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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 19:58

 

PARSHAT PIN’HAS 1994

Pinhas - série 1994 (Cliquer sur Face A)

Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou) זצ"ל

Question sur la Parshat Pin’has:

 

Question de vocabulaire :

Le terme de « zélote » définit une secte du temps de la fin du Bayit Shéni lors de la lutte contre les Romains. Et aujourd’hui les historiens essaient de trouver des analogies entre ce qui se passe actuellement dans le pays et ce qui a pu se passer au temps du Bayit Shéni dans la lutte des Judéens contre les Romains, mais ce sont des analogies absolument arbitraires.

 

Il y avait 2 camps :

-  ceux qui ne voulaient pas la guerre et acceptaient la domination romaine

-  ceux qui ont voulu se révolter contre Rome.

 

Et une partie de ces révoltés étaient beaucoup plus déterminée. Je ne veux pas dire extrémiste parce qu’à partir du moment où quelqu’un a décidé de se révolter contre l’occupant romain il n’y a pas de différences entre modéré et extrémiste. Ces différences-là n’ont pas de sens réel sur le terrain.

 

Les historiens les ont appelés les zélotes, pour définir une tendance dans le peuple : chaque rencontre avec le romain donnait lieu à une « explication ». Un peu ce qu’il s’est passé en Europe lors des rencontres avec les S.S.

 

Il y avait en particulier une confrérie- les Sikarékim-  un mot latin passé dans l’hébreu – les sicaires en latin – un peu les mercenaires de l’armée romaine. Dans l’armée romaine, comme dans toute les armées, il y avait les appellés (qui étaient des étrangers, des météques originaires de pays sous domination romaines ) et les mercenaires (qui étaient experts en armes comme les commandos et les marines modernes). Ce mot a été attribué à un mouvement de juifs déterminés.

 

Q :  Comment ont été réparti les territoires entre les tribus ?

Avec le compte effectué à la sortie d’Egypte et le compte actuel comment cela s’est–il produit ?

 

***

 

Parashat Pin’has Verset 10 chapitre 25

 

25:11

פִּינְחָס בֶּן-אֶלְעָזָר בֶּן-אַהֲרֹן הַכֹּהֵן, הֵשִׁיב אֶת-חֲמָתִי מֵעַל בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקַנְאוֹ אֶת-קִנְאָתִי, בְּתוֹכָם; וְלֹא-כִלִּיתִי אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקִנְאָתִי

Pin’has ben-El'azar ben-Aharon hakohen

Pin’has fils de Eleazar fils de Aharon le prêtre

heshiv et-chamati me'al beney-Yisra'el bekan'o et-kin'ati betocham velo-chiliti et-beney-Yisra'el bekin'ati

 

Tout de suite on est averti du caractère un peu paradoxal de l’acte de Pin’has des versets précédents.

 

C’est que lors de la tentative de Balak de faire maudire Israël par Bilaam (c’est très contemporain cf. cette stratégie très actuelle d’hostilité contre Israël).

Lorsque Balak s’aperçoit que la stratégie de Bilaam est inopérante (Cf. l’étude passée avec le texte du Guélilé Zahav), parce que lorsqu’il s’agit d’Israël dans sa totalité, sa collectivité, Israël est invincible ; et Bilaam a donné comme conseil à Balak de ne voir qu’une partie du camps d’Israël.

C’est là le thème important de la malédiction qui se transforme en bénédiction : même si « dire le mal de » est effectif pour une partie (à l’échelle individuelle, même multipliée d’Israël, cela s’inverse en Brakhah à l’échelle de la collectivité d’Israël.

 

D’où l’importance de ce que l’on appelle aujourd’hui Akhdout léomit.

Toutes les catastrophes actuelles peuvent être imputées au gouvernement qui ne représente pas vraiment le Klal Israël. Je pense qu’il ne le représente pas du tout puisque sa majorité n’est pas juive. (Cf. l’article du Jérusalem Post de maitre Rosenbaum qui explique la différence entre légalité et légitimité.)

 

Bilaam selon le Midrash a donné un autre conseil de stratégie à Balak : pouvoir mettre Israël en difficulté en les mettant en infériorité morale, en situation de faute : la stratégie se rattache à un grand problème d’Israël : celui des mariages mixtes, plus exactement ce que le Talmud appelle « Mitat Kénaanit » : le fait que les hommes d’Israël prennent femme en dehors d’Israël, sous quelque forme que ce soit, pas forcément pour le mariage. Un autre expression  talmudique est « Mitat Aramit ».

 

Tout l’effort historique qui commence avec Abraham est de se dégager de la Qlipat Aram, de l’identité Aram. Tous les plus grands ennemis d’Israël sont issus de l’identité dont est sorti Abraham qui était l’identité araméenne : Lot, Ishmael, Essav.

Seul Jacob va recevoir le nom de Israël car lui seul arrive à se débarrasser définitivement de la Qlipat Aram. Son antagoniste le plus grave et dangeureux, est Dafka "Lavan HaArami’’.

 

Les rivaux d’Israël les plus dangereux pour l’identité d’Israël sont à l’origine les plus proches.

Voyez toutes ces lignées sorties de l’identité araméenne de la famille d’Abraham, laquelle identité araméenne de la famille d’Abraham est l’identité hébraïque dans l’exil de la civilisation de culture chaldéenne que la Bible appelle Babel (de l’antiquité).

 

L’histoire ne se répète jamais de la même manière, ni dans la forme ni dans le fond, mais ce sont les mêmes situations.

 

La société d’Israël est aux prises d’arriver à se débarrasser de ce qu’on  pourrait appeler l’identité galoutique, l’identité de Galout. Or, l’identité araméenne c’était l’identité galoutique des hébreux à Babel.

 

C’est pourquoi les différentes tendances de la société juive et israélienne qui s’attachent à l’identité diasporique, avec tous les problèmes que cela pose de démissions d’identité, au moment précisèment où nous sommes confrontés à cette mutation historique qui nous fait vivre à l’échelle de la collectivité l’histoire d’Abraham. Redevenir hébreu en se dégageant de l’identité araméenne.

Relisez l’histoire d’Abraham dans cette perspective. Et cette histoire ne réussit qu’avec Jacob.

 

Un exemple :

Lorsque le Midrash nous enseigne que Dieu a proposé la Torah à toutes les nations du monde, cela met en évidence l’universalité de principe de la Torah par rapport à l’humanité. C’est un problème très difficile, que finalement c’est une infime minorité des humains créés qui sont compatibles avec la Torah.

 

Le Midrash s’expose en différentes sources : je me base pour l’explication que je vais donner sur la manière dont le Zohar l’explique, mais les sources classiques sont dans la Guémara : Dieu a proposé la Torah à toutes les nations du monde qui l’ont refusé.

Elles n’ont pas refusé toute la Torah comme si elles étaient des Reshayim Gmourim.

Ne pas croire qu’elles refusent par définition toute idée de Torah, puisque toutes les nations se donnent des lois, des constitutions. Ce que les rabbins dans le Talmud appellent des Nimoussim. C’est difficilement traduisible. C’est la notion de droit en latin. Le droit romain est ce qui est légal et non ce qui est Yashar = droit juste ou légitime.

Il n’y a pas de doute que chez les Romains comme chez tous les peuple et les Hassidei Oumot Ha-Olam qui avaient le sens de la justice mais finalement leurs constitutions sont dans la catégorie du droit et non pas de la morale érigée en légalité.

 

La Talmud va jusqu’à dire : lorsque 2 Juifs ont un problème entre eux (cette loi a été formulée au temps de l’occupation romaine et reste valable pour le temps de Galout et dans l’Israël contemporain), la régle est d’aller devant le Beit Din. Même si le tribunal Goy donnerait la même sanction ou rendrait la même décision car c’est la même conception du droit sur ce problème, cela reste interdit. Non parce que la décision, l’argumentation et le scrupule n’existe pas chez les Goyim, mais parce que ce qui est droit pour eux c’est ce qui est légal et non ce qui est juste.

 

Voyez l’humour dans le fait que ce sont le Romains qui se sont arrangés à accuser les Juifs de pharisaïme, c’est-à-dire de jésuitisme. C’est-à-dire que c’était un des arguments les plus systématiques des théologiens chrétiens contre la conception de la loi du judaïsme talmudique qu’il s’agissait d’arguties légales, du légalisme qui se substituaient à la morale. Alors que c’est précisément le défaut du droit romain. Ce à quoi s’oppose la Torah. Voyez le renversement des choses.

 

Avec le temps on s’aperçoit malheureusement que beaucoup de Juifs manient la Torah à la manière romaine. C’est à dire à la manière du légalisme formelle, pur et simple.

 

Ce qui me frappe moi depuis que je connais la société israélienne, c’est que c’est  la philosophie du droit des tribunaux civils israéliens. Il y a une tendance au légalisme absolu, aidé par les media, pour faire croire que c’est cela qui est moral alors que ce n’est que légal.

 

La plus grande plaie de la société israélienne c’est ce légalisme  qui a envahi et le monde religieux et le monde non religieux.

 

Pour revenir au sujet :

Si des nations du monde ont refusé la Torah que Dieu propose, ce qui signifie l’acceptation que leurs histoires et leurs destinées soit jugées selon la loi morale puisque c’est cela le contrat du Sinaï. Israël a accepté que son histoire soit jugée d’après la Torah. C’est pourquoi (Brakhot 30) Moïse a demandé à ce moment-là que la prophétie s’arrête sur les nations.

Parce que si Israël a accepté l’enjeu d’une histoire si difficile, c’est la seule histoire de la seule nation qui est jugée d’après la morale et cela se voit, bien avant le jugement dernier, dans le jugement permanent des nations du monde sur le peuple Israël. Nous sommes la seule société qui est jugée d’après des critères moraux. Indirectement, c’est un compliment. A la manière des prophètes qui ne se sont pas lassés de le dire: c’est Israël et non les autres peuples qui est interpelé car les autres ne sont pas interpellables.

 

Chaque fois qu’ils font allusion à des catégories de soi-disant justice, il s’agit de catégorie de droit au service d’une politique.

 

Je disais donc que les nations du monde ont refusé la Torah, en cela ils ont refusé ce que Israël a accepté : que son histoire soit jugée, elle sera en fin de compte jugée au jugement dernier, mais elle est jugée de manière permanente à travers tout le temps de l’histoire, d’après les critères de la vérité morale absolue ; alors que ce n’est pas le cas pour les autres sociétés.

 

Le Midrash auquel je pense indique, parce que le Zohar a posé la question, à travers quel prophète Dieu a t’il proposé la Torah aux nations ?

Alors il y a une allusion que c’est à travers les prophètes de chaque nation. Il y avait cette catégorie des prophètes des nations.

 

La Midrash en question va citer précisément les nations issues de la famille d’Abraham. Pour quelle raison ? Cf. les raisonnements de l’ensemble des Midrashim. C’est plus précis dans le Zohar.

C’est : Qui y a t’il dans Ta Torah ? Telle mitsvah ? Mais d’après notre identité nous ne pouvons pas être compatible avec cette Mitsvah !

 

On nous donne l’exemple de Essav : « Qu’y a t’il d’écrit dans Ta Torah ? » « Tu ne tueras pas ! »

« Je ne peux pas accepter à cause de la bénédiction parternelle :  ‘‘Tu vivras de ton épée !’’ »

Rome ne peut pas éviter la guerre : de toutes les civilisations, elle a été la plus guerrière.

 

Mais la propagande a fait que la culture générale a retenu de Rome la Pax Romana - la paix romaine ! Ce sont des martiens ! Par ailleurs ce n’est pas par hasard que lorsqu’ils ont voulu faire Teshouvah, de toutes les Mitsvot ils aient retenu une seule mitsvah : « Tu aimeras ton prochain comme toi même. » Le reste de la Torah ne les intéresse pas, c’est la perche qui leur a été donnée pour être sauvé. Un romain devenant chrétien pourrait être sauvé si il est réellement charitable.

Au niveau individuel, il y a possible performance dans l’ordre de cette Midah de charité.

Cela met bien en évidence que leur manière d’être c’est la guerre. C’est pourquoi lorsqu’ils ont fait Teshouvah parce qu’ils ont voulu faire Teshouvah ils ont choisi comme idéal précisément la Mistavh qui correspond à cette empêchement pour eux d’accepter la Torah

 

Midrash : et c’est vrai également pour Amon, pour Moav, pour Ishmaël, et pour Essav.

 

Cela veut dire qu’il n’en était question que pour les peuples qui auraient pu se prévaloir d’un lien avec la Torah grâce au lien d’origine de la famille d’Abraham. Et c’est à travers eux que les autres nations du monde ont entendu parler de la Torah.

 

Cela me rappelle un souvenir d’enfance : étudiant j’étais très impressionné par la littérature antisémite française de Jean et Jérome Taro : « A l’ombre de la croix ». J’avais complété « à l’ombre de la croix et du croissant ».

 

Effectivement les communautés juives ne se sont maintenues que dans les civilisations qui ont été touchées dans le nord de la méditérannée par le chrisitanisme et dans le sud par l’islam. Partout ailleurs l’exil juif s’est perdu, dissout, perdu. Il fallait la Qlipah de l’église et de la mosquée pour que l’exil puisse s’accomplir jusque dans sa finalité.

 

Je vous donne un exemple :

L’exil juif en Chine a révélé une assimilation. La civilisaiton chinoise est tellement assimilatrice qu’elle les a absorbé. Actuellement c’est en train de se faire aux Etats-Unis. Le judaïsme américain va disparaître.  

 

Israël a été interpellé à travers l’histoire par ces branches de la famille d’Abraham qui étaient de la même origine araméenne. La Bible a été très sobre sur toute cette préhistoire de la sortie de la famille d’Abraham d’Our-Kasdim car l’histoire d’Israël a un pré-commencement avec la sortie d’Abraham d’Our-Kasdim mais elle commence avec la sortie d’Egypte. Mais imaginez le tri d’identité, le brassage d’identité qu’il y a eu à partir de l’identité originelle, à travers cette civilisation de l’antiquité, la civilisation de Babel qui avait une annexe en Egypte, et puis uniquement ceux qui ont traversé les épreuves d’identité à travers toute cette confrontation d’identité. Encore une fois, de l’hébreu enfoui dans la Qlipah (l’écorce impure) et qui est en même temps ce qui protège le fruit tout en le niant.

 

Il y a des fruits dont la Qlipah est intérieure et d’autres dont la Qlipah est extérieure.

Cf. les Kavanot des Brakhot surtout de Toubishvat.

Il y a 2 exemples de Tsadik :

Le Tsadik qui est comparé a une grenade : la Qlipah est à l’extérieure dans le Rimon et les Garilim sont le fruit. Le Tsadik qui est comparé à une datte : la Qlipah est à l’intérieur, le fruit est autour du noyau qui est la Qlipah dans la datte.

 

Leçon du rav Tsvi Yéhoudah zatsa’’l extraordinaire :

Il y a 2 sortes de Tsadikim :

Ceux dont la Qlipah Qodemet La Péri

Et ceux dont le Péri est quodem de la Qlipah

On sait à qui on a à faire si c’est un Tsadik dans le genre du Rimon ou si c’est un Tsadik dans le genre du Tamar.

 

Dans Parshat Qora’h, il y a un Midrash qui enseigne cela.

Tsadiq kitamar yifra’h => safé tevot donnent Qora’h

La Qlipah est intérieure pour le Tsadik de style Qora’h comparé au Tamar

Alors que le Talmud dit du Rimon :

Recanim chébeIsraël meleim mitsvot karimon

Les gens les plus vides d’Israël sont pleins de Mistvot comme la grenade.

 

Qu’est-ce à dire : s’ils sont vides comment peuvent ils être pleins ???

Le Rav nous expliquait que c’est dans l’essence d’Israël qu’il y a des Mitsvot : ie. même s’ils sont vides au niveau des actes, ils sont pleins de Mitsvot comme la grenade qui est constitué par ses grains. Ils sont pleins de Mitsvot d’être. Dans leur essence.

 

Effectivement, Bilaam a vu que sa statégie de critiquer telle ou telle partie ne réussissait pas, parce qu’Israël était uni dans le désert.

 

Il faut étudier l’ordonnancement du camps d’Israël dans le désert, comment les 12 tribus étaient situées autour du Mishkane grâce aux Lévites.

 

J’ouvre ici une parenthèse qui me semble importante : Cette A’hdout d’Israël dépend de la tribu de Lévi. Cf. l’énumération de la naissance des enfants de Jacob : il y a un cas particulier pour Lévi. Pour les enfants de Léah, c’est le nom de Hashem qui est indiqué. Pour les enfants de Ra’hel, c’est le nom de Elohim. Et pour Lévi il n’y a ni Hashem ni Eloqim, parce que « Hashem hou Eloqim » : c’est Lévi qui fait le trait d’union des tribus. Il y a les 12 tribus et c’est la 13ème tribu de Lévi qui les unifie. Si la tribu de Lévi ne joue pas son rôle alors il n’y a pas de A’hdout.

 

Je relie cela au fait que Pin’has fait partie de la tribu de Lévi et va intervenir à un moment où il risque d’y avoir une catastrophe en Israël car précisément la dernière stratégie secrète que Bilaam a donné à Balaq c’est de mettre Israël en infériorité morale et spirituelle au moyen des Guilouï Ârayot. גִּלּוּי עֲרָיוֹת

J’en reviens au problème du mariage mixte de la Mitah Araamit. On a bouclé la boucle.

 

Balaq a obtenu des filles de Moav qu’elles séduisent les grands d’Israël pour les emmener à la débauche et de la débauche à l’idolâtrie. Le peuple hébreu était en danger et il y a eu une Maguéfah, une catastrophe qui a atteint le peuple.

 

Par ce biais-là je vous annonce le sujet que l’on va étudier :

A chaque grave Maguéfah, il fallait faire un dénombrement pour savoir s’il y avait un nombre suffisant pour pouvoir achever la marche du désert et entrer dans le pays. Parce que le pays devait être distribué selon les différents noms des familles qui sont sorties d’Egypte. Alors si les familles qui rentrent en Israël ne correspondent pas aux nombres et aux noms des familles qui sont sorties d’Egypte, il y a impossibilité.

 

Les 2 termes qui sont employés par la Torah sont Yeroushah et Narava, ceux qui sont sortis d’Egypte ont fait hérité à ceux qui vont entrer dans le pays. D’où la nécessité du dénombrement chaque fois qu’il y a une catastrophe.

 

Il y en a eu 3 principaux :

-  Aprés la faute du veau d’or, il a fallu dénombrer

-  Aprés la révolte de Qora’h, il a fallu dénombrer

-  Aprés les filles de Moav, il a fallu dénombrer

 

Quelle est la logique, quel est le principe unique de ces 3 épisodes ?

Les 3 fautes par lesquelles le Rasha est défini =>

-  La faute du veau d’or c’est Avodah Zara et donc Bein Adam LaMaqom

-  La révolte de Qora’h, la faute du Talmid ‘Hakham - Mal’hoqet- c’est Bein Adam Le’havéro

Guilouï A’hayot c’est la débauche, c’est Bein Adam Léatsmo

 

Qu’est qu’un Rashâ ?

C’est celui qui est Rashâ soit à la manière de Avodah zara soit à la manière de Guilouï Arayot soit à la manière de Shif’hout damim

 

Vous avez compris pourquoi à chaque fois il fallait un dénombrement et nous allons étudier ce qui caractérise ce dénombrement qui a pour cause le fait qu’il a eu une Maguéfah et qui a pour Takhlit pour finalité, le fait de savoir s’il y a suffisamment de noms des familles pour entrer dans le pays et le partager...

 

Vous voyez pourquoi Pin’has ben Eleazar ben Aharon hakohen est celui qui va intervenir pour stopper cette Maguéfah.

 

Verset 8 chap 25 :

Quand Pin’has s’est aperçu qu’un chef de tribu d’Israël Zimri Ben Salou était allé avec une princesse midianite nommée Kozbi bat Shour :

 

וַיָּבֹא אַחַר אִישׁ-יִשְׂרָאֵל אֶל-הַקֻּבָּה, וַיִּדְקֹר אֶת-שְׁנֵיהֶם--אֵת אִישׁ יִשְׂרָאֵל, וְאֶת-הָאִשָּׁה אֶל-קֳבָתָהּ; וַתֵּעָצַר, הַמַּגֵּפָה, מֵעַל, בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Vayavo achar ish-Yisra'el el-hakubah

vayidkor et-shneyhem

et ish Yisra'el ve'et-ha'ishah el-kavatah vate'atsar hamagefah me'al beney Yisra'el.

Et Pin’has est allé après cet homme d’Israël dans la tente

et il les a transpercé tous les deux

et ish Israël et la ishah qu’il frappa au flanc et le fléau s’arrêta parmi les Bnei Israël
.../...


 
***

PINHAS 1994 - Suite & fin
Pinhas - série 1994 (Cliquer sur Face B)

 .../...

Alors la Maguéfah s’est arrêtée : l’intervention de Pin’has a stoppé la catastrophe.

 

25:11

פִּינְחָס בֶּן-אֶלְעָזָר בֶּן-אַהֲרֹן הַכֹּהֵן, הֵשִׁיב אֶת-חֲמָתִי מֵעַל בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקַנְאוֹ אֶת-קִנְאָתִי, בְּתוֹכָם; וְלֹא-כִלִּיתִי אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, בְּקִנְאָתִי

Pinchas ben-El'azar ben-Aharon hakohen

heshiv et-chamati me'al beney-Yisra'el

bekan'o et-kin'ati betokham

velo-chiliti et-beney-Yisra'el bekin'ati

« Pin’has ben ..ben Aharon le Kohen

a fait revenir Ma colère de dessus les enfants d’Israël

lorsqu’il a été zélé de Mon zèle en leur sein... »

« Et c’est pourquoi je n’ai pas détruit les enfants d’Israël dans Ma colère-jalousie »

 

Définition de ce zèle :

C’est le fait que lorsqu’on est dans une situation où tout le monde est paralysé, quelqu’un a le courage d’intervenir. Un peu ce qui est arrivé à ’Hévron d’ailleurs.

Le Midrash explique cette paralysie générale : il s’agit des grands d’Israël qui ont pris les princesses de Midyan. Et celui qui devait intervenir ne peut pas intervenir : Mosheh avait épousé une Midianite. Dans cette situation-là il faut que quelqu’un intervienne.

 

« Et c’est pourquoi je n’ai pas détruit les enfants d’Israël dans Ma colère-jalousie »

 

On est renvoyé au terme par lequel la Torah définit Dieu dans son rapport avec Israël => Elqanah et cela veut dire exclusif.

On a remarqué dans tous les Panthéons de toutes les religions (on met l’Islam de côté car l’Islam c’est un monothéisme qui refuse absolument toute idolâtrie, c’est un monothéisme de l’unicité de Dieu qui affirme que Dieu est le seul à être Dieu mais il ne connait pas le monothéisme de l’unité de Dieu, celui d’Israël) que ce Dieu qui est seul à être Dieu est Un :

Shema Israël Adonaï Elohenou Adonaï E’had - alors que « seul – unique » se dit Ya’hid et « un » se dit E’had.

 

J’ai exploré toutes les traductions qui traduisent Shéma Israël … elles font comme s’il y avait Ya’hid à la place de E’had. Cela n’a rien à voir avec ce que dit l’hébreu !

 

Elkana: il  y a une relation exclusive entre Dieu et Israël.

Cette relation d’exclusivité exclut que Israël adjoigne quoique ce soit au lien qu’il a avec le Dieu unique qui est un. Alors ça c’est Méyou’had.

 

L’expression complète c’est E’had Ya’hid Oumiou’had

Il y a une relation Méyou’hedet avec Israël, spécifique donc exclusive.

 

Partant de là, on peut mettre en évidence que derrière toute faute il y a en fin de compte une faute d’idolâtrie ou plutôt : derrière toute faute il y a l’amorce du risque de la faute d’idolâtrie.

 

Talmud

« celui qui se met en colère est comme un idolâtre »

 

Le « comme si » est important, c’est une faute grave, mais le Talmud n’explique pas la gravité mais la  compare d’emblée à l’idolâtrie. Quel rapport entre la colère et l’idolâtrie ?

Cela voudrait-il dire que les rites d’idolâtries sont des rites de colères ?

C’est vrai aussi au même titre que ce sont des rites de débauche mais cela n’est pas toujours visible.

 

Le mythe de l’adoration chrétienne, qui marche bien, est le pire qui soit :

L’idolâtrie la pire : l’homme qui se prend pour Dieu.

Le meurtre le pire : le père qui tue son fils.

La débauche la pire : un enfant naissant sans père.

 

Si la colère n’est pas réprimée elle aboutit au meurtre.

Le meurtre implique et sous-entend que je n’admet pas que Celui qui m’a créé ait créé l’autre : comme s’il y avait 2 créateurs. Il y a effectivement l’amorce de la conduite d’idolâtrie.

Voilà ce que je voulais expliquer avec les termes de Qinah - Elqanah

 

Il y a une analogie qui nous met sur la piste de quelque chose de très profond : c’est qu’il y a 2 noms Qana en hébreu :

 

Qana : qouf-noun-alef,  c’est « l’exclusif ».

Qanah : qouf-noun-hé, c’est « celui qui acquiert ».

 

Nous sommes le Qiniane de HaQadosh Baroukh Hou et par rapport à nous, Il est El qanah, ce qui implique qu’Il soit Qana. Il y a un lien de cause à effet.

 

25 :12

לָכֵן, אֱמֹר:  הִנְנִי נֹתֵן לוֹ אֶת-בְּרִיתִי, שָׁלוֹם

Lachen emor hineni noten lo et-briti shalom

« C’est pourquoi dis-lui Me voici Je lui donne Mon alliance de paix »

 

L’alliance de paix ne peux être conclu que par les Kanaïm. Que si les Kanaïm font la paix c’est la paix, si ce n’est pas les Kanaïm ce n’est pas la paix.

 

Chapitre 26 :

 

Il y a ce dénombrement et il y a une particularité par rapport aux autres dénombrements, c’est qu’à certains épisodes la Torah explique pourquoi un des noms des familles d’Israël a disparu et c’est très particulier pour ce récit-là de dénombrement.

Très souvent il y a des dénombrements dans la Torah pour la génération de la sortie d’Egypte, dans différents épisodes et celui-là est le dernier avant l’entrée pour l’héritage du pays. Jamais il n’y a eu de façon aussi explicite la raison pour laquelle le nom d’untel ou untel a disparu pour cause de mort et dans quelles circonstances.

Et comme on l’a appris à d’autres occasions, ce dénombrement a ceci de particulier que la tribu de Lévi est dénombrée à part. Entre temps, il y a séparation entre les tribus d’Israël et la tribu de Lévi.

 

Rashi sur verset 36 du chapitre 26 :

וְאֵלֶּה, בְּנֵי שׁוּתָלַח--לְעֵרָן, מִשְׁפַּחַת הָעֵרָנִי

Ve'eleh beney Shutalach le-Eran mishpachat ha'Erani

« et voici les enfants de Pela’h »

Ce sont des enfants de Efraïm

 

Rashi :

 Les descendants des autres fils de Shouthelah ont été appelés d’après Shouthelah. Une grande famille est issue de Eran, de sorte qu'ils ont été appelés d’après lui. Ainsi, les descendants de Shouthelah ont été considérés comme deux familles.

 

il y a une particularité dans le verset :

וְאֵלֶּה, בְּנֵי שׁוּתָלַח--לְעֵרָן, מִשְׁפַּחַת הָעֵרָנִי

Ve'eleh beney Shutalach le-Eran mishpachat ha'Erani

Or Shoutéla’h avait déjà sa propre généalogie au verset précédent.

 

אֵלֶּה בְנֵי-אֶפְרַיִם, לְמִשְׁפְּחֹתָם--לְשׁוּתֶלַח מִשְׁפַּחַת הַשֻּׁתַלְחִי, לְבֶכֶר מִשְׁפַּחַת הַבַּכְרִי; לְתַחַן, מִשְׁפַּחַת הַתַּחֲנִי

Eleh vney-Efrayim lemishpechotam le-Shutelach mishpachat haShutalchi le-Vecher mishpachat haBachri le-Tachan mishpachat haTachani.

Ceux-ci sont les fils d'Ephraïm, selon leurs familles: de Choutélah, la famille des Choutalhites; de Béker, la famille des Bakrites; de Tahân, la famille des Tahanites.

 

Rashi :

 

Compte le nombres des familles et tu trouveras (dans cette Parashah) 57 familles et des Lévites (qui sont dénombrés plus loin) 8 familles, cela fait en tout 65 familles. Et c’est ce qui est dit dans Devarim chapitre 7 verset 3 : « Ce n’est pas parce que vous êtes un peuple nombreux que Je vous ai choisi, car vous êtes le plus petit de tous les peuple. »

 

Cela veut dire : il ne faut pas qu’Israël croit que c’est son mérite qui rendra compte de l’alliance que Dieu a décidé pour lui. Dans le contexte du chapitre 7 de Devarim, la Torah explique là-bas que cela vient des Patriarches et que toute autre argument est secondaire.

 

En réalité c’est les pères que Dieu a choisi, ce sont Abraham, Isaac et Jacob qui sont les garants de l’alliance dans la mesure où nous sommes autentiquement fils d’Abraham, de Isaac et de Jacob et que nous sommes Israël. Cette expression Elokei Abraham, Elokei Its’haq, Elokei Yaaqov, qui définit Israël Elokei Israël, c’est vraiment le principe qu’il faut retenir. 

 

Toutes les explications données pour expliquer l’inexplicable du cas d’Israël au milieu des nations sont vraies mais secondaires par rapport à la raison des Patriarches.

 

Ils sont le résultat de cette sélection d’identité d’origine araméenne à la sortie de Babel pour devenir hébreu et donc « מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ Mamlekhet Kohanim VéGoy Qadosh ».

 

Rashi :

 

"Car vous êtes le moindre הַמְעַט de tous les peuples" (Deutéronome 7:7). Le mot  הַמְעַט dénote «cinq» (ה) de "moins" (מְעַט) Vous êtes 5 de moins que toutes les nations, car ils sont soixante dix [et vous êtes soixante-cinq]. Cela aussi, je l’ai tiré des écrits de R. Moshé Hadarshan [le prédicateur], mais j'ai dû supprimer quelques-unes de ses paroles et en ajouter. -- [Midr. Aggadah.]

 

Les peuples sont au nombres de 70 et voilà que le dénombrement révèle que Israël est 5 de moins que le nombre des peuples et Israël ne peut donc pas jouer son rôle.

 

« Vous êtes moins nombreux que le nombre des familles de la terre », et Rashi ajoute en citant un de ses maîtres Rabbi Mosheh haDarshan dont on a perdu trace de ses oeuvres et qui vivait à Narbonne: on le nomme Rabbi Mosheh haNarboni. Le nom de Narboni que beaucoup de familles portent sont issues de Narbonne. 

 

Il y a un Midrash sur Mashia’h ben Yossef attribué à Rabbi Mosheh haNarboni, c’est un Midrash un peu suspect car sur le Messie souffrant, édité par des moines à partir d’une recopie en hébreu à la main d’un manuscrit maintenant disparu. D’où le doute sur son autenthicité.

 

Voilà le problème : c’est qu’il y a un drame qui se prépare.

Le salut a été apporté par un récit qui est avant et après.

On le voit dans le récit même du dénombrement.

 

En vérité il manque 6 noms : 

Datan vé-Abiram, Nadav vé-Avihou, Tsélof’had, Qora’h.

 

Et alors on apprend que les filles de Tsélof’had vont réclamer leur part d’héritage précisément et donc leur 5 noms vont restituer le nombre de 70.

Elles font le Tikoun de ce manque.  

 

C’est pourquoi on les nommes Nashim Tsadkaniot. C’est grâce à elles que Israël est Israël.

Chaque fois qu’Israël est en péril on voit que les femmes interviennent pour le sauver.

 

La Hitrorérout c’est extrêmement important c’est le dernier Hé du Shem Havayah qu’elles ont réintégré dans les 70 et je vous donnerai 2 exemples qui sont importants :

 

-  La sortie d’Egypte a été rendue possible grâce à l’intervention de Myriam et de Yokheved la soeur et la mère de Mosheh. Myriam convaint son père de continuer à procréer. Et les mères d’Israël assurent la perpétuation d’Israël grâce à ces sages-femmes.

 

-  L’autre épisode de l’histoire c’est l’intervention de la reine Ester. Bien évidemment de notre temps, il y a une présence de plus en plus grande de prise de responsabilité des femmes d’Israël dans le vie juive et israélienne qui a toujours existé mais jamais à cette échelle.

Fin
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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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