Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 14:35

Paracha Houkat 1985

 Rédigé et mis en forme à partir d'un enregistrement:

Houkat - série 1985 - 1985, Français (cliquer sur Face A) 

Par le Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou) זצ"ל

On a les Parashiot qui sont les deux dernières du livre de Shmot - Vayaqel et Peqoudei – et qui traitent de la fins des Mitsvot et des prescriptions concernant la construction du tabernacle.

Au moment de la Parashah Troumah nous avions étudié ces questions.

D’autre part, comme c’est le Shabat qui précède la semaine où il y a le Rosh ’Hodesh Nissan c’est un Shabat particulier, comme on en a déjà eu dans le mois de Adar, et ce Shabat est le Shabat Para.

 

On lit alors les premiers chapitres de la Parashah de ‘Houkat qui se trouve dans Parshat Bemidbar.

On a institué cette prescription particulière du Shabat Para dans la semaine qui précéde le Rosh ‘Hodesh Nissan : on lit le début de la Parashah Houkat et cela s’appelle Shabat Para. Et ce sont les prescriptions qui devaient assurer la purification, en particulier la purification des Kohanim, et de façon générale la purification de quiconque était atteint d’impureté et donc inapte à la Qedoushah et à toute relation à la sainteté, en particulier au culte dans le Temple.

 

Etant donné qu’on se prépare à partir de Pessa’h au sacrifice de Pessa’h - c’était au temps où le temple existait, on se préparait à partir de Pessa’h au sacrifice de Pessah, alors l’enseignement donné avant le commencement du mois de Nissan était de rappeler les prescriptions concernant la purification dans le cas où une impureté avait été contractée. C’est la raison de base essentielle que nous étudierons assez rapidement. En 2ème point, nous verrons comment s’est relié à la sortie d’Egypte elle-même qui se prépare à partir du commencement du mois de Nissan.

 

Et j’étudierais le thème suivant sous forme de comparaison, mais c’est plus qu’une comparaison : la sortie d’Egypte est aussi la sortie de l’impureté dans laquelle Israël se trouvait en Egypte, et la préparation au temps d’Israël qui commencera avec le soir de la sortie d’Egypte elle-même et qui commence donc avec le temps de Nissan.

 

Ensuite s’il nous reste du temps, j'espère, nous verrons un thème analogue qui est directement relié aux versets étudiés dans la Parashah de ‘Houkat, dans le Talmud.

 

***

Alors je commence d’abord par lire les principaux versets de cette Paracha. Nous étudierons un des thèmes posés par le verset, et en 2ème partie nous essaierons de l'éclairer, de l'illustrer, par l'enseignement du Talmud sur un sujet très analogue.

 

19:1

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה וְאֶל-אַהֲרֹן לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe ve'el-Aharon lemor

 

C’est donc un commandement que Dieu va donner simultanément à Moïse et à Aharon. Ce fait même pose un problème pour lui-même, je vous le signale en passant : Il y a certaines Mitsvot qui sont transmises à travers Moïse et Aharon ensemble dans cet ordre Moïse et Aaron, et d’autres dans l’ordre Aharon et Moïse. Et puis la majorité des Mitvot sont données à travers Moïse. Le Talmud établi à ce sujet qu’en réalité toutes les Mitsvot sont données à travers Moïse et Aharon à la fois. On l’apprend en particulier de chaque contexte où il y a un verset de ce type :

 

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה וְאֶל-אַהֲרֹן לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe ve'el-Aharon lemor...

 

Ou des versets qui donnent Aharon avant Mosheh pour montrer l’équivalence entre Moïse et Aaron. Cependant lorsque la Torah est transmise à travers Moïse elle a un objectif de Tiqoun HaOlam – la restauration de l’ordre du monde, lorsque la Torah est transmise à Aharon, elle a une dominante différente : elle a l’objectif de la Kaparah c’est-à-dire de la restauration dans le sens de l’expiation d’une faute qui entretemps a été faite.

 

Torat Mosheh et Torat Aharon c’est la même Torah mais Torat Mosheh c’est apriori de la faute et Torat Aharon c’est a postériori de la faute. 

 

Avant même que toute éventualité de faute ne soit envisagée il y a un ordre du monde à rétalir : l’achèvement de la mise au point du chaos originel au point où chaque génération le reçoit.

 

Et pendant ce « métier d’homme » qui devient assez  rapidement un métier hébreu et finalement un métier juif, des fautes peuvent être faite. Alors un deuxième dimension apparait : Le fait de restaurer la situation d’avant la faute pour pourvoir être disponible pour le service de la restauration du monde.

 

Il y a les 2 objectifs qui nous sont donnés simultanément dans la Torah mais nous nommons la Torah « Torat Mosheh » pour ne pas oublier que l’accent est mis non pas sur la restauration des fautes, mais sur la réparation du monde. Et dans ce métier de « réparateur du monde » si j’ose dire,   il peut y avoir des fautes de métier. Alors il faut les réparer avant de continuer.

 

Nous allons voir que là il était nécessaire de rappeler le nom de Aharon parce qu’effectivmeent c’est un problème clef concernant la possibilité d’être disponible pour ce métier de réparation du monde.

 

En hébreu c’est beaucoup plus clair :

Tiqoun Haolam : c’est la restauration de l’ordre idéal du monde, c’est-à-dire la restauration du projet du Créateur pour le monde. Et à chaque étape de l’histoire du monde il y a une exigence de progrès dans la réalisation de ce projet ; mais il peut y avoir, étant donné le stade de mérite ou d’identité où se trouve l’homme qui est occupé à cette réalisation, régression dans ce progrès même. Il faut donc réparer la régression avant de nous rendre de nouveau disponible pour continuer la progression.

 

La Parashah que nous allons étudier  se relie centralement à ce sujet-là.  

 

19:2

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor daber el-beney Yisra'el veyik’hu eleykha farah adumah tmimah asher eyn-bah mum asher lo-alah aleyha ol.

 

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘hukat hatorah

 

C’est l’expression la plus importante à cette introduction à ce qui va nous être lu : il s’agit du problème des cendres de la vache rousse qui permettent de prendre le bain de purification de l’impureté. Ces eaux qu’on appelle dans le terme technique les « eaux lustrales » qui permettaient le bain de purification se composaient des cendres d’un vache complétement pure, parfaite, en couleur et en constitution, auxquelles on ajoutait certaines catégories d’herbes pour le végétal et l’animal ; et c’est pourquoi on a l’habitude de dire en français la « vache rousse ».

 

19:2

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor daber el-beney Yisra'el veyik’hu eleykha farah adumah tmimah asher eyn-bah mum asher lo-alah aleyha ol.

 

Voici le principe de la Torah – je traduis le mot de ‘Houkah par principe pour indiquer le fait que cette loi en particulier de la Parah Adoumah est un principe fondamental de toute la Torah

 

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘hukat hatorah

Voici le principe de statut de la Torah.

 

Or, le mot de ‘Houkah lui-même signifie une loi qui est imposée en dehors de toute recherche de signification. C’est le sens habituel que vous trouverez dans les dictionnaires et chez les commentateurs immédiats, du terme de ‘Houkah. L’exemple que j’emploie toujours pour tenter d’éclaircir cette notion :

Un exemple dans le langage juridique : vous avez une constitution, une législation au nom de laquelle, l’appareil juridique va rendre ses jugements. Le jugement s’appelle le Mishpat et la constitution au nom de la quelle le juge doit juger, la constitution donnée par le législateur  s’appelle la ‘Houkah.

Même en hébreu moderne on a repris un peu ce vocabulaire : la ‘Houkah c’est le code et le Mishpat c’est la jurisprudence qui est déduite ou induite parfois du code.

 

Par conséquent, il y a certaines Mitsvot que l’on appellera des Mishpatim. Ce sont les conséquences de l’application d’un principe de la Torah à une situation donnée. Et les Mitsvot que l’on appelle des ‘Houkim, ou au féminin des ‘Houkot, et qui sont ces prcinipes-là au nom desquels on donne les Mishpatim.

 

L’ensemble des Mitsvot se divisent en différentes catégories, et en particulier ces Mitsvot qui ont la forme et l’aspect et le contenu d’un principe sine qua non de la Torah s’appellent des ‘Houkot.

 

Par exemple dans la Sidra de Be’houqotaï : « Im Be’houqotaï tishmeou » Si vos observez mes ‘Houkot. Cela veut dire non seulement l’application des données de la Torah dans le détail, mais les principes de cette Torah qui fondent les Mitsvot et font qu’elles sont ce qu’elles sont.

L’intention profonde de la Torah est formulée au niveau des ‘Houkim  et des ‘Houkot.

 

En se basant sur des Midrashim authentiques, non interprêtés, on a pris l’habitude de dire que ‘Houka, c’est une loi sans signification alors que Mishpat c’est une loi qui a une signification.

Je corrigerais cette affirmation.

Nous aurons l’occasion d’étudier le commentaire de Rashi là-dessus, qui se base d’ailleurs sur ces Midrahsim pour un peu démystifier ce problème, et le nuancer.

 

Toutes les Mitsvot de la Torah ont un sens, mais il est plus ou moins accessible. Et en particulier à propos de la Para Adoumah, le Midrash dit : seul Mosheh Rabénou en avait la signification, c’est pourquoi tout de suite dans la suite du verset la Para Adoumah va être nommée du nom de Moïse.

 

Et le Midrash continue : même le roi Salomon qui avait la plus grande sagessse après Mosheh Rabénou a tenté de comprendre cette ‘Houkah sans y parvenir. Il a déclaré :

Qohelet 7:23 :

כָּל-זֹה, נִסִּיתִי בַחָכְמָה; אָמַרְתִּי אֶחְכָּמָה, וְהִיא רְחוֹקָה מִמֶּנִּי

Tout cela, je l'ai expérimenté avec sagesse; je disais: "Je voudrais me rendre maître de la sagesse!" Mais elle s'est tenue loin de moi.

 

 « Loin de moi » dit le Midrash c’est Para Adoumah.

Nous aurons l’occasion de revenir sur ce thème : Mosheh peut le comprendre mais pas Salomon.

 

Première proposition :

 

ð  ‘Houkah : c’est une loi qui n’est pas discutable, loi donnée pure et simple, Gzéra en hébreu, et qui n’aurait  pas de signification.

 

ð  La 2ème formule qui se substitue à la premiére bien qu’à peine nuancée est trés différente :Toutes les lois de la Torah sont à la fois des Gzérot et ont leurs significations suivant les niveaux. En particulier au niveau le plus grand, cette loi de Para Adoumah qui est une ‘Houkah dont la signification est inaccessible.

 

Je vous donne un 2ème exemple au niveau du langage mathématique :

Il y a les axiomes et les théorèmes. Les axiomes sont les principes qui sont toute la base même de la pensée mathématique et desquels on déduit ou on induit des théorèmes.

Par exemple, le principe d’identité en logique générale, est une ‘Houkah. La raison ne peut pas fonctionner en dehors du principe d’identité. A=A Une chose est égale à elle même et n’est pas égale à une autre chose (‘Houkah). Et du principe d’identité découle un certain nombres de principes logiques qui en sont les conséquences (Mishpatim). 

 

Nous manions dans notre raisonnement logique des principes qui ont une très grande importance dont on pressent qu’ils ont une signification très profonde, mais on n’arrive pas à pressentir que le fonctionnement du monde est basé dessus.

 

Par exemple, un principe qui m’a beaucoup frappé en mathématiques : Avec deux fractions : Le produit des extrêmes et des moyens est égale. Or il n’y a rien de plus différent que les extrëmes et les moyens, mais leur produit est égal !

C’est un principe très fécond en mathématique, mais si on arrivait à pressentir et comprendre la signification profonde de ce principe, on s’aperçoit que c’est un des principes sur lequel le fonctionnement du monde repose.

 

Ici, nous avons donc une Misvah particulière apparemment mais qui est nommée par la Torah la ‘Houkah de la Torah toute entière : זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה  Zot ‘houkat hatorah

 

On pourrait dire aussi de façon beaucoup plus concise : voici le principe de cette Torah particulière. Parce que dans le langage du Miqra et de la tradition chaque Mitsvah est appellée une Torah.

Dans la ‘Hassidout, par exemple, chaque Dvar Torah chez les ‘Hassidim s’appelle une Torah.

 

On peut donc aussi lire ainsi :

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘hukat hatorah

Voici le principe de cette Torah qui concerne la Para Adoumah

 

Mais en général, les premières sources ont toujours lu זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה Zot ‘hukat hatorah cette Mitsvah de la Para Adoumah c’est la ‘Houkah de toute la Torah...

 

19:2

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘houkat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

daber el-beney Yisra'el veyik’hu eleykha farah adumah tmimah asher eyn-bah mum asher lo-alah aleyha ol.

 

Zot ‘houkat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

Voici qu’elle est la ‘Houkah de la Torah

Que Dieu a ordonnné en disant

asher-tsivah Adonay lemor

On pourrait se poser la question: Que Dieu a ordonné en disant

Est-ce que cela va à la Para Adoumah ? à la ‘Houkah ? ou à la Torah ?

Zot ‘hukat hatorah asher-tsivah Adonay lemor

Voici la ‘Houkah de la Torah (la Para Adoumah) que Dieu a ordonné en disant

Voici la ‘Houkah de (toute) la Torah que Dieu a ordonné en disant

 

D’après les Taamim on voit que c’est la 2nde lecture qui est la plus immédiate.

Voici la ‘Houkah de (toute) la Torah que Dieu a ordonné en disant

 

Avant d’aller plus lin je voudrais vous citer un commentaire profond du Or Ha’Hayim :

Dans toute Mitsvah, il y a un aspect de ‘Houkah, dans son aspect indiscutable. Arrivé-là il n’y a plus de place pour chercher à comprendre pourquoi : il y a qulque chose de l’ordre du mystère.

 

(Et vous savez à quel point il faut éviter ce motde mystére lorsque l’on parle de la Torah. Ce mot appartient au vocabulaire grec et dans la tradition hébraïque on parle de Sitrei HaTorah – les secrets de la Torah - plutôt que des mystères de la Torah. Le mystère est une connaissance qu’on n’a pas et qu’on perçoit comme étant inaccessible. Tandis qu’un secret est une connaissance peut avoir. On ne l’a pas provisoirement parce qu’elle est secrête. Mais le fait qu’il y ait secret est une invitation à le comprendre. Tandis qu’un mystère, l’invitation est justement l’inverse.. Dans les religions mystiques c’est plein de mystères : des religions à mystères... 

Dès le début du commentaire de Na’hmanide sur la Torah, dès les premiers versets commentant Rashi : ce dont je te parle est un secret profond et ceux qui le savent doivent le taire...

Les commentateurs de Na’hmanide s’interrogent : pourquoi parle t-il si c’est un secret ? Dès qu’on parle d’un secret il est commencé à être dévoilé. De la formule même qu’emploie Na’hmanide on apprend que les secrets sont faits pour être découverts. Mais il y a des précautions, des conditions...    

 

Exemple des formules habituelle du Maharal : l’étude du chapitre est finie et il finit en disant: et tout ce qui est très clair comprend le bien... ? On a alors compris qu’on n’a pas compris et qu’il faut recommencer... parce que ce sont des formules qui indiquent qu’il y a quelque cose qu’il faut comprendre et qui ne peut pas être dit.

 

Or Ha’Hayim :

Dans toute Mitsvah de la Torah, il y a un aspect étrange : le fait que la Torah insiste systématiquement c’est ce fait que la Torah s’adresse à Israël. Il doit y avoir une raison Mamash mais finalement cela est devenu un article de foi – mais on a perdu les moyens de le percevoir. Systématiquement la Torah dit « Daber el bnei Israël »...

C’est un thème qui a été également beaucoup repris dans la ’Hassidout.

Zot ‘hukat hatorah : asher-tsivah Adonay lemor: "daber el-beney Yisra'el".

Voici le côté ‘Houkah de toute la Torah c’est asher-tsivah Adonay lemor: "daber el-beney Yisra'el" : c’est le fait que Dieu a ordonné  en disant « Parle aux enfants d’Israël ».

Cette chose-là que cela s’adresse aux enfants d’Israël, cela c’est le secret de la Torah...

 

Il y a là un aspect indiscutable, un aspect devant lequel on est démuni lorsqu’on cherche la signification. Rambam dit trés clairement dans la 2ème partie du Guide des Ègarés: le fait que Dieu ait donné la Torah à Moïse et à Israël ceci c’est une décision de la volonté divine et nous ne devons pas chercher à la comprendre. Cela ne veut pas dire qu’on ne comprrend pas. Mais cela veut dire que c’est quelque chose qui est contesté de toutes les manières. Et nous allons voir comment Rashi le dit.

 

Au fond dans le vocabulaire contemporain, c’est contester cette prétention à l’élection d’Israël que quand Dieu parle, Il parle à Israël. Comme j’ai l’habitude de dire avec une formule empruntée à la télévision : c’est une révélation « en direct » pour les Hébreux et Israël, qui est « en différé » pour les autres.

 

C’est un fait dont on est bien obligé de prendre acte et c’est un fait qui apparait comme ‘Houkah, Gzerah, décrêt divin. En réalité on s’aperçoit depuis le commencement de l’histoire d’Abraham qu’il y a plein de raisons à ce choix d’Israël par Dieu. Mais le fait brut apparait comme cela.

 

Je ferme cette parenthèse et je reprends le Pshat du verset :

 

19:2

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

daber el-beney Yisra'el

veyik’hu eleykha

farah adumah tmimah

asher eyn-bah mum

asher lo-alah aleyha ol.

Et ils prendront vers-pour toi

Une vache rousse entiérement

Qui n’a pas de défaut.

Sur laquelle n’est jamais monté le joug

 

C’est-à-dire qui n’a pas été consacrée à autre chose que ce à quoi elle sera consacrée.

 

19 :3

וּנְתַתֶּם אֹתָהּ, אֶל-אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן; וְהוֹצִיא אֹתָהּ אֶל-מִחוּץ לַמַּחֲנֶה, וְשָׁחַט אֹתָהּ לְפָנָיו

Unetatem otah el-El'azar hakohen

vehotsi otah el-michuts lamachaneh

veshachat otah lefanav.

Et vous la donnerez à Eléazar le prêtre

Il la fera sortir en dehors du camp

Et la sacrifiera devant lui

 

Nous trouvons la même formule à propos de la Parshat Troumah : Parles aux enfants d’Israël et c’est à toi de savoir ce que tu dois leur dire pour que le résultat soit que : et ils prendront pour toi...

C’est pourquoi c’est la racine de ce fait que la vache rousse est nommé du nom de Moïse.

Nous en verrons plus lors de l’étude du problème de la sortie de l’impureté d’Egypte.

 

19 :4

וְלָקַח אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן, מִדָּמָהּ--בְּאֶצְבָּעוֹ; וְהִזָּה אֶל-נֹכַח פְּנֵי אֹהֶל-מוֹעֵד, מִדָּמָהּ--שֶׁבַע פְּעָמִים

Velaka’h El'azar hakohen midamah be'etsba'o

vehizah el-nochach peney ohel-mo'ed

midamah sheva pe'amim

et Elazar le prêtre prendra de son sang avec son doigt

et aspergera le devant de la tente du tabernacle

de son sang 7 fois

 

Ensuite ce verset important :

19:5

וְשָׂרַף אֶת-הַפָּרָה, לְעֵינָיו:  אֶת-עֹרָהּ וְאֶת-בְּשָׂרָהּ וְאֶת-דָּמָהּ, עַל-פִּרְשָׁהּ יִשְׂרֹף

Vesaraf et-haparah le'eynav et-orah

ve'et-bsarah ve'et-damah al-pirshah yisrof.

Et il brûlera cette vache à ses yeux

Et sa chair et son sang et ses entrailles seront brûlés

 

Cela veut dire qu’elle sera brûler toute entière dans toute ses catégories d’être

 

19 :6

וְלָקַח הַכֹּהֵן, עֵץ אֶרֶז וְאֵזוֹב--וּשְׁנִי תוֹלָעַת; וְהִשְׁלִיךְ, אֶל-תּוֹךְ שְׂרֵפַת הַפָּרָה

Velakach hakohen ets erez ve'ezov

ushni tola'at

vehishlich el-toch srefat haparah.

Le prêtre prendra du bois de cédre et d’hysope

Et une cochenille (dont la pelure une fois sêchée donnait la couleur cramoisie)

Et il jettera cela dans le brûlement de la vache

 

Une sorte de délégation de tous les règnes vivants ensemble dans el brûlement de la vache comme traduit André Chouraqui. Et on préparera ces cendres-là.

 

19 :7

וְכִבֶּס בְּגָדָיו הַכֹּהֵן, וְרָחַץ בְּשָׂרוֹ בַּמַּיִם, וְאַחַר, יָבֹא אֶל-הַמַּחֲנֶה; וְטָמֵא הַכֹּהֵן, עַד-הָעָרֶב

Vechibes begadav hakohen

 verachats bsaro bamayim

ve'achar yavo el-hamachaneh

vetame hakohen ad-ha'arev

et le prêtre lavera ses vêtements

et il lavera sa chair dans les eaux (il prendra le bain de purification)

et après seulement le Kohen rentrera dans le camp

et le Kohen sera impur jusqu’au soir.                    

 

19 :8

וְהַשֹּׂרֵף אֹתָהּ--יְכַבֵּס בְּגָדָיו בַּמַּיִם, וְרָחַץ בְּשָׂרוֹ בַּמָּיִם; וְטָמֵא, עַד-הָעָרֶב

Vehasoref otah

yechabes bgadav bamayim

 verachats bsaro bamayim

vetame ad-ha'arev.

 De même celui qui a brûlé (la vache )

Lavera ses vêtements dans l’eau

Lavera sa chair dans l’eau

Et sera impur jusqu’au soir.

 

19 :9

וְאָסַף אִישׁ טָהוֹר, אֵת אֵפֶר הַפָּרָה, וְהִנִּיחַ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה, בְּמָקוֹם טָהוֹר; וְהָיְתָה לַעֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לְמִשְׁמֶרֶת, לְמֵי נִדָּה--חַטָּאת הִוא

Ve'asaf ish tahor et efer haparah

vehiniach michuts lamachaneh

bemakom tahor

vehayetah la'adat bney-Yisra'el lemishmeret lemey nidah chatat hi.

Et un homme pur...

 

Cela veut dire : ceux qui se sont occupés de préparer les cendres de la vache rousse qui ont pour objet de purifier les impurs, ceux-là même deviennent impurs.

Cela veut dire : C’est un Kohen qui était en état de pureté qui était chargé de préparer les cendres qui seront dans l’eau qui servira de purification pour quiconque était en état d’impureté. En préparant la capacité de purifier l’impureté, il se rend impur. Donc il faudra qu’il se purifie et restera dans son état d’impureté jusqu’au soir.

 

C’est là-dessus que je reprendrais un exposé du Talmud sur un sujet parallèle.

 

19 :9

וְאָסַף אִישׁ טָהוֹר, אֵת אֵפֶר הַפָּרָה, וְהִנִּיחַ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה, בְּמָקוֹם טָהוֹר; וְהָיְתָה לַעֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לְמִשְׁמֶרֶת, לְמֵי נִדָּה--חַטָּאת הִוא

Ve'asaf ish tahor et efer haparah

vehiniach michuts lamachaneh

bemakom tahor

vehayetah la'adat bney-Yisra'el

lemishmeret lemey nidah

’hatat hi.

Et un homme pur rassemblera la cendre de la vache

La placera en dehors du camp

Dans un endroit pur de toute impureté

Elle y sera pour l’assemblée d’Israël

Un réserve pour les « eaux lustrales » (les eaux de purification) 

C’est un sacrifice d’expiation

 

Voilà donc le thème. Je vais formuler le principe général de cette question :

Il y a à priori une impossibilité d’accéder à l’état de pureté. Pourquoi ? Parce que pour accéder à l’état de pureté, il faut le faire par l’intermédiaire de quelqu’un qui serait déjà pur. Or, il s’agit d’accéder de l’état d’impureté à l’état de pureté, et s’il n’y a pas cette être exceptionnel qui soit à l’état de pureté pendant que le monde entier est à l’état d’impureté, jamais on ne trouvera dans le monde le commencement du passage à la pureté.

 

Je prend un deuxième thème pour expliquer le premier : Le principe de l’impureté est le contact avec la mort. Or, l’accès à la sainteté n’est pas possible si on est en état d’impureté. Tant que la mort est dans le monde, il ne peut pas y avoir de sainteté. Par conséquent, cela veut dire à la limite que la Torah est impraticable pour les hommes tant que nous sommes dans le Olam Hazeh : on y nait grâce à Dieu mais Dieu préserve, on y meurt.

 

Or, comme nous sommes dans un monde où il y a la mort, cela vourdrait dire que la Torah est impraticable.  Par conséquent le Torah n’est praticable que par quelqu’un qui n’est pas de l’ordre de cette impureté, par l’entremise de cette personne qui va avoir le privilège, la capacité, de pouvoir transformer l’impur en pur : résultat : lui se transforme de pur en impur.

 

Nous allons retrouver cela dans la personnalité de Moïse, c’est pourquoi la Parah Adoumah est toujours appellée du nom de Moïse. Seul Moïse est capable de faire que la Torah soit reçue par les hommes.

 

Que signifie cette idée de Moïse qui est pur et qui rend purs les impurs tout en devenant impur ?

Un Midrash éclaire cela je vous le raconte de nouveau. Tant que le temps de l’impureté n’est pas passé, il nous reste encore du temps... cela doit vous évoquer des associations d’idées avec des péripéties très précises de l’histoire de Moïse, et ensuite on reviendra au principe lui-même qui est important à comprendre en tant que tel. Cela veut dire qu’il y a des moments de transitions qui ne peuvent s’opérer que s’il y a cette chose qui ne fait pas partie de la réalité habituelle, que la Torah appelle ici « le principe de toute la Torah », et qui s’appelle les cendres de la vache rousse qui permettent de transformer les impurs en purs. Mais celui qui est capable de préparer cela doit être purs (il est donc exceptionnel et apriori du cas général) mais par ce fait-là il se rend impur. Ce n’est pas grave car maintenant il peut se purifier de nouveau. Mais vous avez compris qu’il faut un cas particulier.

 

C’est pourquoi énormément de textes désigne Moïse comme étant, vous le verrez dans le début du livre de Shemot évocant la naissance de Moïse.

En particulier le verset 2:2 :

וַתֵּרֶא אֹתוֹ כִּי-טוֹב הוּא

vatere oto ki-tov hou

qui indique que Moïse ne faisait pas partie du monde du bien et du mal, il faisait partie du monde du bien uniquement. C’est un sujet pour lui-même de l’identité de Moïse. Donc Moïse seule est capable de cela.

 

Je reviens sur le théme de la sortie d’Eghypte, mias d’abord le thème très général : Tant que la mort est là dans le monde, la sainteté n’est pas possible. Or, toute la Torah a pour objectif de nous mener à la sainteté. Chaque fois que nous pratiquons une Mitsvah, la Brakaha que ous disons c’est :

 « Asher kideshanou bemitsvotav qui nous a snactifié par Ses commandements ».

Tous les commandements de la Torah ont pour objectif la sainteté. Et donc si on est en état d’impureté on ne peut pas avoir accès à la Torah.

 

Nous allons voir que le Midrash que cite Rashi implique une contestation contre Israël qui prétend qu’il peut y avoir sur terre la Torah de sainteté  alors qu’on sait très bien que ce n’est pas possible : l’impureté c’est la nature de ce monde-ci et elle empêche l’accès à la sainteté.

 

Il y aurait donc une astuce un truc qui permettra d’embrayer quand même dans la sainteté avec un principe incompréhensible que ce qui rend pur l’impur rend impur le pur et réciproquement.

 

Q: Pourquoi est-ce rattaché à Moïse ?

R: Pour 2 raisons essentielles : parce que c’est la situation de la sortie d’Egypte : Israël est dans l’impureté. Le Midrash est très précis. Il y a 50 portes de l’impureté. Israël était tombé dans la 49ème porte de l’impureté. S’il était rentré dans la 50ème , personne n’aurait pu le faire sortir. Alors Moïse les a fait sortir de la 49ème porte de l’impureté. C’est Moïse qui est celui qui peut faire sortir Israël de l’impureté à la pureté. Et c’est Moïse qui peut donner la Torah à Israël. Il est important de retrouver à propos de ce thème, les deux fonctions de Moïse par rapport à Israël : La fonction historique de la sortie d’Egypte et d’autre part la fonction prophétique de la révélation de la Torah. Dans les 2 cas ce ne peut être qu’un être exceptionnel par rapport à l’état du peuple dont il s’agit pour que la Torah puisse être sur terre et puisse être pratiquée.

 

Q : On parle de Moïse mais ici le Kohen Gadol intervient, ainsi que celui qui rassemble les cendres et qui brûle... où est Moïse ?

R :  au début du 2ème verset 

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:  דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ

Zot ‘hukat hatorah

asher-tsivah Adonay lemor

daber el-beney Yisra'el

veyik’hu eleykha

 

Et vous verrez les commentaires sur ce Eleykha : et ils prendront pour toi Moïse.

Avant que les Kohanim commencent à fonctionner comme Kohanim, c’est Moïse qui était le grand prêtre qui a purifié les Kohanim. Par conséquent, il y a déjà grâce à Moïse des Kohanim purifiés.

Cela s’appelle d’ailleurs dans le langage de la Torah « Shivat Yémim Milouïm - les 7 jours de préparations ». On a gardé le même mot dans le langage militaire. Pendant ces 7 jours avant l’inauguration du Tabernacle, c’est Moïse lui-même qui a joué le rôle du Kohen Gadol.

 

***

 

1er Rashi sur notre verset qui veut expliquer l’expression :

זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה

Zot ‘hukat hatorah

 

זאת חקת התורה: לפי שהשטן ואומות העולם מונין את ישראל לומר מה המצוה הזאת ומה טעם יש בה, לפיכך כתב בה חקה, גזירה היא מלפני ואין לך רשות להרהר אחריה:

Parce que le Satan et les nations du monde contestent Israël, en disant: "Qu'est-ce que ce commandement, et quel est son sens?" Par conséquent, la Torah utilise le terme "’Houkah." C’est une Gzérah une décision de ma part ; tu n'as aucun droit de la contester. -- [Yoma 67b]

 

Ce texte que cite Rashi : le fait que c’est une Gzeirah une décision imposée indiscutable c’est Israël qui doit le dire aux Goyim et au Satan et non pas pour lui-même. Jamais Israël n’arrive à expliquer cela aux Goyim et au Satan. C’est un formidable procédé d’espérance qui fait qu’en dépit de tout, et bien que nous soyons dans ce Olam Hazeh dont la loi est la mort et l’impurteté, on va embrayer sur la Torah. Le thème ici est très important. Nous entendons à travers toutes les civilisations du monde, à travers tous les Goyim, cette même formule non-dite : « on voudrait bien pratiquer cette Torah mais nous savons bien que c’est impossible ».

C’est en particulier la contestation chrétienne contre le judaïsme qui est très claire. Vous dites que vous pouvez pratiquer la volonté de Dieu ? C’est de l’orgueil de l’hypocrysie, c’est impossible...

C’est une prétention d’Israël qui est impossible dans un monde où il y a la mort...

Rappellez vous le Midrash dans lequel les anges s’opposent au don de la Torah aux hommes qui d’après eux ne sont pas concernés... Dans l’histoire de la contestation théologique religieuse et surtout la relation d’Israël avec les autres cultures on perçoit bien ces problèmes. Il y a ici une accusation de mauvaise foi contre Israël dans sa prétention à vivre la Torah sur terre en s’ingéniant à inventer des trucs qui permettent de pratiquer sans pratiquer.... 

 

C’est pourquoi la Torah dit : c’est une ’Houkah, afin qu’Israël argumente : nous n’y pouvons rien cela nous a été imposé : Gzeirah min hashamayim qui n’est pas discutable.

 

Cela me permet de préciser de nouveau ce que j’ai dit au début : c’est la source de laquelle on se sert habituellement fautivement pour dire d’une ’Houkah qu’elle est une décision disciplinaire qui n’a pas de sens,  c’est cette source même qui dit le contraire.

 

C’est-à-dire qu’il y a deux contestations :

 

ð  Le Satan qui intervient toujours dès qu’il y a un doute porté sur le Tsadik. Reprenez comme modèle l’histoire de Job. Job est Tsadik et le Satan veut le mettre à l’épreuve. Le Satan ne s’occupe pas des Reishayim mais des Tsadikim. C’est le contraire de ce que l’on croit. Dans le vocabulaire du Midrash, dans le tribunal de Dieu le Satan est l’accusateur publique. Il met en évidence quelque doute que ce soit. Voilà la mise en doute : Israël est-il vraiment capable de cette transformation de l’impureté à la pureté pour avoir accès à la sainteté, ou faites-vous semblant ? Que signifie cet acte avec les cendres d’une vache rousse... ?

 

ð  Les Oumot HaOlam : Le Midrash ne se borne pas à dire que c’est uniquement la contestation du Satan mais y ajoute celle des Oumot HaOlam : effectivement, nous avons vécu cette contestation au niveau historique surtout avec les Chrétiens : les juifs feraient semblant hypocritement de vivre selon la loi de sainteté tout en sachant comme tous les Goyim cette impossibilité de vivre sur terre la loi de sainteté...

 

.../... 

Partager cet article

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche