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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:44

Balak (1994)

  Balak - 1994, Français (Cliquez sur Face A) 

 

Par le Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou) זצ"ל

Début de Parashah de Balak

Rappel du contexte historique : il s’agit de la tentative faite par Moav – c’est un des peuples rivaux d’Israël surtout dans cette période de sortie d’Egypte. Moav comme Amon sont deux peuples issus de Lot, parent d’Abraham. Il y a eu une rivalité qui a duré extrêmement longtemps – rivalité qui n’est d’ailleurs pas complétement résorbée, mais je ne prendrais pas trop de temps pour diagnostiquer le profil d’identité propre à Ammon et Moav de notre temps. Simplement, je vous rappelle que l’on est familier à la rivalité de 2 lignées de la famille d’Abraham qui se sont instaurées comme concurrentes d’Israël, de 2 manières différentes : Ishmaël d’un côté et Essav de l’autre.

 

Mais il y en a d’autres. En particuliers les descendants de cette branche de la famille d’Abraham après la séparation de Lot qui a fondé les deux peuples de Moav et Ammon et qui se sont installés grosso modo dans la région de l’autre côté du Jourdain. C’est la Jordanie actuelle. La capitale de la Jordanie actuelle s’appelle Rabat Amon qui signifie en hébreu « la capitale de Amon ». Les Arabes en ont fait « Aman ».

 

Au moment de la sortie d’Egypte, il y a eu une confrontation entre Israël qui sort d’Egypte et toutes ces lignées de la famille d’Abraham qui étaient installées – la principale étant Essav la lignée de Edom – frére jumeau de Yaaqov à l’origine – il y a un refus de toutes ces peuplades (qui ont été des civilisations entières, des traditions entières) de laisser passer Israël à travers les portions de territoires du pays de Canaan qui étaient occupé par ces peuples, pour traverser le Jourdain et rentrer dans le pays propre à Israël pour ce temps-là.

 

En particulier, la Torah nous raconte une tentative dont le caractère est très paradoxale pour la mentalité moderne. Une tentative de lutte contre Israël à travers une stratégie qui parait de l’ordre de la conscience magique pour la culture contemporaine :

Le roi de Moav qui était à l’époque Balak provenait d’une dynastie d’un autre peuple qui avait usurpé la royauté de Moav – c’est pourquoi le verset nous dit que Balak était roi de Moav « en ce temps-là »

 

22:4

וּבָלָק בֶּן-צִפּוֹר מֶלֶךְ לְמוֹאָב, בָּעֵת הַהִוא

 uValak ben-Tsipor melekh le-Moav ba'et hahi.

Or, Balak, fils de Cippor, régnait sur Moab, à cette époque

Le commentaire explique qu’en ce temps-là il était roi de Moav parce qu’il n’était pas le roi légitime de Moav.

 

Il fait appel à un personnage important dans le récit de la Torah qui est Bilaam.

Il est connu comme étant le prophète des nations.

Il faut donc comprendre ce que signifie cette expression « prophète des nations ».

Je commencerais par cette remarque-là.

 

On est habitué à l’idée que la prophétie concerne Israël surtout dans le récit biblique. Alors parler d’un prophète qui n’est pas d’Israël dans le récit de la prophétie biblique peut paraître paradoxal.

 

J’essaierai d’éclairer ce point, mais quoiqu’il en soit ce roi de Moav Balak fait appel à Bilaam dans une tentative pouvant paraitre paradoxal à notre mentalité culturelle : pour maudire Israël.

 

On prend acte de l’impossibilité de vaincre Israël par la force, alors on tente par une autre stratégie. 

 

Prophète des nations:

Névié Oumot Haolam

Il y a une autre expression qui est « prophète de mensonges » qui parait encore beaucp plus frappant avec une sorte de contradictions dans le termes : Nevié Sheker.

 

Il faut savoir que la Névouah est une capacité humaine à l’échelle universelle qui a été perdue avec le temps mais qui est restée en Israël un certain temps supplémentaire pour ensuite être perdue partout. On a oublié que la prophétie a existé parce qu’on a oublié qu’elle s’était arrêtée. Les modernes ne comprennent plus ce que signifie la prophétie. Il y a une sorte de concensus de vocabulaire que cela voudrait dire que c’est la parole de Dieu communiquée à certains hommes que sont les prophétes. Cela ne veut pas dire que l’on comprend ce que veut dire que Dieu parle et comment Il parle... et de quoi il s’agit. Pour les modernes, prophétie c’est synonyme d’autre chose. Les penseurs, mêmes juifs d’ailleurs, sont trés gênés d’admettre la prophétie dans ce sens réel de révélation de la parole de Dieu du dehors de la conscience humaine. Et ils ramènent cela à quelque chose de tout autre mais qui y ressemble et qui s’appellerait l’inspiration.

 

On arrive pas à avoir le courage d’admettre qu’on ne sait pas ce que cela veut dire et on fait semblant que cela veut dire autre chose. On pense alors à la prophétie comme quelque chose de l’ordre de l’inspiration. Il y aurait l’inspiration artistique ou poétique et il y aurait l’inspiration prophétique. Et en réalité, il ne s’agirait pas d’autre chose. En particulier aussi le fait que les prophètes aient un style prophétique très grand en tant que style prophétique handicape et fait prendre la prophétie pour de la poésie pieuse, alors que cela n’a rien à voir.

 

Nous vivons dans la modernité par rapport au temps de la Bible, qui dure depuis longtemps. En particulier une date importante à retenir pour ce problème : la destruction du 1er temple.

 

A partir de la la destruction du 1er temple, la révélation prophétique s’est arrêtée. Cela fait 2600 ans. Lorsque les modernes réfléchissent à ce problème de la prophétie nommée Névouah en hébreu (cf. le verset redondant dans le texte: « Et Dieu parla à Moïse, Isaïe, Ezéchiel  en disant... »), ils font semblant qu’il s’agit d’une expérience que les modernes eux connaissent comme une expérience d’inspiration : on dit de quelqu’un qui sait parler ou écrire qu’il a de l’inspiration. Mais il est bien évident qu’il s’agit d’autre chose si on prend au sérieux ce que dit le texte. 

 

Il y a un obstacle à prendre au sérieux ce que dit le texte parce qu’on est démuni de tout moyen d’en avoir l’expérience.

 

Dans le texte de la Bible ces phrases-là « Vaydaber Hashem el Mosheh lémor... », mais surtout il y a une phrase que le Midrash met en évidence, c’est la prophétie à Ezéchiel :

וַיְהִי דְבַר-יְהוָה, אֵלַי לֵאמֹר

« Vayhi Debar Hashem Elaï Lémor :

et la parole de Dieu fut à moi en disant... »

 

De deux choses l’une : soit c’est un mensonge, soit c’est sérieux. Il est important de comprendre que les modernes ne comprennent pas ce que c’est que la prophétie. Pour ceux qui comprennent, et c’est rare, c’est incommunicable. Il y a une sorte d’adhésion de consensus par la foi que ceux qui savent disent que c’est Dieu qui a parlé à Moïse à Ezéchiel à Isaïe, mais les modernes ne comprennent pas...

 

Je crois que l’evénement à avoir en mémoire est celui-là : la prophétie s’est arrêtée et comme on a oublié qu’elle s’est arrêtée on a oublié qu’elle a existé.

 

D’ailleurs le texte de la Bible lui-même nous prévient que la prophétie va s’arrêter. C’est un verset dans Malakhi qui est le dernier des prophètes et qui annonce que le prophète Elie à la fin des temps, renouvellera l’expérience de la prophétie.

 

Prophètes de mensonge - prophétes des nations.

 

Cette 1ère expression étant plus difficile à comprendre pour un moderne que la seconde. S’il s’agit d’un phénomène qui s’attache à la nature humaine de manière normale, il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas eu des prophètes chez les nations au temps où il y a eu la prophétie. Mais l’expression plus difficile à comprendre est cette expression « Nevié Sheker prophètes de mensonge ».

 

3 indications que donne Judah Halévi dans le Kouzari.

Il nous explique d’abord la hiérarchie des niveaux d’être dans l’existence.

Il y a 5 niveaux d’être :

 

ð  Domem – l’être inerte  - « le silencieux » - qui devrait pouvoir parler mais qui ne parle pas – l’être inerte, le minéral. Les poétes diront qu’ils entendent la voix des roc hers. Ça c’est de la poésie. Mais cela ne veut pas dire que cela n’était pas possible au temps de la prophétie. Si vous lisez attentivement les textes qui concernent le roi Salomon vous verrez que le roi Salomon savait toutes les voix de la nature, même les voix du « Domem » du silencieux.

ð  Tsoméa’h – le végétal – moins perceptible mais déjà un murmure à ce niveau-là qui n’est pas vent dans les roseaux mais el murmure végétal : l’expression en hébreu « sia’h » et le buisson se dit sou’ah. Sia’h c’est le murmure de la conversation. C’est la même racine. 

ð  ‘Hai – le vivant au niveau biologique – ‘Hayim- les animaux... C’est le cri. Il y a déjà le bruit qui apparait.

ð  ‘Hai Hamédaber – le vivant parlant qui est l’homme

ð  Navi – le vivant parlant en vérité

 

De chacun des niveaux de l’être procède un niveau supérieur jusqu’à l’homme, et de l’homme procède le Navi. En réalité, l’objectif de la création à tous les niveaux d’être, c’est « le vivant parlant en vérité », qui s’appelle en hébreu le Navi. La racine du mot hébreu Navi signifie parler vraiment.

 

Une expression d’un des versets d’Isaie (57:19) montre qu’il s’agit de la même racine : le Navi c’est celui qui sait parler vraiment – בּוֹרֵא, נוב (נִיב) שְׂפָתָיִם; שָׁלוֹם שָׁלוֹם לָרָחוֹק וְלַקָּרוֹב, אָמַר יְהוָה--וּרְפָאתִיו

Boré nib séfatayim, shalom, shalom larah'ok wélak-karob, amar Adonaï ourfatiw - 

celui qui crée le murmure des lêvres – paix paix pour le lointain et pour le proche dit Hashem et Je le guérirais. 

 

Un mot se rattache à cette racine c’est la Tévouah – la récolte : la moisson qui procéde de la terre. La Névouah : la parole qui procéde du vivant.

 

C’est un exemple important qui enseigne que la catégorisation en hébreu est différente des autres langues, dont le français.

 

Au 1er niveau, il y a une capacité de la nature humaine autenthique depuis l’origine : l’homme dans sa nature est capable de la prophétie. L’homme qui n’est pas prophète est celui qui a perdu cette capacité, qui ne l’a pas parce qu’il n’en est pas capable. Donc il l’a perdu. De la même manière que l’animal est un être vivant qui ne parle pas. Mais la preuve qu’il devrait pouvoir parler n’est pas tellement le fait qu’il ait une bouche mais qu’il puisse crier. Donc il pouvait parler. Les oiseaux savent, plus que crier, chanter.

 

Rav Kouk à propos de l’ânesse de Bilaam : tous se demandent ce que c’est qu’une ânesse qui parle ? le véritable problème n’est pas l’animal qui parle mais les animaux qui ne parlent pas !

On voit que la familiarité masque la véritable position des problèmes.

 

Effectivement le texte est très clair : le miracle c’est que Dieu a ouvert la bouche de l’ânesse de Bilaam et elle a parlé. C’est un animal qui a parlé.

 

Il y a toute une histoire des degrés des états de l’arrêt de la prophétie :

La génération de la sortie d’Egypte au moment de la révélation du Sinaï où Israël a reçu la Torah, la prophétie s’est arrêté chez les nations. L’arrêt de la prophétie qui n’a pas été un arrêt bruque mais un phénomène de rémanence qui continue un peu en s’atténuant jusqu’à disparaître et devenir autre chose. Il y a un temps de transition. Ce qui chez les nations a succédé au temps de la sortie d’Egypte ce sont les oracles qui font références à des mythes. Toutes les mythologies datent de ce temps-là. Lorsque la capacité de prophétie des nations elles-mêmes s’est transformée en quelque chose d’inférieur. Il y a eu des traditions qui ont gardé une connaissance plus vivace de leur mythes anciens, surtout dans l’orient, l’extrême-orient et chez les Africains. Alors qu’en Occident c’est rapidement devenu hermétique. C’est pourquoi à la fin de l’arrêt de la prophétie, il y a eu en Occident la pensée philosophique alors qu’en Orient il y a la mystique. Ce sont deux dégagements de ce même événement de différentes natures.

 

Ce que je vous dis là est très schématique et finalement la date importante pour ce problème c’est la destruction du Temple.

 

J’ajoute deux indications du Kouzari :

Le phénomène de la prophétie est définitivement arrêté pour deux raisons :

ð  la dispersion d’Israël qui a brisé l’unité de la nation d’Israël

ð  la prophétie d’Israël ne concerne et n’est possible qu’en Erets Israël.

 

Le fait qu’Israël soit détruit comme nation et vive en dehors de sa terre a mis fin à la prophétie. Si vous relisez l’histoire de la culture universelle, de toutes les traditions, il y a pleins de repères qui sont indéniables comme faits d’histoires : l’exemple de la pensée philosophique qui apparait en Grèce au temps où la prophétie s’arrête en Israël. Et avant la pensée philosophique, il y a la le temps des sages, les mythologues de la Grèce. Lorsque les Grecs eux-mêmes n’ont plus compris leur mythes alors est née la pensée de méthode philosophique. On peut étudier cela chez Socrate qui en est la charnière. Platon est surtout du temps mythologique qui finit à partir d’Aristote : les Grecs ne comprennent plus leurs mythes et commencent à réfléchir philosophiquement, c’est-à-dire secondarisés sur des contenus de pensées qui était la pensée antérieure devenue hermétique. Ce n’est que les modernes très récemment qui ont reconnu que dans les mythes des nations il y a avait une sagesse, sagesse impure mais sagesse tout de même.

 

Exemple : après le temps des grandes dramaturges grecs qui ont fourni les thémes du théatre occidental, que ce soit la tragédie ou le drame, ce sont des thémes qui frappent la conscience de la culture universelle, au point que les amateurs de théatre ne se lassent jamais d’assister à la même pièce plusieurs dizaines de fois dans leur vie. De même pour les mélomanes pour les symphonies...etc.

Ce sont des thémes qui frappent l’âme humaine. Or, ce sont des thémes de la mythologies. Prenez tous les thémes classiques et vous verrez que cela descend de la mythologie grecque.

 

Cette remarque nous montre à quel point il y a une sagesse perdue qui frappe l’inconscient ou le conscient de l’âme moderne.   

 

Ce sont surtout les éthnologues structuralistes qui ont redécouvert quantité de sociétés se répétant leurs mythes anciens, en les comprenant sans les comprendre, et certains philosophes modernes comme Lévi-Strauss  ont mis en évidence ce fait que derrière le mythe se cache une sagesse et qu’il a fallu attendre le temps contemporain après des siècles et des siècles depuis l’arrêt de cette révélation prophétique pour arriver à se rendre compte que derrière les mythes se cache une sagesse.

Paul Ricoeur disait : le mythe donne à penser.

 

C’est l’oeuvre de Freud qui est à la source de cette redécouverte de la sagesse qui se cache derrière le mythe. Il  a remis cela en évidence par la méthode de l’analyse en partant des rêves.

 

Cf. Le théme de l’Oedipe. Théme incompréhensible mais qui frappait l’imagination. Et on s’aperçoit qu’il y avait une sagesse se cachant derrière. C’est un théme de l’âme grecque qui ne marche pas pour l’âme juive. Une famille où cela joue c’est le signe que c’est une famille assimilée.

C’est un fils qui tue son père. Alors que le théme correspondant dans la Torah est inverse : un père qui ne tue pas son fils. L’expérience de la rivalité dans le sens inverse.

 

Enseignement du Talmud : un homme n’est jamais jaloux de son fils. Alors que pour la sagesse grecque c’est l’inverse : c’est le fils qui est jaloux de son père. 

(Ce rapprochement a été fait par le Docteur Choupak.)

 

Il y a eu chez les nations des prophètes. Puis la prophétie s’est arrêtée d’abord chez les nations. Ce qui a succédé fut les mythes et ensuite la pensée philosophique a réagi contre les mythes.

 

Expression « prophétes de mensonge » :

 

Il peut y avoir une capacité de prophétie qui va être utilisée pour le mensonge. Parce qu’il n’est pas évident que quelqu’un qui soit capable de la capacité de prophétie soit aussi moral. Cela vient du problème moral. Il y a d’autre part le fait que tout homme soit prophète ou pas, le fait que tout homme soit moral ou pas. Alors il y a une constante dans la prophétie hébraïque : pour le prophète de la Bible, la morale et la prophétie vont ensemble et s’identifient. Chez les nations c’est séparé. C’est une grande différence et qui est sans exception. La prophétie de ces prophètes ne concerne jamais la morale.  Les prophètes des nations prophétisent sur la destinée, le karma dans la tradition indienne. Les prophètes d’Israël prophétisent sur la conscience morale. C’est une différence de nature.

 

C’est d’autant plus visible dans le conflit que nous avons avec le christianisme. Les grands théologiens chrétiens sans exception, séparent la morale de la religion. On n’est pas sauvé par la vertu morale. C’est sauvé par la foi, par la grâce... etc., mais on n’est pas sauvé par la vertu morale.

 

Le grand conflit entre les protestants et les catholiques se raccroche là.

Cf. la querelle entre Pascal et Port-Royal 

 

Retour au sujet :

Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait un prophète des nations. Il y a le cas particulier de Bilaam. Chaque nation avait son prophète, capable de parler du sens prophétique de l’histoire de leur peuple. Mais Bilaam est le prophète des nations en général.

 

C’est un phénoméne important à mettre en évidence : à chaque fin d’exil d’Israël apparait une instance politique de prétention universelle. A la sortie d’Egypte, la dynastie des Pharaons était l’instance politique de prétention universelle. C’est la définition de l’empire dans sa prétention à l’universel.

A la fin du 2èmeexil c’était l’empire perse de Cyrus qui était l’empire de prétention universel. Il a fallu dans les 2 cas de Pharaon et de Cyrus attendre le feu vert de l’autorité pollitique de prétention universelle de ce temps pour que la sortie d’Egypte soit possible. C’est impossible sans le feu vert de Pharaon ou de Cyrus. De notre temps, un phéhonméne analogue c’est produit : le sionisme a été reconnu comme légitime par la SdN la Société Des Nations. Or, ce fut la 1ère fois après 2000 ans,  qu’une instance internationale de prétention de souveraineté politique universelle apparait.

Comme si en termes bibliques, la SdN n’avait existé que pour enregistrer la déclaration Balfour.

Il ne restera dans l’histoire que les échecs de la SdN et une seule réussite : la déclaration Balfour.

 

Au moment exceptionnel de la fin d’exil pour Israël apparait une instance politique universelle de l’ordre de la prophétie. C’était Bilaam au temps de la sortie d’Egypte. Quel est son objectif ? Empêcher la sortie d’Egypte ! Et c’est malgré lui qu’il va bénir au lieu de maudire.

 

2ème thème d’étude :

 

Devarim 23:4

 

Quelle est cette statégie de lutte à travers la malédiction ?

 

Or, la seule analogie que j’ai trouvé  c’est le secrétaire général de l’ONU, qui est le porte parole de la souveraineté politique de prétention universelle. A chaque fois on se heurte à ce problème.

 

Malédiction : souhaiter le mal à quelqu’un. Il y a une réticence de la conscience moderne par rapport au caractère apparemment magique de cette conduite. Est-ce vraiment efficace, cela va-t’il vraiment entraîner du mal ?

 

Je vais dépasser cette 1ère définition de souhaiter le mal à quelqu’un pour arriver à une étymologie plus précise : dire le mal de quelqu’un.

 

Dans la culture contemporaine, « dire le mal de » est une stratégie très efficace  depuis qu’on a découvert les stratégies de la propagande.

 

Cf. la propagande nazie contre les Juifs de diaspora. Nombres de Goyims de bonne foi ont été trompé par la propagande de l’église dans l’antisémitisme chrétien et aussi par la propagande nazie qui a réussi à démoniser le Juif. Dire le mal de – souhaiter le mal de – faire venir le mal de – et le mal est arrivé...

 

Cela joue également contre Israël aprés avoir joué contre les Juifs. Israël victime est constamment montré comme l’agresseur. Israël est devenu le Juif des Nations.

 

Bénir : « dire le bien de» – « souhaiter le bien de ».

Maudire : « dire le mal de ».

 

La propagande avait finalement réussi à transformer le bien en mal. D’ailleurs cette attitude de la mauvaise foi qui est dans la propagande c’est une névrose qui se nourrit de n’importe quel indication ou indice, et chaque argument pouvant être mis en avant est intégré et utilisé par la propagande. 

 

Vous comprenez pourquoi les rabbins ont toujours enseigné que le plus grand mal, le plus grand Yetser Hara, c’est la calomnie ? 

 

Je met en évidence la différence entre la médisance et la calomnie.

Il y a plusieurs termes hébreux.

Calomnier c’est dire de manière fausse de quelqu’un un mal qu’il n’a pas fait.  

Médire c’est de dire de quelque’un le mal qu’il a fait. C’est « dire le mal de ».

Un enseignement de Jacob Gordin qui avait cité un Midrahs sur ce sujet : dans le mot de Malshinout qui signifie la médisance il y a le mot de Lashon et le mot de Mavet. « La langue qui tue ». Alors le Talmud dit que la langue tue 3 personnes : celui qui parle, celui dont on parle, et celui à qui il parle.

Et effectivement, c’est tout ce phénomène, cette opération. Et il suffit de voir l’histoire juive et d’étudier l’histoire contemporaine pour voir à quel point c’est efficace. Cette stratégie de Balak demandant à Bilaam de maudire Israël est à rependre au sérieux. Cela aurait pu réussir et en fin de compte cela a réussi d’une certaine manière.

 

Devarim 23:4

 

Nous avons-là une disposition de la Torah qui interdit aux descendants de Moav et aux descendants de Amon – vous voyez on les retrouve - .../...

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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