je suis juif, mes enfants sont israéliens et mes petits enfants sont hébreux.

Cela ne peut pas laisser le monde indifférent ce qui se passe là que 2000 ans après du dedans du peuple juif les Hébreux résurgissent, alors vous avez des Jéthro et des Balak. Heureusement nous avons des Pin’has.   

 

C’est cela le problème. Nous seront appelés à voir mais pour le moment nous devons savoir...
.../...


Parshat Pin'has 1993 Suite & fin

.../...

Q :

R : parce que Shéma Israël d’abord.

quand vous vous égarez après vos yeux, avant d’avoir compris, vous devenez idolâtres.

 

Pére Dubois me soutenait que les chrétiens pratiquaient les 10 commandements.

Sur l’objection de l’interdiction de l’image: Dieu a vu que l’homme ne pouvait pas se passer d’image et Dieu dans sa grande bonté Il s’est fait Lui-même image de lui-même pour qu’il n’y ait pas de faute. A ce niveau-là on ne peut plus discuter, c’est pire que des Loubavitch.

 

C’est la foi chrétienne mais vécue par des Goyim : ils sont persuadés que la loi de Moïse est révelée, mais pour nous faire savoir quelle est la loi que l’on n’est pas capable de  réaliser. Ils ont une cohérence à eux. La loi est révélée pour nous faire savoir ce qu’on n’est pas capable de pratiquer. C’est de l’orgueil de croire qu’on la pratique. La preuve ? Regardez ces pharisiens juifs comme ils sont orgueilleux. Ils croient qu’ils pratiquent alors qu’ils ont des trucs...

 

Il y a 7 catégories de pharisiens selon le Talmud. 6 sont fausses.

L’humour des Rabbins du Talmud  est extraordinaire. Il y a un pharisien qui s’appelle « ceux qui ont des bosses sur le front » Pourquoi ? Parce qu’ils sont tellement pudiques qu’ils marchent les yeux baissés et se cognent aux murs...

 

Ils ont besoin de voir, alors ils voient des choses qui pour nous sont des idoles. C’est de l’idolâtrie. Ce sont des mythes. Et c’est dévastateur. Il n’y a qu’à étudier le phénoméne de la publicité pour savoir à quel point les images sont dévastatrices. Le mythe de la crucifixion induit des haines et des massacres au nom du Dieu d’amour ...

La croix chrétienne n’est qu’une épée inversée. Cela déchaine les passion.

 

Tant que vous étudiez vous n’avez rien vu, mais tant que vous n’avez pas vu, vous n’avez rien étudié.

 

Q : la méthode formidable confiée par nos maitres dans la prière par le chant 

R : pas seulement la prière, le fait de savoir cantiler la prière, le murmure de la prière est important sinon on a l’air de réciter des poèmes comme à l’opéra avec un air théatral. C’est valable pour toute la Torah : si on ne connait pas le chant sur lequel cela se chante on ne comprend pas car le découpage du verset est différent.

Rashi était autrefois chanté pour savoir s’il s’agissait d’une question ou affirmation. La Mishnah avait son air à elle. Tout cela s’est perdu dans les Yeshivot. Ce qui manque c’est ce qu’il y avait au  Talmud Torah.

Fin
*****

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
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